#116 – L’Esplanade Charles de Gaulle du Livre

On avance de festival en festival. Hier je vous parlais d’Images Singulières à Sète, aujourd’hui s’ouvre la Comédie du Livre à Montpellier. Non, ne cherchez pas les stands sur la place de la Comédie, c’est sur l’esplanade, juste à côté, que ça se passe. Cette année les littératures néerlandaise et flamande sont à l’honneur. Et devinez quoi ? Je ne connais aucun·e des auteurs·autrices présents·es.

C’est pas vrai, j’en connais un. Willem, le dessinateur. Mais j’ai raté le vernissage de son exposition. Tant pis. Tant mieux pour lui. J’aurais pu passer la journée à lui poser des questions sur Hara-Kiri. Bon, il vit en France depuis 68, mais il est né au Pays-Bas. Donc ça compte comme littérature néerlandaise. Alors oui, raté pour le vernissage, mais l’expo reste accrochée jusqu’à dimanche tout de même, je vais donc aller me la farcir avec plaisir. C’est à la galerie En Traits Libres, 2 rue du Bayle.

Je me rends compte que la Comédie du Livre à toujours plus été un festival de la B.D. qu’un festival du livre au sens large pour moi. Évidemment, c’est tout le contraire. Les B.D. sont bien peu nombreuses au milieu des livres sans images, mais voilà, la première fois que j’y suis venu, je n’habitais pas encore à Montpellier, c’était pour me faire dédicacer le premier tome de Donjon par Lewis Trondheim, et depuis… J’étais bien gamin, mes parents m’avaient conduit là exprès. Une heure de route et une autre de queue pour une rencontre de cinq minutes avec mon idole d’alors. On m’avait dit que le monsieur pouvait paraître un peu sévère de derrière ses lunettes de soleil, mais il avait été très gentil. Je suis souvent retourné me faire gribouiller la page de garde par lui après ça. Une fois je l’ai attendu quatre heures. On ne s’est jamais dit grand chose. J’étais toujours très impressionné. Et puis une fois adulte j’ai arrêté de me faire dédicacer des trucs par qui que ce soit.

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Photo par Gwlad (rue du Faubourg du Courreau)

Un ami m’a raconté qu’une année il n’y avait pas grand monde, mais qu’il avait vu plus d’une centaine de personnes faire la queue devant le même stand. Elles attendaient leur dédicace de Pascal le grand frère. C’est aussi ça, la Comédie du Livre. Des centaines d’auteurs anonymes dont on n’ose pas se faire dédicacer le livre qu’on aurait acheté un peu au hasard, côte à côte avec un PPDA méga star dont tout le monde se fiche bien de ce qu’il a pu faire raconter par son nègre dans son dernier bouquin.

#109 – two minutes to midnight

Oh. Vous êtes là. Installez-vous. Non, ne vous installez pas, pardon. Je n’ai pas le temps. Le repas est tout juste prêt, il est 23h46, je vais aller manger. C’est dommage, j’avais plein des choses à vous raconter. Il vous faudra les imaginer. Évidemment, vous n’arriverez sans doute pas à les imaginer aussi intéressantes qui si c’était moi qui vous les avais dites, mais bon, faites comme vous pouvez.

Ah oui, et j’ai plus de photo en stock. Parlez d’une note de blog. Bon allez, arrêtons là le massacre, il est 23h58. À demain.

#102 – On a failli être en retard

Je n’avais pas prévu qu’en me levant à onze heures, en bossant mon japonais jusqu’à seize, puis en le re-bossant jusqu’à vingt heures avec mon amie Japonaise avant de partir manger avec Koinkoin pour finir par rejoindre de ses collègues Argentins·es et papoter là jusqu’à minuit, je n’aurais pas le temps de livrer ma note de blog quotidienne à temps. Il est donc minuit passé de vingt minutes, mais j’antédaterai le post pour ne pas foutre trop la merde dans ma compta. C’est de la triche ! que vous hurlez chez vous. Je vous entends. On avait enfin trouvé une régularité, que vous dites, un havre de posts journaliers sûrs dans ce monde incertain, et patatras, voilà que tout est foutu en l’air par une mauvaise gestion de l’emploi du temps. Je vous vois aussi. Vous êtes pas beaux·belles quand vous vous plaignez.

Mais non, ne vous en faites pas, vous voyez, je pense à vous. Par un heureux hasard, alors qu’on passait devant la chambre de commerce, grand’ rue Jean Moulin, Koinkoin m’a appris que c’était l’ancien théâtre de chirurgie de Montpellier. On y faisait des dissections sur humains morts en cours magistral. Selon ses souvenirs, ce lieu ne se trouvait pas à la faculté de médecine pour la bonne raison que la chirurgie n’était pas considérée comme de la médecine. On a même confié cette pratique aux barbiers. Oui, barbier-chirurgien, c’était un métier. Je n’écris pas barbier·ère chirurgien·ne, et tout le monde sait bien pourquoi. D’après ses souvenirs encore, c’est Lapeyronie, qui trainait dans le coin, qui aurait donné ses lettres de noblesses à la chirurgie (pour le meilleur et pour le pire, finira par conclure Koinkoin).

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Photo par Gwlad (avenue de Palavas)

Aujourd’hui, on appelle Lapeyronie : Lapeyronie. Tous·tes les Montpelliériens·nes connaissent ce nom. C’est celui d’un hôpital, le plus grand de la ville me semble-t-il, avec son service d’urgences. C’est aussi le nom d’un arrêt de tramway. Comme par hasard, c’est celui qui est juste devant l’hôpital. Mais, à l’époque, Lapeyronie s’appelait François Gigot de Lapeyronie, et allez entrer dans un dictionnaire des noms propres sans rougir avec un nom comme ça. Ça n’a pas dû être facile. Est-ce qu’on parle de la maladie de Lapeyronie, qui consiste en une déformation (courbure, pour être plus précis) de la verge en érection ? Non. N’en parlons pas.

Bon allez, il est minuit quarante-cinq, je n’ai même pas pris le temps de passer par les W.C. avant de me jeter sur mon clavier, alors vous m’excuserez, mais je vous fais la bise ici, et je vous dis à demain !

#095 – Feus les blogs B.D.

Il y a un peu plus de dix ans, je tenais un blog BD. Je me rends compte avec le temps d’à quel point ce que j’y mettais était inintéressant. Ça me fera sans doute la même chose avec ce blog-ci. Déjà la plupart du temps ce n’était pas de la BD. Plutôt des dessins pas très réussis. Mais bon, il y avait des gens pour venir voir, c’était la mode. On était une belle bande d’amateurs·rices à se suivre et se soutenir les uns·es les autres. Les jours où c’était vraiment de la BD, c’est-à-dire au minimum une suite de quelques images qui racontent une histoire, c’était du genre minimaliste et rien à dire. Des gags, quelques strips, des trucs comme ça, des personnages qui parlent d’être des personnages. Le genre de trucs qu’on fait quand on ne sait pas quoi raconter. À l’époque ça me semblait compliqué de trouver quelque chose à dire juste quand j’avais envie de dessiner. Je voulais dessiner là, maintenant, sentir la page sous le pinceau ou le feutre, et pas passer une semaine à monter un scénario pour ne jamais le dessiner parce que bof, plus envie. Alors comme ça il faudrait prendre des notes dès qu’on a la moindre petite idée et se les garder pour quand on a envie de dessiner ? Oui, c’est ce qu’il faudrait. C’était pas mon genre. Ça l’est toujours pas.

Lewis Trondheim a souvent dit qu’il improvisait ses histoires tout en dessinant, ce qui lui permettait de conserver l’envie de dessiner en se surprenant lui-même. C’est une autre facette du même problème. Ça ne me botterait pas plus que ça non plus de concevoir une histoire dans ses moindres détails pour me taper du dessin pur au service du scénario pendant des jours par la suite. Seulement voilà, on est pas tous·tes aussi doués·es pour improviser de l’intéressant, du substantiel, que Lewis Trondheim. Si vous ne connaissez pas les BD de Lewis Trondheim, qui par hasard habite à Montpellier, je vous conseille d’aller à la médiathèque la plus proche et de vous vautrer dans les fauteuils les moins inconfortables pour les dévorer. Les BD, pas les fauteuils. Même si vous avez dépassé la cinquantaine et que vous vous dites : « les BD… », aucun problème. L’auteur aussi a dépassé la cinquantaine. Ça arrive même aux gens biens. Alors n’hésitez pas, ouvrez Les formidables aventures de Lapinot, Les formidables aventures sans Lapinot, les Donjon, Les cosmonautes du futur, ouvrez Mildiou, Désœuvré, Les petits riens, ouvrez, lisez, zieutez, riez, retenez une larmichette à l’occasion. Lewis Trondheim, c’est mes meilleurs souvenirs de médiathèque.

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Photo par Gwlad (Odysseum)

Ceux et celles qui n’ont pas décollé dans les blog BD ont depuis arrêté. Quasiment tout le monde (je vous ferai peut-être une liste de mes chouchous un jour). Celles et ceux qui ont décollé n’en sont pas restées·s au blog, même si certaines·s ont continué. Z’ont été éditées·s. Pensez Bagieux et Boulets. C’était pas de la chance. C’étaient, en plus d’être des gens talentueux, les plus bosseuses·eurs. Les persévérantes·s. Les qui ont adopté une attitude professionnelle. Quasi obsessionnelle vis-à-vis du dessin. La BD, c’est un métier, je pense, où il faut aimer dessiner, raconter, inventer au point que le plaisir de faire permette de se crever chaque jour le cul à bosser en patientant sereinement qu’« on » vous découvre, même si ça fait dix ans que le frigo a du mal à se remplir.

Finalement, j’ai bien fait d’ouvrir simplement un blog BD le temps qu’il ma plu de le tenir, et de ne pas avoir absolument voulu en faire un métier. Artiste professionnel, c’est beaucoup trop dur.

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#088 – Tout ça pour ça

Ça y est. Ils se sont tenu la main. On les a photographiés en train de se tenir la main. Ce qui est le plus important. D’abord, chacun d’un côté d’une ligne de démarcation faite de cairons. Ils se sont tenu la main chacun de son côté des cairons, puis tous les deux au sud des cairons vers les photographes du sud, vers les photographes du nord, et enfin au nord des cairons, tournés dans la même direction. Tous les deux étaient aussi souriant que possible sans que ça fasse trop. Tout ça était très réussi. Il y en a pour toutes les presses et télévisions du monde. Kim Jong-un et Moon Jae-in, se sont serré la main. Là y a du gros symbole en direction des peuples. On osait plus y croire. On se demande pourquoi ils ne l’ont pas fait plus tôt. Ça n’avait pas l’air bien difficile au final. C’est toujours comme ça, on n’ose pas parce qu’on ne l’a jamais fait, mais en réalité c’est rien. Je me demande ce qu’ils ont bien pu se raconter. Peut-être qu’à force d’espionnages ils se sont parlé directement très franchement, chacun connaissant tous les détails de la vie intime de l’autre : – Alors, ta femme, elle est allée consulter ? – Oui, en fait ce n’est qu’une mycose, ça va passer vite avec la crème que lui a prescrite le toubib. Et toi, tu as fini de retaper les volets de la cuisine ? Quelle couleur au final ? – Aubergine. J’étais pas chaud au départ mais mon beauf m’a convaincu, ça va très bien avec la couleur du crépi.

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Photo par Koinkoin (rue Lamartine)

En attendant il est quatorze heures et je n’ai pas mangé. Kim Jong-un, lui, avait bien mangé. C’est tout l’intérêt d’être un tyran, de pouvoir grailler même quand son peuple suce des cailloux sur le bord de la route pour les sels minéraux. Lui et son père ont sans doute été les seuls obèses de la Corée du Nord. Et qu’est-ce que ça va être quand les chaînes des fastfood américaines passeront elles aussi de l’autre côté des cairons ! Vivons vieux pour voir ça.

#081 – 200 mots, qui dit moins ?

Hier, j’ai visité l’Agora de Montpellier. C’était chouette. Cette phrase digne d’un élève de CP est tout ce qui me vient alors qu’il est déjà presque 21h et que je n’ai toujours pas rédigé ma note de blog.  Misère, misère, misère. Au lieu d’envoyer un message à ma colocataire qui est au kebab et me demande si je veux quelque chose pour lui répondre qu’elle me prenne une barquette de frites à 3€ sans sauce s’il lui plaît, je l’ai envoyé à Gwlad. Sans doute est-ce pour ça qu’elle même n’a pas pu nous envoyer de photo aujourd’hui, occupée qu’elle doit être à être partie m’acheter des frites sur un malentendu. Des anecdotes comme ça, vous en voudriez plus hein ? Regardez celle-là comme elle est belle : il y a deux jours, ma mère, qui avait eu ma grand-mère au téléphone, me disait que cette dernière voulait absolument me donner des œufs de ses poules parce qu’elle savait que « je ne mangeais pas les œufs des poules que je ne connaissais pas ». La poésie est partout, il faut juste être à l’écoute. Vous en voulez une troisième ? Vous exagérez. Allez, allez. Soyez raisonnable. Ce serait de la gourmandise.

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Photo par Gwlad (rue du Grand Saint-Jean)

Oui. Au final, il m’en restait une dans les tiroirs.

 

#074 – On se détend et on enfile ses pantoufles

Je crois n’avoir jamais écrit aussi tard. On pourrait en profiter pour parler des soirées Montpelliériennes. Mais pour ça faudrait que je sorte. Or je me terre. Dehors il flotte toujours. Je n’ai pas mangé. Je me retrouve seul pour la première fois de la journée. J’ai plutôt envie de me faire cuire du riz et de flâner vingt minutes sur internet. Flânons sur internet.

On vérifie le forum Numéro 0. Si vous ne connaissez pas, cherchez dans le sommaire. Personne n’a posté. Il y a bien des discussions en cours qu’il faudrait faire avancer, mais je m’y mettrai plus tard. On doit notamment discuter d’un nouveau Hors Série imprimé et d’un site internet. L’un doit arriver fin août début septembre, l’autre j’espère avant mais c’est pas joué. Ça demande beaucoup de travail.

Par un étrange détour on se retrouve sur google news Montpellier, où l’on apprend que « il fait griller des saucisses sur son balcon, les voisins appellent les pompiers ». C’est beau le journalisme. Moi non plus je ne parle pas de ce qui est en train de se passer dans les universités dans lesquelles les étudiants·es se font brutaliser parce qu’ils·elles manifestent de la seule manière qu’a un·e étudiant·e de manifester : en bloquant l’université et en faisant beaucoup de bruit. Y a pas à dire google sait faire le tri dans l’actualité pour me servir ce qui m’intéresse. C’est le genre de choses qui me fait relativiser la puissance de cette boîte en tant que pieuvre profileuse qui me connaîtrait mieux que moi-même.

On regarde le twitter du blog. J’avais un compte twitter avant, sous un pseudo. Je crois que j’étais inscrit sur le site depuis 2011. Au début c’était bien marrant. Peu de Français, ça favorisait les rencontres de personnes qui aimaient les mêmes sujets. La télé y était inexistante, certaines célébrités Américaines étaient déjà présentes, les Françaises presque totalement absentes mais elles n’allaient pas tarder à se pointer avec leurs gros verified account. Aujourd’hui, c’est une succursale de la télévision. Bien que parfois on se demande si la télévision n’est pas une succursale de twitter. J’en suis parti, ça ne me plaisait plus. Je ne voulais pas lier ce blog à un réseau social. Mais il faut dire que, m’interdisant complètement fèceprout, en passer par twitter me paraissait être une quasi-obligation si je voulais être lu par plus de deux personnes. Même si ce sont deux personnes de qualité, évidemment. Je ne suis toujours pas tranquille avec ça.

Enfin ça peut être pratique. On y apprend par exemple qu’il y a une manifestation nationale inter-lutte qui part du Peyrou demain à 15h30. Et qu’après vous pouvez par exemple aller voir la ZAT à prés d’arènes, mais qu’apparemment c’était le projet d’une promo de master et ça leur a un peu été repris salement des mains par la ville de Montpellier. Ce ne sont que des rumeurs, mais qu’est-ce qu’on ferait sans les rumeurs ?

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Ah oui, je tiens à dire qu’on aura pris, comme d’habitude, la peine de vérifier ce matin déjà les autres blogs dans le dossier de flux RSS. Le mien est composé d’une vingtaine de sites que je vérifie quotidiennement. Avec twitter notamment, et beaucoup facebook, ils sont un peu tombés en désuétude les liens RSS. C’est dommage. Moi je les garde.

On vérifie le soundcloud. Oulah, pas mal d’écoutes, likes et reposts. Surprise. Youpi, c’est la gloire. Pas mal d’écoutes c’est 24. Et c’est la même personne, même les likes et les reposts. Oui, vous avez raison, il faut le préciser de suite. On aurait pu croire que c’était vraiment la gloire. Non, j’ai de la musique sur internet depuis 2006 je pense, et j’ai arrêté bien tôt de regarder les chiffres. Enfin, les regarder non, on les voit, mais d’y accorder de l’importance. L’important c’est que ça existe, et que d’autres personnes au bout du monde puisse tomber dessus et pourquoi pas aimer. C’est assez magique comme ça. Quand on reçoit un petit message c’est toujours sympa. Un like, un repost, c’est gentil aussi, quand c’est pas un robot. Je dois avoir quelques trois-cent morceaux sur le net sur plusieurs sites et sous des noms divers, mais je ne vérifie que soundcloud, parce que je peux surtout y écouter facilement plein d’autres artistes que je choisis et que je rajoute au flux de nouveaux sons sur ma page d’accueil. Pour découvrir des musiciens en train de se faire, y a pas mieux. Mais faut fouiner, tenter des trucs.

Bon, je crois que ça suffit. Le net ça va bien cinq minutes.