#168 – Au plaisir des feignant·e·s qui regardent que les images

Savez-vous ce que j’ai reçu dans ma boîte aux lettres électronique aujourd’hui ? Des photos ! Mais oui ! De la part de Gwlad. Elle ne nous a pas oubliés·es. Ce qui m’embête un peu, c’est que je me sentais à l’aise de ne rien poster de bien intéressant tant que je n’avais pas de photo. Pas l’impression de gâcher le travail de l’artiste quoi. Alors que, maintenant, je vais devoir me forcer à atteindre un certain niveau. Non, ne vous excitez pas. En vérité ce sera toujours aussi médiocre. Je me contenterai simplement d’avoir plus mauvaise conscience qu’à l’accoutumée au moment de cliquer sur « Publier ».

Comme vous avez pu le lire ces derniers jours —ou pas, si vous êtes nouvelle·eau lectrice·eur, et dans ce cas-là je vous souhaite la bienvenue—, ma vie n’est pas passionnante ces temps-ci, et je ne fais rien pour me la rendre plus agitée. J’ai besoin du calme du rangement avant la tempête du déménagement. Et quand bien même il se passe un évènement marquant pour moi, soit j’estime que ça n’a pas sa place sur le blog, soit je n’ai pas le temps, ou l’énergie, de vous en faire la description. Encore moins en y rajoutant la petite dose d’humour qui me paraît nécessaire à toute autobiographie pour la rendre comestible. C’est qu’à l’heure où je vous parle, on ne sait toujours pas dans quelle ville mon amie et moi allons vivre dans quarante jours. L’humour, noyé dans le stress, ça se perd facilement.

Enfin, ce blog n’est pas sensé parler de Montpellier —pour les nouveaux·elles ça peut sembler étrange, mais c’est comme ça (disons que j’en parle si j’ai quelque chose à en dire, mais ce n’est pas le thème principal car, comme tout lâche qui se respecte, j’ai décidé qu’il n’y aurait aucune thématique principale, afin qu’on ne puisse pas venir me reprocher de ne pas assez parler de ceci ou trop de cela <j’espère que vous n’avez rien non plus contre une bonne dose d’auto-flagellation et de digression •à prosos de digressions, Laurence Sterne ne faisait-il pas dire à Tristram Shandy : « Digressions, incontestably, are the sunshine;—they are the life, the soul of reading!—take them out of this book, for instance,—you might as well take the book along with them;—one cold eternal winter would reign in every page of it; restore them to the writer;—he steps forth like a bridegroom,—bids All-hail; brings in variety, and forbids the appetite to fail. » •>)—, mais je vais en parler un peu quand même. Allez, ne mentez pas, je sens bien que vous êtes déçues·s quand je n’en touche pas un mot. Donc, le mot, après la photo.

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Photo par Gwlad (rue Rondelet)

En sortant boire mon jus de tomate habituel qui cette fois était une limonade avec Koinkoin, nous sommes passés par la rue Roucher où s’est à première vue ouvert un nouveau lieu. « Quoi, comme genre de lieu ? » que vous demandez, curieux·ses comme vous êtes. Ça a l’air d’être un local associatif, avec canapé, espace cuisine. Un petit panneau à l’entrée —sur lequel était sans doute inscrit le nom du machin, mais je n’y ai pas fait attention, z’avez qu’à y aller vous-mêmes si vous voulez tant savoir— disait qu’on pouvait ici venir discuter, boire une verre si l’on est adhérent·e, et participer à diverses activités. Vous avouerez que c’est assez vague. À l’intérieur, une poignée de personnes entre vingt et quarante ans, quelques enfants. Ça avait l’air assez cozy. Allez, je vous facilite la recherche, c’est du côté Saint-Guilhem de la rue Roucher.

Encore un petit mot sur Montpellier ? Oui. Mon amie a voulu profiter de son voyage à Lille pour savoir si, mythe ou réalité, les gens du nord étaient plus grands que les gens du sud. Sa méthode d’étude était simple : mesurant 1m85, lorsqu’elle se trouve à un bout du tramway de Montpellier, elle peut voir jusqu’à l’autre bout sans que presque jamais personne ne vienne bloquer sa vue. Signe, selon elle, que dans le sud, nous sommes un peu bas du cul. Il lui fallait donc tenter l’expérience à Lille. Malheureusement pour nous, nous n’obtiendrons jamais de résultat, car elle n’a pas eu à prendre le tramway, mais seulement le métro. Et elle ne rigole pas avec la rigueur de ses méthodes scientifiques.

Pour celles et ceux ayant lu l’article qui causait, entre autre, des manières dont on peut dire qu’il pleut fort en presque bon français, voici, en bonus, une photo que m’a envoyée mon amie depuis Lille :

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Et allez enseigner des expressions françaises correctes à des non-natifs avec des trucs pareils…

#161 – Tri hyper-sélectif

Tant de livres, si peu de cartons…

Je me demande si je ne vais pas devoir en revendre, des livres. D’ailleurs je suis ruiné. Je fais l’innocent, mais je sais qu’il me faut en revendre, pour la place et pour l’argent. Mais c’est trop dur. Jamais je ne pourrai me séparer des bouquins de Cavanna, de DDT ou de Berroyer. Ce n’est même pas la peine d’y penser. C’est ma sainte trinité des écriveurs à moi. Quant à mon rayon littérature anglophone, pfff… il doit bien y en avoir un ou deux dont je me consolerai d’avoir dû me séparer, mais qui m’achèterait ça ici ? Ce ne sont pas des ouvrages au programme des fac d’anglais. Bon, en tout cas personne ne touchera à mon rayon poésie. Hugo, d’Aubigné, Verlaine… Non ! Je les aime trop. Si je les connaissais par cœur, encore, ça irait. Mais j’ai vraiment une trop mauvaise mémoire, impossible d’apprendre des poèmes, même des courts. Même les miens. Bon okay, Mallarmé, Apollinaire et Rimbaud me font super chier, je peux les revendre avec les recueils nuls, dont celui réalisé par Pompidou. Oui, oui. Ce Pompidou-là, Georges. Président de la République. Il a élaboré une anthologie de la poésie française. Enfin, une anthologie pompeuse de la poésie française chiante. On n’a clairement pas les même goûts. C’est sans doute pourquoi je ne suis pas président de la république aujourd’hui. Je me demande bien ce que Macron lit —s’il en lit— en poésie. Je ne sais pas s’il existe une édition d’Options, futures et autres actifs dérivés en alexandrins. Bon je me perds. Dans tous les cas, si j’arrive à tirer 10€ de l’ensemble Malarmé-Apollinaire-Rimbaud-recueils divers, ce sera le bout du monde. La poésie, aujourd’hui… Mieux vaut boursicoter. Et le rayon littérature japonaise ? Vous n’y pensez pas ! Comment est-ce que je vais garder la motivation pour apprendre cette langue si peu intuitive aux francophones si je ne peux pas m’immerger dans l’univers des meilleurs·es auteurs·es la pratiquant ? Ah non, hein ! Je vous ai vu·e !! On ne touche pas au rayon sciences !! J’y tiens. Enfin, en partie. J’avoue n’avoir jamais ouvert cet immense Genes de Benjamin Lewin. Mais un jour peut-être… Même si c’est une édition qui approche bientôt les quarante ans et qu’on en sait beaucoup plus aujourd’hui… Ça me rassure de le savoir là… Non allez, ça c’est vraiment bête. Il faudrait au moins que je le donne. C’est trop lourd, ce n’est plus à jour. Okay. Ça fait un livre en moins sur les trente cartons que je vais devoir me trimballer. Les bouquins de théorie musicale, d’histoire de la musique et les biographies de musiciens, par contre, bas les pattes. Même si trois biographies de Tom Waits, je l’avoue, c’est trop. Mais j’y tiens. Hum. Est-ce que j’y tiens encore, en vérité ? Peut-être plus tant que ça. C’est très ragots people états-uniens tout ça. Ça en devient même assez chiant. J’en garderai peut-être une tout de même, celle qui parle le plus du contexte de la fabrication de chaque album. Et les classiques de la littérature française ? Je pourrais quand même les foutre dans des boîtes à livres, du moins ceux qu’on retrouve à 1€ au format poche chez n’importe quel bouquiniste. Et mes B.D…. ah… mes B.D…. 45 pages franco-belges, graphic novels britano-américains, et mangas intimistes ou en V.O… Ça va être difficile. Bien que je relise très rarement les B.D., c’est une grosse partie de mon enfance et de mon adolescence. De mon adultence aussi, même si ça s’est beaucoup calmé. Je me souviens, quand j’étais petit, ma mère n’aimait pas trop les B.D.. Elle disait ne pas aimer les bulles. Elle avait aussi entendu dire que les manga, c’était écrit en très mauvais français. Ça vient peut-être de là, ma mauvaise écriture. En tout cas j’aurais du mal à revendre ça, je veux dire émotionnellement. Tout comme mon rayon littérature en ancien et moyen français, de magnifiques éditions bilingues, des fables, des contes et des chansons de geste, la légende arthurienne… Pfou la la… Non, c’est pas possible. Je garde.

Bilan de ce passage en revue : je pourrais peut-être m’économiser deux cartons sur une bonne trentaine, et gagner 25€ avec ça. Je suis bon pour faire le tour des magasins à la recherche de cartons vides chaque jour pendant les deux prochaines semaines…

Ah oui, je ne vous ai pas dit ? Quoi qu’il en soit, les cartons vont atterrir dans la maison de mes parents, dans ma vieille chambre ou au garage, pendant au minimum un an, parce que, où qu’on s’installe avec mon amie ce serait trop petit (à Lyon), ou trop loin (à Lille). Tout ça pour ça ? Oui, tout ça pour ça. Mais je ne savais vraiment pas quoi vous raconter aujourd’hui. J’ai la tête pleine de soucis. Les déménagements, vraiment, quelle plaie ! Surtout quand on ne sait pas encore où l’on vivra dans un mois. Allez. À demain.

#154 – Montpellier-Lyon le temps d’un week-end

Aujourd’hui, je donne ma dernière conférence sur Beethoven. Oui, oui. Celle-là même que j’ai mise des mois à préparer, et je ne l’aurais donnée que deux fois avant de quitter l’association pour cause de déménagement. Je dis des mois… pas des mois en continu. Des mois par-ci, par-là. Des mois à repousser. Quelques jours à terminer dans la précipitation. Enfin, je ne suis pas mauvais en Beethoven maintenant. Dommage que je n’en apprécie pas plus que ça la musique. Ni la personne, de ce que je crois en savoir. Peut-être que je donnerai encore cette conférence ainsi que celle sur Bach dans la ville où je m’installerai en septembre. Peut-être aussi que j’en ai marre de parler de ces compositeurs mythiques, et que j’ai plutôt envie de parler des génies inconnus, voire des pas génies du tout. Enfin, ça, moi seul peut le savoir, et honnêtement, je n’en sais trop rien. Aujourd’hui en tout cas, je sais que ce sera court. Pourquoi ? Parce qu’à 16h pétantes, l’écran me sera confisqué pour y diffuser des images de millionnaires courant sur une pelouse. Mais je me rends compte que ce n’était pas de ça que je voulais vous parler…

Ah oui, ce soir, je serai à Lyon. Un peu pour visiter l’appart dans lequel j’habiterai les premiers mois si mon amie devait être admise là-bas pour terminer ses études, mais surtout pour soutenir mon amie dans l’attente de ces résultats. On devrait savoir très bientôt. Je ne connais pas Lyon. Je vais avoir le week-end pour visiter. Je vais y prendre mon ordinateur, alors il est possible que je vous écrive quelques notes de blog depuis ce lointain pays. Attention, hein, j’ai rien promis. Croyez pas que je vais aller poser mon cul dans un mcdo juste pour avoir du wifi. Est-ce que je vais vous parler du Rhône et de la Saône ? Ce serait tellement Lyonnais. Quand on dit le Rhône, la Saône, tout le monde voit de quoi on veut parler. Quand on dit le Lez. Bof. Mais ce serait trop facile. Je vois d’ici les grandes phrases. Je contemplais le Rhône depuis mon balcon… ah non. L’appartement, n’a pas de balcon. En plus je ne sais plus s’il donne sur le Rhône ou sur la Saône. Quand je dis donne, je veux dire, que les appartement des gens dont les fenêtres sont du bon côté donnent sur l’un des deux fleuves. Notre appartement temporaire n’a qu’une fenêtre, et elle donne sur la cour intérieure. Bon, de toute façon, les grandes phrases, ce n’est pas mon truc. Oh, je vous entends vous étouffer, mais vous faites erreur. Vous confondez grandes phrases et longues phrases. Vous n’êtes décidément pas fortiches en littérature.

Ah, oui. Je vais à Lyon en covoiturage. L’idée de mourir sur l’autoroute en compagnie de trois inconnus ne m’enchante pas, mais le train c’était trop cher. C’est ça le covoiturage. Avant de monter dans la caisse, on ne peut pas savoir si les derniers mots qu’on entendra seront « t’as vu le penalty hi… » ou « j’ai voté Macron mais seulement parce que Sarkozy ne s’est pas présenté ». On verra bien. Allez, à demain. Peut-être.

#147 – Souviens-toi le week-end dernier

Ça y est ! Ça m’est revenu. Je voulais vous parler du week-end dernier. Et oui. C’est dans le titre. Vous deviez vous en douter.

Qu’ai-je fait le week-end dernier, donc ? Et bien je suis allé me perdre à quelques kilomètres de Pézenas, ville qui a vu naître Molière. Soi-disant. Nous avons remarqué en y passant, avec mon ami Feldo, qu’il n’y avait pas plus d’un commerce de chaque type qui s’appelait le Molière. Un commerce de chaque type ça veut dire qu’il n’y a qu’un bar sur tous les bars qui s’appelle le Molière —celui d’à côté, par exemple, s’appelle le J.-B., et on imagine aisément qu’un troisième bar quelque part en ville s’appelle le Poquelin—, mais qu’il y a une brasserie Molière, un Hôtel Molière, un vendeur de churros Molière (celui là je l’invente, mais vous l’aviez compris et ce n’est pas loin de la réalité), etc.…

Bon. En vérité, nous n’étions pas allés nous perdre. Nous étions attendus car invités. Nous étions une trentaine de personnes à nous réunir pour animer, le temps d’une soirée, un magnifique village circulade —si vous ne savez pas ce qu’est un village circulade, cherchez sur internet (pas sur google, c’est des vilains eux)— peuplé de moins de sept cents habitants. Chacune et chacun arrivait avec une petit spectacle. Danse, chant, théâtre, acrobatie… La soirée était à prix libre. Il y avait aussi une équipe cuisine. Il et elle étaient deux, avec pour mission de faire la bouffe pour les cent cinquante visiteuses·eurs attendus, plus les trente bénévoles (c’est nous) qui logeaient sur place pendant trois jour. C’était du boulot. On a tous et toutes mis la main à la patte. D’autant qu’à notre arrivée, la dos de la cuisinière était totalement bloqué et qu’elle ne pouvait plus se lever de sa chaise. Une sale histoire de nerf sciatique, mais secret médical tout ça. Les repas étaient végétariens, et pas une seule personne n’est venue réclamer sa saucisse.

C’est un peu loin maintenant, ce week-end, entre temps il a eu le déménagement de mon amie, les états des lieux, les notifications de fin de baux, les réunions d’association, les repas de départ et autres, alors le récit risque d’être un peu chaotique mais je vais essayer de faire aussi clair et concis que possible.

On est partis de Montpellier en covoiturage vers Pézenas le vendredi à 8h du matin. De là une amie de Feldo, l’une des quatre organisatrices, est venue nous récupérer et nous avons fait une première escale à Montagnac, pour ramener une pleine caisse de carottes du marché qui s’y tenait. Des carottes pour cent cinquante personnes donc. Je vous laisse imaginer la gueule de la cagette. On en a profité pour tracter un peu également, le spectacle se déroulait le lendemain et les réservations étaient encore peu nombreuses, puisque non obligatoires (au final il y aura moins d’une centaine de visiteurs·euses, mais l’ambiance était là). Puis direction notre petit village circulade. Je ne sais pas pourquoi je fais tant de secrets quant au lieu. Je crois avoir déjà dit dans un précédent billet qu’il s’agissait de Saint-Pons-de-Mauchiens, alors disons-le.

Arrivés·es à 10h30 et des coucougnous, nous avons fait un tour guidé du vieux village où nous devions jouer le lendemain, histoire de bien comprendre comment la visite allait se dérouler, nous sommes allés·es chercher les arrêtés municipaux à la mairie pour le barriérage du centre historique et nous sommes retournés filer un coup de main à la cuisine. Le repas était prévu à 13h. Je crois. De toute façon vous vous en fichez. J’avais dit concis. Il faut que je m’écoute. Je suis un peu comme ça, j’ai de bonnes idées au départ mais je me laisse entrainer. Que voulez-vous, chacun·e ses défauts. Je me suis proposé pour la corvée de découpage des carottes en rondelles à la mandoline, pas l’instrument de musique, l’instrument de cuisine. Vous voyez, en plus les carottes, ce n’était même pas pour ce repas de 13h, mais pour les visiteurs du lendemain, je m’emmêle déjà les pinceaux, l’instrument de peinture, mais qui peut aussi servir en cuisine. Si vous arrêtez de lire ici, je ne vous en voudrai pas. La question que je me suis posée en commençant n’était pas « est-ce que je vais me couper à un moment ou à un autre ? », mais « à la combientième de carotte vais-je me couper ? » La réponse ne fut pas longue à venir, ce devait être la dixième ou onzième. Je n’ai pas eu trop mal, j’ai saigné beaucoup mais grâce à la technique du doigt sous l’eau et d’un petit pansement, j’ai pu continuer mon œuvre jusqu’à ce que nous ayons rempli une dizaine de saladiers de rondelles oranges. Pas d’oranges. De carottes. Suivez.

Tout le monde a aidé à tous les postes. Nous avons mangé, puis préparé un peu notre spectacle dont je n’avais absolument pas appris le texte, avant de décider qu’on verrait bien le lendemain et que, de toute façon, il y avait beaucoup trop de gens à aider autour de nous dans les tâches ménagères pour préparer égoïstement notre petit spectacle dans notre coin, surtout que nous n’avions besoin d’aucune installation particulière. On s’est donc remis aux tâches ménagères et cuisinières, jusqu’au soir où à minuit je découpais encore de grands gâteaux en portions égales de cinq centimètres sur cinq à la règle. Évidemment nous avons pris le temps de monter les tentes aussi. Les douches de camping et les chiottes sèches avaient déjà été installées par les organisatrices et deux cuisinier cuisinière qui étaient là depuis plusieurs jours pour commencer à faire la bouffe.

La tente on me l’a prêtée. C’est Rémi qui a accepté de me prêter celle qu’il avait en rab. Enfin il pensait que c’était la sienne, puis s’est aperçu à la fin du séjour que c’était celle d’Héloïse qui m’a bien confirmée que non, elle n’avait pas de tente, et que c’était celle de Bastien. Merci donc à ces trois personnes de m’avoir prêté leur tente.

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Photo par Gwlad (espace Pitot)

Nous étions quasiment toutes et tous installés dans le jardin de l’une des participantes, et mère de l’une des organisatrices, qui travaille dans le coin d’Agropolis, et dont le jardin était immense et recouvert de la plus grande diversité de plantes que j’ai pu voir dans un jardin. Avec un joli point d’eau, des grenouilles et des oiseaux. Le matin au lever du soleil, c’était la fanfare naturelle. Quelques unes·s dormaient chez des voisins, d’autres dans des camions emménagés par exemple, mais le gros des troupes avait planté leurs toiles dans le jardin. Feldo et moi, ainsi que la personne qui nous accueillait et sa famille étions les seules personnes du sud, tous les autres venaient de Picardie, de Bretagne, de Belgique, de Paris, de Lyon pour les plus proches, ou d’ailleurs encore.

Bon allez, on avance et on termine. Tant pis pour la description des évènements heure par heure. Je n’ai plus le temps.

Le lendemain, après une journée pas moins chargée, et quand tout fut prêt, la balade-spectacle à pu commencer. Une balade de trois heures, quand même, de spectacles divers et variés entrecoupés de repas. Chants traditionnels en français/breton/occitan, pièces de théâtre humoristiques, installations, peinture, distribution de boutures de plantes variées, acrobatie et performances décalées. Quatre ou cinq spectacles, les entrées, quatre ou cinq spectacles, les plats, quatre ou cinq spectacle, les desserts, quatre ou cinq spectacles, pour finir. Tout ça à prix libre ? Oui. Que des artistes bénévoles. Une subvention de je ne sais plus qui. Ça a payé la bouffe. Et quelle bouffe. On s’étaient pas foutu de la gueule des visiteurs. C’était bon, et c’était en quantité.

Ah la la, ça me fait mal de ne pas mieux vous décrire les numéros de chacune et chacun en détail, le menu ingrédient par ingrédient… Enfin. Je vous connais, si c’est trop long, vous n’allez vraiment pas lire l’article jusqu’au bout et ce serait dommage.

Je me concentre. Pourquoi je voulais vous en parler, de ce week-end ? Parce que toutes les personnes y ayant participé ont déployé une énergie folle, sans motivation économique, et qu’il n’y a pas eu une seule engueulade alors que très peu de personnes se connaissaient, que tout le monde à accepté d’être à tous les postes sans rechigner (je n’ai pas entendu une seule plainte) tout ça dans le seul but de vivre une belle aventure tous ensemble et proposer une belle soirée à des inconnus. Tout ça m’a fort ému. Comment la soirée a-t-elle été vécue par les visiteurs ? Je ne crois pas me tromper si je dis que personne n’a eu l’impression d’avoir été volé de son temps, qu’il y a même eu de l’émerveillement et des moments d’émotion, et qu’il y avait même des choses qui faisaient réfléchir à notre place dans le monde dans tout ça, et aussi que les lieux n’avaient pas été aussi vivants depuis longtemps. Pour certains habitants, c’était une occasion de redécouvrir leur village, d’avoir à nouveau une raison de s’y promener, d’admirer la vieille pierre et le coucher du soleil du point le plus haut de la circulade, alors qu’il y avait belle lurette qu’ils ne le faisaient plus.

Je me suis dit, avant de repartir pour Montpellier, la ville et les chacun pour soi qui vont avec, que la prochaine fois que je me désespèrerai de l’humanité, il faudra que je repense à ce week-end-là. À toutes ces personnes qui ont fait tout ce qu’elles ont pu, sans se connaître, pour créer du beau, du bon. Cette manière qu’on a eu de se concentrer sur la bonne humeur, la convivialité et l’entraide —en plus de nos petits numéros personnels qui ont demandé énormément de travail à certains·es—, sur la rencontre de l’autre, sur la générosité dans tous ses aspects, et non sur le profit. Il me semble que tout cela, il faut savoir le faire naître en ce monde, ou tout du moins le révéler, si l’on veut espérer pouvoir vivre heureuses et heureux dans les années qui viennent et qui s’annoncent si dures pour un grand nombre d’entre nous. Il faudra que j’y repense, oui. Vous, vous ne pouvez pas y repenser. Vous n’y étiez pas. Alors pensez-y simplement. Il ne faut pas grand chose. Une poignée de personnes, une envie de faire quelque chose en commun qu’on ne pourrait pas faire seul·e, de la bienveillance, un peu d’organisation et quelques petits efforts. Je suis sûr que vous saurez trouver tout ça autour de vous et en vous, en temps voulu.

Bon, j’ai fini mes niaiseries pour aujourd’hui. Encore une fois mon texte ne fait pas honneur à l’évènement, j’ai bâclé. Si vous passez par là et que vous y étiez, n’hésitez pas à partager votre expérience de ce week-end ou de cette soirée.

La bise

P.S. : C’est trop long, je ne me relirai pas. Faites avec les fautes. Et pour le manque de systématisme dans l’écriture inclusive, vous me fouetterez demain, là je n’ai pas le temps.

#137 – Anti-cipation

Demain, c’est la fin de la semaine allégée. Demain, j’aurai le temps de me creuser la tête pour essayer de vous trouver un truc pas trop chiant à lire. Voire d’essayer de vous faire rire. Mais tout ça, ce sera demain, n’anticipez pas. Procipez ? Mouais, ça ne marche pas pour tout cette opposition pro-/anti-. Enfin bon, pour l’heure, je languis juste de manger et de m’écrouler dans mon lit, et surtout, SURTOUT, de ne pas mettre de réveil.

La conférence est passée, pour ceux et celles qui se le demandaient. La conférence est passée et s’est très bien passée, même. Elle devait durer une heure, elle en a duré deux. Personne n’est parti en cours de route, personne ne s’est endormi. Mieux, tout le monde a applaudi. Il y en a qui ont chanté. Une dame de quatre-vingt-neuf ans était tellement heureuse qu’elle a tenu à faire un aller-retour avec son déambulateur pour me ramener et m’offrir une plaquette de chocolat commerce équitable. Elle a aussi ramené une photo de sa famille. Elle m’a expliqué qui était chaque personne, m’a dit chaque prénom, vingt prénoms, et encore, il en manquait vingt qui n’étaient pas là. Elle m’a montré une photo toute petite, dans un minuscule cadre, en noir et blanc, de son père, qui était Allemand. Elle m’a serré dans ses bras et elle a un peu pleuré. De joie et de souvenirs qui revenaient. Ça fait ça la musique. Ça fait ça quand on la raconte avec passion et que ça remue des sentiments et des souvenirs. C’est pour ça qu’on écoute de la musique. C’est pour ça que je veux l’emmener dans des lieux où parfois ça manque un peu. Je veux aussi installer ce temps durant lequel les personnes peuvent venir me dire tout ce qu’elles veulent bien me dire, tout ce que cela a bien pu leur faire ou même d’autres choses, c’est le plus important en réalité. En discutant avec cette dame, on s’est même rendu compte qu’on avait plus de points communs qu’on ne le pensait, je suis bénévole dans une association dont le créateur a monté des structures afin que les frères et sœurs placés en foyers car orphelins ou autre ne soient pas séparés, elle y a travaillé pendant des années. C’était fou. Et en plus j’avais le même prénom que son petit fils. Elle avait le cœur qui battait très fort, elle était très vieille, j’avais un peu peur. Mais j’étais très ému aussi. J’en ai bien bavé ces derniers jours, et j’ai bien stressé, mais je sais maintenant que c’était pas pour rien. Les gens étaient vraiment contents. Bon, mais ça, c’était tout à l’heure, maintenant je ne pense plus qu’à une seule chose : mon lit.

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Photo par Gwlad (espace Pitot)

#130 – Un Truc sur le Verdanson

Le Verdanson n’est pas à sec ! Fait assez rare pour le noter. Un écriveur écrit : « fait assez rare pour le noter », fait bien trop banal pour le noter dans quelque annale que ce soit. Mais voilà que ce dernier fait lui-même remarquer que cette tournure est par trop employée ! Fait assez rare pour le noter.

Le Verdanson n’est pas à sec, donc, j’ai pu le constater hier soir en passant par l’allée Hermantaire Truc. Je dis pas truc comme j’aurais dit chose, remarquez la majuscule. Truc c’était son nom, à Hermentaire (avec un e). Qui était-il ? Facile, pour le savoir, cherchons à Truc dans le dictionnaire des noms propres. On ne trouve rien. Mince. Et sur Wikipédia ? On ne retrouve re-rien. Re-mince. Ne vous inquiétez pas, je fais durer le suspense, mais vous saurez bientôt qui était ce Truc. En attendant, revenons-en au Verdanson.

Le Verdanson est un petit cours d’eau qui traverse Montpellier et va se jeter dans le Lez, un autre cours d’eau, moins petit, qui traverse Montpellier et va, lui, se jeter dans la Méditerranée au niveau de Palavas-les-Flots. Le Lez est donc un fleuve, et le Verdanson en est un affluent. Ça vous rappelle des notions de géographie ou vous dormiez trop bien près du radiateur au collège ? Bon, continuons. En quoi le Verdanson est-il remarquable ? Il l’est tout d’abord parce que, comme le bit, il ne connait que deux états : 0 – à sec ; 1 – en crue. Mince, je me contredis, j’ai dit qu’hier il n’était pas à sec ! Or il n’était pas en crue non plus… Oui, mais si vous lisiez mieux vous auriez remarqué que j’ai également dit que c’était un fait notable. Mauvaises langues. Hier, il était donc dans l’état 0.05.

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Photo par Gwlad (galerie du Triangle)

Quoi d’autre concernant le Verdanson ? Et bien son lit est entièrement de béton. De sa source jusqu’à l’endroit où il se jette dans le Lez, au moulin de Salicate (quartier les Aubes). Une vraie chance pour les graffeurs·ses que la municipalité laissent s’y amuser autant qu’ils et elles le veulent. Après tout, autant recouvrir toute cette laide grisaille de jolis dessins, ça ne peut pas faire de mal. Pas faire de mal sauf précisément là où il se jette dans le Lez. Là c’est un dépotoir. Les bombes de peinture, presque vides mais pas totalement, et autres déchets sont abandonnés sur place et font crever les bestioles du coin. Message perso aux artistes : essayez de faire du beau jusqu’au bout, toute cette merde me gâche un peu le goût de vos œuvres. Bon, mais à part ça, le Verdanson se trouve du coup être la plus grande galerie d’art de la ville, gratuite, et à ciel ouvert.

En parlant de merde, et pour finir, on est bien obligé de le dire : le Verdanson ne s’est pas toujours appelé comme ça. Au départ, c’était le Merdançon. À cause de l’odeur. C’était là que toute la ville balançait ses eaux usées, même les artisans, genre tanneurs et autres. Les tanneurs ça pue. On le sait moins aujourd’hui que ce ne sont justement plus de petits artisans de centres-villes, mais je vous le dis, ça pue. Bon et puis un jour quelqu’un a dû se dire que ça n’était pas très glorieux une ville traversée par le Merdançon, et on l’a changé en Verdanson. Il est intéressant de constater que souvent les gens voulant faire de l’humour et ne connaissant pas l’histoire changent intuitivement le V en M et partent d’un bon rire gras. Alors je fais semblant de rire et je leur raconte l’origine de ce nom, car j’adore briller en société en étalant mes connaissances sur les noms liés à la matière fécale.

Et Hermentaire Truc dans tout ça ? Je ne sais toujours pas si je préfère le fait que son nom soit Truc ou son prénom Hermentaire en réalité. Je crois que si j’ai un fils un jour je l’appellerai Hermentaire. Hum, je ne m’en sors pas de ces digressions. Il faut que j’avance. Hermentaire a donc une allée à son nom, une allée toute minuscule, verte, avec des bancs, sinueuse, cachée entre deux immeubles anciens, et qui passe au dessus du Verdanson. L’allée rêvée. Elle se situe quelque part entre l’arrêt de tramway Albert 1er et l’arrêt Philippidès. Et, quelle chance nous avons ! il y a dans cette petite allée, en plus des arbres, des bancs et du Verdanson qui passe en dessous, une plaque nous expliquant qui est Hermentaire Truc ! Alors ? Elle est pas belle la vie ? Elle est presque belle. Comme je le faisais remarquer au début de l’article, on a orthographié Hermantaire avec un a sur sa plaque, or sur les livres publiés par lui, on trouve systématiquement Hermentaire avec un e. Pour une fois qu’on causait de lui, c’est bien dommage…

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#123 – De ci, de ça

Ce soir, il y a anniversaire. Je n’ai pas de cadeau. Je n’ai pas la moindre idée de quoi faire comme cadeau. Je pourrais faire un dessin, mais la personne dont c’est l’anniversaire est dessinateur. Comme je n’ai pas envie de me taper la honte, c’est donc impossible. Je pourrais écrire un petit mot, mais il faut déjà que j’écrive cette note de blog, je ne sais pas si j’aurai le temps de tout faire. Si j’avais été riche, j’aurais acheté un cadeau cher. Offrir un cadeau cher, c’est toujours une bonne solution. Même s’il ne plaît pas, on pourra toujours le revendre. En y réfléchissant bien, je pense que j’achèterai de la bière et des chips. Ça convient à peu près à tout le monde. Peut-être que j’écrirai un petit mot sur le paquet de chips. Ou que je ferai un dessin sur la bouteille de bière. Ou l’inverse. Et voilà, je l’ai mon cadeau. Au final je me tracassais pour rien.

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Photo par Koinkoin (boulevard du Jeu de Paume)

Montpellier, Montpellier… que dire ? Le week-end prochain, pas demain donc, c’est le festival des fanfares au quartier des Beaux-Arts. Si je ne sors pas de chez moi les soirs de fête de la musique, au festival des fanfares, j’y vais souvent. C’est agréable, les boissons et la bouffe y sont pas chères, la musique est agréable, il y a des gamins qui jouent et qui dansent. Au moins en début de soirée. Après c’est un peu la beuverie, mais personne n’est forcé de rester jusqu’à une heure du matin. Pourquoi je vous raconte ça ? Bon sang, mais j’en sais rien. Je comble. Au départ j’ai voulu écrire Le petit train de l’Histoire (2), mais j’avais un peu la flemme de me documenter. Ensuite j’ai voulu écrire #123 – Allons dans les bois… Parce que c’est la 123ème note de blog. Je trouvais que c’était marrant 123. Bon, mais je ne savais pas quoi raconter, je ne vais que très peu souvent au bois. Parler du bois de Montmaur éventuellement… Mais comme je ne suis pas du genre à aller jogger le dimanche et que ce parc semble exclusivement réservé à cet usage, je n’en dirai rien. Bon. Vous avez eu la fête des fanfares en version express. Faudra vous en accommoder pour aujourd’hui.

Un de ces jours j’essaierai de remonter un peu le niveau du blog.