#162 – Les âmes sombres sous la pluie

Les hélicoptères tournent dans le ciel. Ou les avions de chasse. Je ne sais pas, mes volets sont fermés pour contrer le soleil cuisant qui vient frapper en plein sur ma fenêtre à cette heure-ci. Et croyez-moi, il frappe dur. À Lyon, où se trouve actuellement mon amie, il grêlait il y a quelques heures, et maintenant : « il pleut des tonnerres ». Ne posez pas la question, je ne sais absolument pas ce que ça veut dire. C’est ça l’avantage d’être en couple avec une personne dont le français n’est pas la langue maternelle, le moindre SMS devient une énigme. Bref, je vous ai parlé des aviocoptères, du soleil à Montpellier, du temps qu’il fait à Lyon, des inventions poétiques inter-langagières de mon amie… Et moi ? Qu’est-ce que je fais, moi ? Est-ce que je fais mes cartons ? Non. Ne me jugez pas. Je suis enfermé dans ma chambre. Je joue aux jeux vidéo pour calmer mes nerfs. J’ai dit ne me jugez pas ! Ça ne marche pas très bien car je joue à Dark Souls II. La série étant bien connue pour déclencher des crises de frustration chez les joueuses·rs tant les échecs sont douloureux à vivre. « Ça se dit pas ? » me demande mon amie. Non, ça se dit pas, il pleut des tonnerres. Donc, je ne joue pas aux jeux vidéos (jeux vidéo ou jeux vidéos ? Débattez). Je joue à un jeu vidéo en particulier. Le plus agressif pour les nerfs qui soit (à moins que ce ne soit le premier ou le troisième opus de la série qui mérite réellement ce titre). Mais ce n’est pas plus mal. Ainsi, je n’ai pas le temps de m’agacer de quoi que ce soit d’autre. Et puis c’est beau, en tout cas pour moi qui n’ai une console moderne d’il y a douze ans que depuis six mois seulement. Le jeu lui-même est très esthétique. Faut juste être un peu gothique, quoi. Paysages soignés de châteaux en ruines, de caves inondées, de grottes obscures, le tout peuplé de spectres armés, de chevaliers pourrissants, de rois maudits, de monstres ogroïdes, de dragons cracheurs de feu, de squelettes surgissant des brumes au détour d’un couloir… « Il pleut comme si la vache pisse », tente-t-elle de conclure. C’est pas exactement ça, mais vous avouerez qu’on se rapproche. Je suis gentil, je lui fais des propositions : « il pleut comme vache qui pisse », ou alors : « il pleut des cordes. » Bon. Cinq/six coups et vous êtes morts. Chaque nouvel ennemi a ses façons bien personnelles de vous trucider, et vous ne les connaitrez qu’en le combattant. Donc vous mourez à tout bout de champ. À chaque fois que vous mourez, votre barre de vie est réduite pour la session suivante et vous perdez toute la monnaie (des âmes) grâce à laquelle vous comptiez faire augmenter votre niveau dans le but de mourir moins vite. Celle-ci reste disponible sur le lieu de votre mort, mais vous repartez généralement de très loin et devez vous refarcir tous ces combats atroces, et si vous mourez à nouveau avant de l’avoir récupérée, cette bourse d’âmes, elle disparait définitivement. Vous n’avez qu’à recommencer. Une trois-centième fois. Oh, ne faites pas vos étonnés, je vous avais déjà dit que j’étais un peu masochiste. Mais résultat, ça marche impec. Je ne pense plus au déménagement. « Il pleut des chiens et des chats ? » hasarde-t-elle. Oui. De l’autre côté de la Manche, oui, ça marche. Mais franchement, ici, à Drangleic, ça sonne bizarre.

#155 – Je ne suis pas mort sur l’autoroute

C’est sur le Rhône ! que ma fenêtre ne donne pas. Mais la porte de l’immeuble est pile en face, à cinquante mètres. Bon, comme je m’y attendais, la ville est immense. Pourtant les gens tirent moins la gueule qu’à Montpellier. Moi qui pensais que le taux de tirage de gueule était proportionnel à la taille de la ville. Je me trompais.

À Montpellier, j’habitais à trente secondes du cours Gambetta. À Lyon, j’habiterai à trente secondes du cours Gambetta. Niveau dépaysement, on a vu mieux. J’ai également trouvé le Gibert Joseph, je me sens chez moi. Un pont à traverser et j’y suis. Ce que j’estime être un danger réel pour mon portefeuille, mais une promesse de ne jamais tomber à court de lectures. Dans le coin également, quartier arabe, quartier asiatique, je sens qu’on va bien bouffer pour pas trop cher. Je m’en réjouis. D’autant que le week-end, le marché de mon côté de la rive est si à peine plus cher que celui du plan Cabanes qu’on peut tellement presque pas sentir la différence.

Sinon, qu’ai-je fait ? Et ben je me suis baladé, je suis passé au marché dont je viens de vous parler, j’ai fait un peu de rangement (c’est à croire que les valises se reproduisent d’elles-mêmes dans cet appartement), changé la place des meubles afin qu’on ait assez de place pour vivre à deux dans ce studio/couloir, je suis ressorti me promener, j’ai mangé des sorbets mangue-cassis, j’ai continué ma balade et en pensant monter jusqu’à la Cathédrale qui surplombe la ville et dont j’ignore le nom, je me suis retrouvé à la Croix-Rousse, ce qui n’est pas mal non plus, puis suis rentré faire la sieste avant de ressortir me balader une petite heure. Franchement, j’ai vu tellement de places, de rues et d’endroits sympa que je serai incapable de me rappeler d’un dixième des noms de ces lieux.

J’ai croisé une jeune fille, genre hippie de technival oserai-je dire, dont la chienne s’appelait Gaïa. J’ai pensé que c’était assez cliché. Cinq minutes plus tard, je croise un groupe de punks à chien (ils n’avaient qu’un chien pour trois) mais devinez comment s’appelait l’animal ? Et oui. Bravo. Gaïa. Ça devait être l’année des G. Et on va quand même pas appeler sa chienne Gilberte ou Gertrude, faut les comprendre.

Ah oui, finalement, nous ne sommes pas morts sur la route en covoiturage. Il n’y a qu’un seul camion qui sur la voie du milieu, doublant un autre camion, à faillit nous écraser en voulant passer sur la troisième voie alors qu’on s’y trouvait. Ouf. Le conducteur était sympa. L’autre passager moins. On s’est tapé une demi-heure de discours comme quoi les femmes ne se l’avouaient pas mais voulaient être dominées, qu’elles voulaient être prises pour des connes même si elles disaient le contraire. La preuve ? Un de ses amis policier lui aurait dit que 90% des femmes qui subissent des violences de la part de leur partenaire y retournait. Alors ? Elle est pas là, la preuve ? On avait beau dire qu’on ne partageait pas son avis, le conducteur et moi, rien ne l’arrêtait. Il a tenu à continuer la démonstration en nous expliquant qu’en prenant les femmes pour des connes, comme elles le désiraient intérieurement sans oser l’avouer, il avait réussi à sortir avec une fille et sa petite sœur dans la même période, et aussi à rendre ennemies deux amies d’enfances en couchant avec les deux au cours de ses vacances dans un club fermé en Tunisie. Il s’est aussi vanté d’avoir travaillé dans toutes les plus grandes banques de France. Ah, et qu’est-ce qui faisait que Lyon était la meilleure ville de France selon lui ? Le nombre incalculable de centres commerciaux, dont, peut-être, l’un des plus grand d’Europe. C’est dommage qu’il ait ouvert sa gueule celui-là, il m’était plutôt sympathique de visage. Enfin, comme disait Katerine : « quelle importance ? Nous ne nous reverrons jamais. »

#148 – Jurisprudence est mère de jurissûreté

Attendu que l’auteur de ce blog ne détient aucun savoir relatif au droit ou à la justice, le jeu de mot contenu dans le titre de cet article ne saurait être considéré comme reflétant ses opinions personnelles de quelque manière que ce soit.

Je ne sais, en effet, rien du système judiciaire Français. Si nul n’est censé ignorer la loi, on ne m’en a pas enseigné grand chose à l’école, de la loi. Sinon que nul n’est censé l’ignorer, et démerde-toi avec ça. Je me dis qu’en respectant les quelques règles suivantes :

  • ne pas tuer
  • ne pas blesser
  • ne pas menacer
  • ne pas insulter
  • ne pas mentir
  • ne pas voler
  • ne pas violer
  • ne pas jeter des cochonneries par terre
  • ne pas fumer de pétards devant des policiers
  • dire « bonjour messieurs·dames » en entrant
  • dire « au revoir mesdames·sieurs » en sortant
  • dire « merci », « de rien » et « pardon » au moment et au lieu où il le faut

je devrais m’en tirer à peu près bien. Ma naïveté n’est donc plus à prouver.

Alors pourquoi ce titre ? Eh bien parce qu’hier, j’ai trouvé devant la porte de mon immeuble deux numéros de la revue de jurisprudence régionale, confectionnés au sein de l’atelier de jurisprudence du Languedoc-Roussillon, au Centre d’Études et de Traitement de l’Information Juridique de la faculté de droit de Montpellier. Chic chic chic, que je me suis dit, je vais pouvoir donner à manger à mon blog avec ça ! Et c’est exactement ce que je vais faire.

On apprend, par exemple, dans la partie relative à la faute conjugale par Hugo Plyer dans le numéro 14, que le tabagisme —contrairement au manquement au devoir de fidélité, au devoir de respect, au devoir de communauté de vie, au devoir conjugal, au devoir de pourvoir à l’entretien et à l’éducation des enfants, ainsi qu’au devoir de loyauté— n’a pas été considéré comme une faute pouvant entrainer le divorce au cours d’un procès de mars 2008 à Montpellier, où il fut prononcé que : « Le tabagisme important de l’épouse, à le supposer avéré, est une maladie et non une faute au sens des devoirs et des obligations du mariage définies par les articles 203 et suivants du code civil. »

Ou encore, toujours dans la même partie, qu’une fois marié, messieurs, il vous faudra y réfléchir à deux fois avant de vous couper les parties intimes sans demander son accord préalable à madame, car, comme au cours de ce jugement d’août 2009, à Montpellier toujours, on pourrait vous accuser de manquement au devoir conjugal : « Lorsque la femme cadenasse le réfrigérateur, le congélateur et une armoire, qu’elle facture à son mari les repas et qu’elle entretient quotidiennement de longues conversations téléphoniques avec un ami au Canada, elle commet une faute, cause de divorce. Il en va de même lorsque le mari fait vœu de chasteté durant le mariage. Ce choix ne peut seulement être justifié par une mutilation liée à l’opération de la prostate puisqu’il a été fait par le mari seul sans concertation préalable de son épouse, laquelle n’a pas été conviée à la cérémonie, alors qu’il s’agit d’un choix de vie qui engage le couple pour l’avenir. Les propos diffamatoires et dévalorisants tenus par l’époux envers sa femme et ses enfants, son comportement méprisant, son autorité excessive au nom de sa religion constituent également des violations graves et répétées des obligations du mariage qui rendent intolérables le maintient de la vie commune. »

Ça fait rêver, non ? Non ? En tout cas ça fait réfléchir. Ça, c’est sûr.

mtp111
Photo par Gwlad (espace Pitot)

On trouve, dans les numéros 13 et 14 de cette revue, des tonnes de jurisprudences concernant les préjudices corporels et leurs indemnisations. C’est vraiment très étrange à lire, notamment lorsque cela concerne des cas où la victime directe est décédée et où l’on fixe un tarif pour le préjudice moral causé aux proches. Moi qui ne me suis jamais posé ces questions et qui n’aime pas particulièrement l’argent… ça me fait bizarre. Je comprends aisément, par exemple, qu’on puisse demander à un employeur d’indemniser une famille dont l’un des membres est mort des suites d’un accident du travail dont il (l’employeur) est reconnu responsable, dans le cas où la personne décédée contribuait à l’équilibre financier de la famille. Histoire d’éviter qu’un·e disparu·e n’entraine plusieurs personnes dans la misère par son décès. Je comprendrais également que les frais médicaux, relatifs à un éventuel suivi et soutient psychologique, ou autre, entrainés par le décès d’un membre de la famille soit pris en charge par la société, et cela quelque soit le contexte de la mort. Ça tiendrait de la solidarité, des idéaux de fraternité-sororité, et, plus pragmatiquement, de la volonté d’une société de contrer un effet domino de propagation du malêtre. Mais le dédommagement par versement d’une somme directement des responsables aux proches de victimes… J’ai du mal à comprendre comment ça dédommage réellement. N’y a t-il rien d’autre à faire ? Je le répète, j’ignore tout des mécanismes de la justice, je suis inculte en ce domaine. Je me pose juste la question suivante : percevoir une grosse somme au décès d’un proche, cela n’accentue t-il pas le sentiment de culpabilité dans une affaire comme celle-ci, par exemple ?

« Victime directe décédée : noyade d’une enfant autiste profonde de 14 ans confiée à un institut médico-éducatif.

Victimes par ricochet :

Père et mère : préjudice moral (chacun) : 20 000€

Enfant ne vivant plus chez ses parents depuis 8 ans mais rentrant régulièrement chez eux, préjudice moral important s’accompagnant d’un sentiment de culpabilité pour avoir confié leur enfant à un tiers.

Frères (17 et 5 ans) et sœur (9 ans) : préjudice moral (chacun) : 12 000€

Grands-parents maternels : préjudice moral (chacun) : 6 000€

L’éloignement géographique des grands-parents maternels qui vivent en Algérie ne diminue pas l’affection qu’ils avaient pour leur petite fille, laquelle venait d’ailleurs auprès deux avec sa mère pendant les vacances d’été. »

Je n’ai aucune réelle opinion sur la question, un vague sentiment qu’on s’y prend mal, qu’on pourrait trouver mieux. Ce genre de documents me donne surtout envie de comprendre ce que l’on vise par un dédommagement financier direct d’un préjudice moral. Qui l’estime et en se basant sur quoi ? Quelles sont les conséquences psychologiques de la perception de cet argent par les proches ? Je ne suis pas partisan du « si on le fait, c’est que ça doit être la chose à faire », mais je me dis aussi qu’il y a certainement quelque mécanisme qui m’échappe là dedans, et que plus d’un cerveau ont dû bosser sur la question, alors, dans le doute, je vais éviter de me vautrer dans les réflexions de PMU plus longtemps et me contenter de vous laisser penser à tout ça par vous-même.

Ma seule suggestion aux juristes serait peut-être d’éviter le terme « victimes par ricochet » lorsqu’il s’agit de noyade, mais enfin, on pinaille là.

Bon ça suffira pour aujourd’hui, je vais poser ces beaux livres dans mes chiottes jusqu’au déménagement, on y reviendra peut-être à mesure que j’y picorerai des informations amusantes ou interpellantes. En espérant qu’on ne me foute pas un procès au cul pour reproduction de quelques lignes par ci par là. Dans quel cas je serai peut-être dans le prochain numéro de la revue de jurisprudence régionale… On ne peut jamais vraiment savoir d’où viendra la gloire.

#138 – Le réveil d’un autre

Ce devait être un matin de joie, c’est un matin de colère.

C’était la première fois depuis presque un mois que je n’avais pas à mettre le réveil. Mon colocataire a mis le sien sur son ordinateur qui vient de me réveiller à 6h50 en hurlant de la musique de merde à fond, du Saez, horreur des horreurs. Sauf que lui est déjà parti faire sa petite sortie du week-end. J’ai donc dû me lever pour l’arrêter moi-même. La dernière fois que j’avais pu ne pas mettre mon réveil, il y a deux semaines environ, il s’était passé la même chose. Mais à 6h30, je n’avais finalement pu dormir que quatre heures. Laissez-moi donc me défouler quelques secondes. Mon colocataire est la personne la plus égocentrique (et c’est un blogueur qui vous dit ça), égoïste et profiteuse que je connaisse (ah, c’est beau la colocation !). Les gens, pour lui, sont : a) des outils, b) des paysages. Je ne m’étonne même plus de ses petites inattentions, mais là j’en ai assez. Surtout que je le lui avait dit hier, avant d’aller me coucher, que j’attendais cette nuit avec impatience, et d’à quel point j’étais heureux de ne pas avoir à mettre de réveil. C’est à se demander s’il ne le fait pas exprès. Mais non, il ne le fait pas exprès, enfin j’espère, c’est simplement que son cerveau est incapable de gérer le minimum des gestes à accomplir, d’attentions à avoir —je dis bien le minimum, attention, croyez pas que je demande des choses impossibles comme de reposer ce qu’il m’emprunte sans me le demander à l’endroit où il l’a trouvé afin que je puisse me servir de mes propres outils quand j’en ai moi-même besoin (et par outils j’entends coupe-ongles, ciseaux, tondeuse, chargeurs, brosse à dents…) non non, ça j’ai oublié dès le deuxième mois de colocation, je parle vraiment du minimum minimum— pour préserver un tout petit peu de il-fait-bon-vivre en communauté ( communauté de trois personnes dont lui), absorbé par lui-même qu’il est. Toute son énergie étant mise à satisfaire ses désirs par tous les moyens les plus courts, il n’a simplement plus les ressources nécessaires à développer le moindre égard envers les autres. Non, vraiment j’en ai assez. Je me console en pensant que dans un mois et demi, c’est fini. Je souhaite bien du courage à ses pauvres colocataires futurs. Et oui, car cet énergumène-là est incapable de vivre seul. Pourtant, pour le bien être de tous, c’est exactement ce qu’il devrait faire. Enfin. Voilà. Hier, j’avais décidé de vous écrire un joli petit article, mais je me réveille encore une fois après une nuit trop courte, je suis agacé, et je n’ai personne avec qui en parler à cette heure matinale, alors c’est vous qui prenez.

Et les nouvelles du monde ? Vous voulez que je me flingue, c’est ça ? Je n’ai pas les épaules pour les supporter aujourd’hui. Je suppose qu’elles sont aussi terribles qu’hier. J’ai vu une case de BD dont j’ignore l’auteur passer sur le net hier, un personnage y disait « My desire to be well-informed is currently at odds with my desire to remain sane. » Je vous laisse méditer là-dessus. Et je vois qu’il fait beau dehors, je vais aller faire un tour au soleil plutôt, ça me changera les idées.

mtp103
Photo pat Gwlad – espace Pitot

P.S. : je crois que je fais à nouveau une angine. Y a des jours comme ça…

#131 – Si vous trouvez un meilleur titre, écrivez-nous, vous avez gagné

Aujourd’hui, je suis bien malade. Gorge en feu, oreilles et nez bouchés, fièvre… Et puis j’ai dû dormir dix heures en trois nuits pour ne rien arranger. Alors on va se la jouer tranquille. Minimaliste. Anecdotes bêtes et phrases courtes. Qui a dit comme d’habitude ? N’en profitez pas s’il vous plaît. Bon. J’ai remarqué que vous aviez bien aimé mon article d’hier qui parlait de Truc sur le Verdanson, et celui d’il y a quelques jours, où je vous expliquais comment embrasser plus grand·e que vous tout en marchant. Par contre celui sur la musique en ligne, bof. Je vous comprends. C’était pas terrible. Enfin, tout ça pour vous dire que si vous voulez du substantiel, va falloir aller fouiner dans les vieilleries.

Je ne me suis pas aidé aussi. Ce matin, après une nuit de deux ou trois heures de sommeil entrecoupées de réveils morveux, je me suis levé à 7h pour aller faire un tour au vide-grenier des quartiers Boutonnet et Beaux-Arts qui se tenait de 8h à midi à l’occasion de la fête des fanfares. 8h mon œil, les videuses et videurs de greniers étaient là depuis bien plus longtemps que ça. Je suis arrivé pile à 8h et déjà les bouquinistes finissaient leur petit marché pour pouvoir nous revendre leurs trouvailles à trois fois le prix les samedi sur l’esplanade Charles de Gaulle, les mardis et les samedis au marché des Arceaux et le dimanche à la brocante des antiquaires du Peyrou. J’y traîne tellement souvent que je connais leurs gueules à tous. Et ben ce matin je les ai vus rafler tous les trucs intéressants juste devant moi. Surtout un. Un que j’aime pas. Je dirai pas son nom parce que je le connais pas. Je l’appelle Ducon, moi. Il est souvent aux Arceaux. Vous le reconnaîtrez au fait que dès que vous vous approchez de ses livres il vient immédiatement se coller à vous pour être sûr que vous ne lui fauchiez rien et qu’il engueule les enfants qui feuillètent sa marchandise. Bon, enfin, j’ai quand même fait quelques trouvailles.

Oui, au passage, la fête des fanfares c’est ce soir. C’est vraiment la bonne ambiance, je vous conseille d’aller y faire un tour si vous ne connaissez pas.

mtp96
Photo par Gwlad (galerie du Triangle)

Gwlad, nous a fait une petite série sur la galerie marchande dont toutes les boutiques ont fermé en quelques années au Triangle (entre la Comédie et le Polygone). Je crois que jamais une série photo sur ce site n’a été aussi déprimante. Tout y est laid, vieux et sale à souhait. Je suis content que Gwlad ait fait cette série, ainsi montpellierien.com ne ressemble pas à une brochure touristique. À Montpellier, il y a des endroits magnifiques, il y en a d’autres qui sont absolument hideux. Et bien ici on est en plein dans le dégueulasse, et on ne le cache pas. Si une nana ou un mecton à l’urbanisme passe sur le blog j’espère qu’il aura tellement honte qu’il se dépêchera de raser tout ça pour nous mettre de jolies pierres et de la verdure à la place. Cela dit, il ne reste que trois photos de cette série, alors si comme moi elle vous déprime, serrez les fesses, c’est bientôt fini.

Sinon, hier, j’ai testé le plastique fou. Je connaissais pas. J’ai pas mon BAFA donc apparemment c’est normal. Connaissiez pas non plus ? Ce sont des feuilles de plastique, fines comme des feuilles de papier normales, transparentes ou blanches, sur lesquelles on peut dessiner, qu’on peut découper, puis qu’on passe au four. Et là, magie ! Le dessin réduit de sept fois sa taille (son aire diminue) tout en gardant des proportions parfaites et les couleurs que vous y aviez appliquées, et s’épaissit pour donner un objet dont l’épaisseur doit atteindre les 1,5 à 2 millimètres. Parfait pour faire d’un dessin un porte-clefs, par exemple. Jusqu’à maintenant j’ai produit deux œuvres. Reportage :

plastique_fou 2
Œuvre n°1, avant cuisson
plastique_fou 3
Œuvre n°1, après cuisson
plastique_fou 1
Chef d’œuvre n°2, porte-clefs tendance

Voilà, voilà. Vous voyez, même malade, on n’oublie pas de s’amuser.

Pour acheter le matériel nécessaire à la réalisation de toutes ces bêtises, j’ai dû me rendre dans un magasin de beaux-arts (rue des Étuves). Je dois avouer que j’ai été, et demeure, fort troublé par le manque d’une thématique claire quant aux noms des différents formats des papiers existant :

formats

Allez, sur ce, je vous fais pas la bise, je suis contagieux, et à demain.

#124 – Le grand ménage d’été

Tous les trois mois, je fais le ménage. C’est qu’il s’en accumule de la poussière derrière les meubles en tout ce temps. Surtout quand on habite une ville faite de pierre calcaire dans une région venteuse. Encore ai-je la chance de posséder très peu de meubles. Oh, la poussière s’accumule quand même, elle n’est pas regardante sur la déco, mais on la voit au premier coup d’œil. Et sans la voir on la sait présente en masse aux crises d’éternuements qui se rapprochent de plus en plus les unes des autres. Je vous en parle parce que je viens d’y passer cinq heures. Je n’en peux plus. Je suis rincé. Heureusement que je ne suis pas homme de ménage, sinon vous y auriez droit chaque jour. En y réfléchissant bien, ça ne m’aurait pas dérangé d’être homme de ménage. Je veux dire d’un point de vue littéraire, bien sûr. J’aurais pu vous faire la description des lieux de vie de chaque employeur. Celui-ci collectionne les bibelots de type art colonial, un fusil est suspendu au dessus de la cheminée, juste sous la tête de phacochère. Celle-là se fait des rideaux anti-moustiques en capsules de bière, et son placard produit de la lumière. Non, au final, je décris très mal. Ç’aurait été terrible à lire. Vous avez définitivement de la chance que je ne sois pas homme de ménage.

mtp88
Photo par Gwlad (avenue de Maurin)

Je viens de faire une petite pause dans l’écriture de mon texte. J’avais écrit au moins dix phrases, j’en avais bien besoin, vous vous rendez pas compte. J’ai ressenti l’envie d’aller marcher une petite heure au soleil. Voilà qui est fait. Mes batteries sont rechargées. Au cours de ma promenade j’ai acheté des pommes, des abricots et des jeux vidéo. Comme j’habite dans un quartier dont la population est dans sa majorité d’origine maghrébine, il y a beaucoup de gens qui font le ramadan. J’ai donc dû goûter les abricots pour un monsieur qui voulait savoir s’ils étaient bons mais n’avait pas le droit de manger. Plus de la moitié était pourrie ou bouffée des vers, mais les autres étaient bons. Les pommes ça allait, il avait confiance, et puis j’allais pas me faire une salade de fruit devant une dizaine de personnes qui se retiennent de bouffer depuis ce matin et pour encore quelques longues heures.

Pour les jeux vidéo, c’est parce que je suis passé devant cash converters. Je n’achète que des jeux à moins de 5€, d’une parce que je n’ai pas d’argent, et de deux parce que je sais très bien que je ne les finirai jamais, alors je vais pas me ruiner pour ça. Je n’arrive pas à jouer plus de dix heures à un jeu vidéo. Ça m’ennuie très vite, mais j’aime bien découvrir à chaque fois un nouvel univers, une esthétique visuelle et musicale, des personnages… Un jour je ferai peut-être une chaîne youtube de gaming où je testerai les quinze premières minutes de chaque jeu de plus vingt ans. J’ai quand même des remords à acheter quoi que ce soit à cash converters. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, si vous voulez vendre votre ordi, vos livres, vos instruments ou vos consoles et jeux, vous passez par leboncoin. Si vous allez à cash, c’est que vous avez vraiment besoin d’argent tout de suite. Qui voit-on le plus souvent vendre leur matos dans cette boutique ? Les héroïnomanes, les alcooliques et les personnes constituant les couches sociales les plus fragiles. Alors bibi le bobo va se chopper à pas cher ses petits jeux dans une boutique qui fait son beurre en rachetant une misère tout un tas d’objets volés, parfois aux gamins de sa propre famille ? Oui. Ce que je viens de dire sur les objets volés, c’est pas pour faire des généralités sur la drogue, c’est arrivé dans mon entourage très proche. Heureusement, je le dis aussi parce qu’il faut le dire plus souvent, on peut s’en sortir de ces situations. Enfin bref. Je suis pas fier. J’ai du mal à accepter que la misère des autres me profite. Mais je les ai quand même achetés, ces jeux auxquels je jouerai pas.

Allez je crois que ce sera tout pour aujourd’hui. Un jour j’essaierai de ne plus digresser, mais ce jour-là n’est pas venu. Bonne soirée !

#117 – Oisiveté chérie, où es-tu partie ?

Aujourd’hui, c’était censé être repos. Ça l’est pas vraiment. J’ai du sommeil en retard. Beaucoup. Je dois courir à gauche à droite, mais surtout à gauche, tous les jours. Passer d’une activité à l’autre, des choses sans aucun rapport. Ma vie sentimentale n’est plus un désert, je pense que ça me donne la force d’être aussi actif en ce moment. Mais ça ne me laisse pas plus de temps pour roupiller. Encore ce matin, réunion jusqu’à midi. Ce soir, bouclage du Numéro 0.30. Entre les deux, il faut que je consulte toutes les participations au magazine je n’ai pas eu le temps de le faire avant. Je ne fais que des choses que j’aime faire dans la vie. C’est une chance que peu de gens ont. Oui, mais là, je suis crevé. Je ferais bien une pause dans les choses que j’aime bien faire. Une journée. Une seule journée ne rien faire du tout. Dormir beaucoup.

Où je veux en venir ? Vous savez très bien où je veux en venir, vous me connaissez. Je vais mettre un beau ruban autour de ce gros paquet d’excuses, faire un petit nœud dessus, et je vais vous l’offrir avec un grand sourire en vous disant que ce sera tout pour moi aujourd’hui : je n’ai pas le temps de m’occuper du blog. Encore une fois je laisse Gwlad vous divertir à ma place avec la photo du jour.

mtp84
Photo par Gwlad (rue Paul Brousse)

Portez-vous donc bien, et à demain ! Demain j’aurais le temps, parce que demain je ne fais rien. À part le blog du coup et… Ah non, ça ne marche pas ça… En plus j’ai des e-mails à envoyer pour l’association et… pffff. À demain.