#008 – Le bağlama, ça c’est makam

Et oui. Voilà qu’il y a un mois j’achetais un bağlama, instrument d’origine turque de la grande famille des saz. J’adore. Parmi ses particularités les plus notables, trois chœurs de deux, deux et trois cordes, ainsi que quelques frettes insérées entre deux de celles qu’on trouverait habituellement sur une guitare, par exemple, et qui permettent de jouer des intervalles de quarts de ton. Je reprends pour ceux·elles qui ne sont pas musiciens·nes mais qui aimeraient quand même comprendre.

  • Les chœurs :

Sur certains instruments, les chœurs désignent des ensembles de cordes, en général très rapprochées les unes des autres, et qui sont accordées entre elles à l’unisson ou à l’octave, c’est-à-dire sur la même note, ou la même note mais l’une plus grave et l’autre plus aigüe. Je vois que c’est pas clair pour certains. Chantez « Do Ré Mi Fa Sol La Si Do » Le premier et le dernier Do sont tous les deux des Do, mais à une octave d’écart. Deux cordes accordées l’une sur le premier, l’autre sur le second Do, sont accordées à l’octave. Si les deux cordes de votre chœur sont accordées sur le premier Do, ou toutes les deux sur le deuxième Do, elles sont accordées à l’unisson. Vous avez maintenant compris la distinction.

  • Les quarts de ton :

Maintenant qu’on a vu ce qu’était une octave ce sera plus simple. Quand vous avez chanté Do Ré Mi Fa Sol La Si Do, vous avez chanté une gamme majeure. C’est-à-dire une sélection de notes parmi celles qui se trouvent entre ces deux Do. Cette sélection donne une certaine couleur aux morceaux qu’on pourrait composer en se servant de ces notes uniquement. Sept notes différentes, la huitième, c’est l’octave. Huit, octa-, octo-… voyez le machin ? Prises ensemble, ces sept notes choisies forment une gamme ou un mode. Mais quelles sont-elles ces notes qui séparent les deux Do et parmi lesquelles on a choisi les sept formant la gamme majeure ? On recommence et on les intègre : Do Do# Ré Ré# Mi Fa Fa# Sol Sol# La La# Si Do (on met des dièses, on aurait pu mettre des bémols, c’est —presque— pareil). Combien vous en comptez maintenant ? Douze ! Et la treizième, c’est l’octave, par rapport à la première. On appelle parfois ces douze notes la gamme chromatique. Elle contient les douze notes que la musique traditionnelle européenne de l’ouest retient comme les subdivisions d’une octave. Pensez musique classique. Chacune de ces notes est séparée de la suivante d’un intervalle d’un demi-ton. Une octave est donc composée de douze demi-tons. Sur une guitare, toutes les frettes (les barres qui délimitent les cases, en neuneu) sont placées de façon à partitionner le manche en intervalles réguliers de demi-tons. Mais qu’est-ce qui nous empêche de diviser encore ces intervalles en deux ? Rien. Ajoutez une frette entre deux déjà présentes sur un manche de guitare, vous avez maintenant accès à un intervalle de quart de ton. Les quarts de ton sont utilisés dans plusieurs genres musicaux dans le monde, notamment dans les musiques arabes, turques et des Balkans. Dans les musiques traditionnelles ou folkloriques arabes et turques, les gammes, ou modes, sont appelés·ées maqâms (arabe), ou makams (turc).

Le bağlama, disposant de quelques frettes bien placées, permet de jouer des intervalles de quarts de ton et donc certains makams qu’une guitare (ou basse, ukulele…) ne nous permettrait pas de jouer.

Voilà. Dites-donc on est partis·es loin. Revenons à Montpellier un instant.

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Photo par Gwlad (rue Galavielle)

Il y a dans notre bonne ville aux murs blancs, une petite boutique à la devanture bleue. Le Studio Musical que ça s’appelle. Beaucoup d’instruments, et même des trucs assez originaux. Je vous dirais bien d’y aller, commerce de proximité, pas faire crever le petit magasin du coin, tout ça, mais non. Désolé. C’est pas ce que je vais vous dire. Pas du tout.

N’allez pas dans cette boutique. Vraiment. Regardez dans la vitrine, et allez acheter votre instrument ailleurs. À moins de vouloir acheter de la merde à bas prix et de vous en fiche vraiment de l’attitude du quart de ton qui va vous recevoir dans sa boutique. Là vous pouvez y aller vous ne risquez pas grand chose. Mais si vous voulez avoir une vraie discussion avec le vendeur, prendre le temps d’essayer confortablement les instruments un peu plus chers, vous faire conseiller longuement et sans vous faire pipeauter pour ne pas investir votre argent durement gagné, économisez-vous la déception et la haine qu’un pas chez ce clown ne manquera pas de susciter chez vous, restez sur le trottoir.

Oh, le nombre de fois où, quand j’étais encore musicien débutant, il m’a dit qu’un instrument était neuf… Neuf peut-être mais tombé en magasin alors, ou sans doute utilisé et pigné par lui, ou son groupe de musique irlandaise d’ailleurs bien mauvais. On remarque l’éclat sur le vernis, le pet sur le chevalet, les cordes pas du tout neuves comme promis, une fois rentré·e chez soi. Après tout, un commerçant qui sait vous mentir les yeux dans les yeux, au point que vous lui fassiez confiance en débutant·e que vous êtes, n’est qu’un demi ton. Car ça peut lui rapporter des ronds facile, même si pas longtemps.

La meilleure, c’était il y a un peu plus d’un mois, je me tâtais justement entre bağlama et bouzouki. Je commence à lui poser des questions sur les différences entre bouzouki irlandais et grecs, le mec me répond à peine, je sens que je le fais chier, il me mate comme si j’étais un blaireau qui aurait dû avoir la science infuse, m’apercevoir tout seul des différences après avoir eu les deux instruments cinq minutes en main chacun. Il est pas capable d’expliquer, de décrire. Ou s’il est capable il a pas envie. C’est pas la première fois qu’il me fait ça, en plus des trois, quatre fois où il m’a menti. Ce mec. Ce vrai ton, ce ton total. En huit ans je lui ai acheté un ukulélé, une bombarde, un melodica, une mandoline, une flute traversière, un violon, une basse électrique, un dulcimer, mes cordes et mes médiators. Ce tonnard, ne prend pas cinq minutes pour causer. C’était la dernière fois que passais la porte de sa boutique de merde. Je ne peux que vous recommander d’en faire autant. En discutant un peu de cette boutique en soirées, je me suis rendu compte que bien d’autres ont vécu des situations similaires chez lui. Pour dire, ça ressort même dans les avis Google auxquels, pour une fois, je fais confiance.

Tant pis pour le petit commerce.

Vacherine Blaigière

(Oh, ça va, je vois bien que ça ne marche pas non plus. J’essayais un nom féminin, au cas où ça passerait mieux. Mais non. Définitivement, les pseudo c’est sur-chaud à trouver)

P.S. : Vous aurez remarqué que je n’ai pas mentionné Delfeil de Ton une seule fois aujourd’hui, malgré le contexte opportun. Y avait déjà un jeu de mot dans le titre, ça aurait fait surcharge.

#007 – J’ai rien contre les lundis, mais si on pouvait vite passer à demain ça m’arrangerait

C’est lundi. Il pleut. J’ai eu du monde à l’appart non-stop tout le week-end, c’est la première fois que je me retrouve seul depuis jeudi dernier. Je ne sais pas si je dois faire ma petite déprime ou profiter de ce répit pour me créer une ambiance cozy à base de thé bien chaud, de couettes et de jeux vidéo. Allez, va pour la seconde option. Y en a qui ont dû se lever aux aurores pour aller bosser, traverser la ville sous la flotte, se faire éclabousser par des voituristes crétins, c’est ça la vraie déprime. J’ai quand même un peu de travail à fournir pour les asso, mais je crois que ça attendra la fin d’aprem.

C’était l’épisode, vous n’en avez rien à carrer de ma vie mais je m’en fous je vous en parle quand même. Et pourquoi ? Parce que je ne sais pas quoi raconter aujourd’hui. Quel blogueur médiocre. Tout ça parce que j’ai pas envie de vous parler de modes vestimentaires dans lesquelles dépenser votre fric, de tendances maquillages dans lesquelles balancer votre pognon, de produits culturels dans lesquels dilapider votre pactole, de restaurants et cafés dans lesquels vider votre bourse. Un jour j’écrirai un billet sur ces blogueurs·euses, youtubeurs·euses et prétendus·es journalistes qui passent leur vie à nous vendre des choses et des machins sous prétexte d’enrichir nos connaissances, et qui transforment en vérité notre quotidien en émission de téléachat sans fin, qui pensent par la culture fuir cette société oppressante, alors qu’ils apportent par milliers et tous les jours leur brique à la société de consommation, avec comme recette quasi unique du bonheur : l’achat. Oui, un jour je rédigerai un article du genre, quand j’aurais le temps et la motivation. Ce sera peut-être avant, peut-être après celui sur le texte de Delfeil de Ton. Si vous n’avez pas compris pourquoi cette dernière phrase était drôle c’est que vous n’avez pas lu mes billets précédents. Faites un effort aussi, on va pas s’en sortir sinon, d’autant qu’il n’y en a que six pour l’instant, de billets.

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Photo par Gwlad (rue du Grand Saint Jean)

À propos de Delfeil et d’écriture militante tout de même, on soulignera que depuis le début de ce blog je me tiens à intégrer systématiquement l’écriture inclusive dans mes articles, faisant des efforts pour trouver une manière originale de faire apparaître autant le féminin que le masculin. On remarquera également que ça reste encore très souvent illisible et qu’il ne semble pas y avoir de bonne solution. La langue française est vraiment chiante. J’avais pas besoin de ça pour écrire brouillon.

Est-ce que j’ai parlé de Montpellier ? Non, j’en ai pas parlé de Montpellier. Mais qu’est-ce qu’il y a à dire, hein. Aujourd’hui, il pleut, il fait froid, restez chez vous. Sinon d’une vous allez choper la crève, et de deux, vous allez marcher sur des escargots. Vous voulez vraiment marcher sur des escargots, hein ? Écraser leur maison ? Les écrabouiller en dessous ? Entendre le crac et imaginer tous les petits bouts de coquille piquantes, coupantes, qui leur rentrent dans la chair, juste avant que la pression de votre semelle ne crève leurs flancs et envoie leurs entrailles valser à des millimètres de là, dans un grand squiiiiish ? C’est ça que vous voulez ?

Hum. Désolé. Aujourd’hui, j’ai l’humeur du temps qu’il fait.

#006 – Le dimanche à Montpellier, c’est le jour de balayage

Le dimanche matin à Montpellier, on peut dire : soit que les rues sont vides, soit qu’elles sont pleines de merde. Ça dépend de comment on voit le verre, et selon que c’est un verre d’eau ou de mojito.

Si vous vous baladez à l’extérieur de l’Écusson avant 13h, alors la ville est à vous. Les chances de rencontrer un·e flâneur·se sont quasi nulles, et si vous en rencontrez un·e, c’est sans doute votre reflet dans la vitrine d’une boulangerie fermée. Même au centre ville, si vous évitez la place de la Comédie et la rue de la Loge, vous pourriez rester le nez collé sur votre portable sans trop risquer vous emboutir dans un·e autre lève-tôt. Mais ce serait quand même dommage de ne pas lever les yeux. Ces petits matins calmes sont idéals pour lancer son regard au loin et voir la ville comme elle est, sans le mouvement parasitaire des foules. On redécouvre vraiment les lieux quand ils baignent dans le silence, si rare en semaine.

Ce que vous ne manquerez pas de voir non plus, se sont les trottoirs dégueulasses où s’étalent vomis et coulures de pisse, contenus de conteneurs à l’air libre qui volettent, tessons verts et taches rouge coagulé. Demain est un jour nouveau, à condition qu’on n’ait pas à emprunter les rues de la veille qui, ayant bien tout consigné, au cas où vous auriez un trou de mémoire, vous rappellent vos instants les plus honteux et vos gloires les plus vaines. Enfin, on est presque tous·tes passés·ées par là. Ne vous flagellez pas pour si peu. Dès lundi, tout aura été emporté par Nicollin. Véritable père Noël inversé qui, du plus haut des cieux, envoie ses petits elfes vert et jaune emporter par milliers les cadeaux qu’on s’était offerts la nuit précédente. Le père Dimanche en quelque sorte.

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Photo par Gwlad (avenue du Pirée)

Par contre, si vous voulez voir du beau linge ces matins-là, vous pouvez toujours aller faire un tour à la brocante du Peyrou. C’est là que vous pourrez observer les antiquaires et brocanteurs des abords de la rue Foch vendre leurs vieilleries aux divers avocats, notaires, commerçants et nobles des abords de la rue Foch. Après tout c’est une place royale, une place royale en bas de chez eux, ils n’ont pas à marcher très loin. C’est pratique en revenant de la messe, ou quand le Krug reste encore un peu sur l’estomac. C’est un peu comme un vide-grenier dans leur jardin. On peut les voir s’acheter pierres et jouets les lendemains de Perrier-Jouët. Attention, on chine avec les yeux, pas avec les doigts. Cassé c’est payé, et clairement ce n’est pas dans votre budget.

Non je suis pas jaloux.

Louis Frêche

Georges Nicollin

Et puis merde. On verra plus tard pour le pseudo.

#004 – Nan, j’vois pas…

Mais si, vous voyez. La médiathèque Émile Zola, je vous dis ! Tout le monde connaît, voyons. Juste en face de la piscine Olympique d’Antigone. Toujours pas ? C’est pourtant un immeuble qui se remarque, vous avez de la merde dans les yeux ou bien ? Ah, mince… Vous êtes aveugle… Bon, et bien je suis un peu étonné que vous soyez tombé·e sur ce blog pour commencer, mais pourquoi pas. Avec ces nouveaux assistants Google et autres Siri, c’est ma foi bien possible. J’aimerais entendre un de ces robots lire mes articles, ça doit être imbitable. Déjà que. En tout cas, vous tombez bien. Enfin j’espère que vous tombez bien, ça doit être vraiment casse gueule d’être aveugle, il doit falloir apprendre à chuter comme il faut et même à faire une sorte de petite roulade pour amortir le choc, comme en Aïkido. Mais je digresse encore. Vous tombez bien, disais-je, j’allais parler des films diffusés en audio description à la médiathèque Émile Zola. Quelle coïncidence !

C’est une fois par mois environ et c’est gratuit, même pas besoin d’être abonné·e. Pour le programme, vous pouvez le trouver sur internet. Pas dans le livret version papier disponible un peu partout. Étrangement, pour des raisons de droits, ils ne peuvent pas mettre tous les films sur les plaquettes. Pas que ce soit legal pour certains films et pas pour d’autre, c’est juste qu’il faut payer des droits d’auteurs pour les titres et les images, et que financièrement ce ne serait pas tenable. Rendez-vous donc sur internet pour connaître le programme. Faites quand même attention, à la salle Jean Vigo, de l’annexe Fellini, il ne font plus l’audio description, ni à Celleneuve ou autre, c’est seulement à Émile Zola, dans le petit auditorium.

Hmm, oui. Oui, oui. En effet. Hmm. Je vois. Enfin, je comprends… Pour aller voir écouter le film, il faut déjà vous y rendre, à Émile Zola, et vous ne savez pas où c’est. Ne vous en faites pas, je sais donner de ma personne. Pour vous j’ai testé le trajet Comédie – Émile Zola les yeux fermés. Suivez le guide. Pour une fois ce n’est pas un chien. Vous pouvez lui donner du chocolat pour le remercier.

Alors, on imagine que vous arrivez en tramway à la Comédie. Déjà pourquoi ne pas vous être arrêté·e plus près de la médiathèque ? Vous n’y mettez pas beaucoup du votre je trouve, mais admettons.

  • Vous arrivez à l’arrêt Comédie. Si vous venez de la Mosson, en sortant sur le quai avancez vous un peu jusqu’à être sur la Comédie, puis tournez sur votre droite. Si vous venez d’Odysseum, une fois sur le quai, faites un demi-tour sur vous-même, traversez les rails et, arrivé·e sur la Comédie, tournez sur votre gauche.
  • Avancez maintenant tout droit en battant bien l’air de votre canne juste devant vous et le plus fort possible afin que les passants s’écartent. Au bout d’un moment, vous devriez vous cogner contre un mur et entendre quelque chose du genre : « Bienvenue. Willkommen. Bienvenidos. 18€ la visite. 300€ la maquette de tram. » Vous êtes à l’office du tourisme.

(Attention, si vous ne vous cognez pas contre un mur au bout de 5 minutes grand maximum, c’est que vous avez pris l’esplanade Charles de Gaulle. Au bout il y a un grand escalier, et bon, je serais vous j’irais pas compter combien qu’il y a de marches.)

  • Une fois à l’office du tourisme, tournez sur votre droite et avancez. Si tout se passe bien, vous devriez sentir, venant de votre droite, l’odeur des glaces Häagen-Dazs. Essayez de ne pas gerber. Avancez encore. Depuis votre gauche vous entendrez certainement des gémissements glaçants émanant des geôles de la secte France Loisir. C’est terrifiant, ce sont tous les braves lecteurs du dimanche prisonniers. On aimerait les sauver, les tirer de là, mais passez votre chemin, ils ont signé, vous ne pouvez plus rien pour eux. Continuez d’avancer. Faites attention à ne pas trébucher sur la mamie de l’est à genoux de jour comme de nuit, front contre le sol, tête entre les épaules, petit panier tendu du bout de ses bras maigres. C’est un coup à s’emmêler les guiboles dedans.
  • En allant tout droit, vous entrez au Polygone. Prenez tout ce qui vous tombe sous la main et enfouissez-le sous votre manteau. Attendez que les vigiles vous emmènent à la sortie.
  • À la sortie, attention. Il y a une annexe de la médiathèque ici, mais ce n’est pas à celle-ci que vous devez vous rendre. Enfin, de toute façon, comme vous ne pouvez pas la voir vous ne serez pas induit·e en erreur. Quelle chance. Continuez tout droit.
  • Au bout d’un moment, vous allez sentir comme une fraîcheur, comme une humidité, c’est que vous venez de traverser la fontaine de la place du Nombre d’Or. Continuez toujours.
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Photo par Gwlad (place du Nombre d’Or)
  • Vous allez traverser une route. Fiez-vous aux klaxons. Continuez.
  • Encore une fontaine.
  • Encore une route.
  • Vous sentez une odeur de chlore ? Vous y êtes ! La piscine est à votre droite. La médiathèque à votre gauche.
  • Entrez dans le bâtiment, si vous tombez sur un ascenseur, montez à l’entresol, juste avant le premier étage. Pas d’inquiétude, il y a un « E » en relief sur le bouton. Si vous tombez dans l’eau, c’est que vous vous êtes mélangé la gauche et la droite à l’étape précédente.
  • En sortant de l’ascenseur. Tournez sur votre gauche. Allez tout droit. Ouf, ça y est, vous y êtes dans le petit auditorium. Prenez un siège et profitez du film.
  • Pour le retour, démerdez-vous.

#003 – Jamais deux sans trois mensonges, voire quatre ou cinq.

Décidément, on ne peut pas me faire confiance. Je n’arrive plus à compter mes trahisons envers vous, lecteur·rice. Dans le premier billet, je vous disais que j’allais me trouver un pseudonyme correct au prochain message, puis plus de nouvelles (rendez-vous à la fin de celui-ci pour voir si je me suis débiné une fois de plus). Je vous ai également dit que j’arrêtais de fumer des cigarettes, mais hier j’en ai taxé une demi-douzaine, et je crois honnêtement qu’ont peut utiliser ce terme même lorsqu’on ne fait pas référence à une quantité d’œufs. Je disais aussi vouloir vous parler du fameux éditorial de Delfeil de Ton, et là encore, silence radio de ce côté. Enfin, et c’est peut-être le pire, je vous disais qu’il ferait le même temps que la veille, gros soleil, grand ciel bleu, me contentant comme nouvelles de la ville de jouer fadement la miss météo, et donc non seulement je ne vous ai rien raconté de bien intéressant, mais en plus il a fait un temps de merde toute la journée. Je crois que c’est un signe, je ne parlerai plus de la météo. Ah, par contre, pour lever toute méprise, ne pensez pas que dans le sous-titre du blog : « Montpellier, le monde et moi » j’ai voulu établir Le Monde, le journal, dont je parle des correcteurs·rices dans mon tout premier article, comme l’un des thèmes du blog. Ce n’est pas le cas. Certains auraient pu se sentir lésés (retenez bien ce terme si ce n’est pas fait, très utile en mots fléchés) pour de mauvaises raisons. Comme ce ne sont pas les bonnes qui manquent, ç’aurait été dommage. Traitez-moi de blogger bidon, okay, mais ayez la décence de vous justifier correctement.

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Photo par Gwlad (rue du Grand Saint Jean)

Là j’ouvre un nouveau paragraphe pour aérer un peu mais, normalement, je ne devrais pas. Vous savez ce qui est le pire dans tout ça ? C’est que ce n’est sans doute pas aujourd’hui que je vais rétablir ces faiblesses, ces paresses, ces mollesses, poil au fesses. Mes excuses à ceux·elles qui n’aiment pas les poil aux, mais j’ai cru sentir qu’on ne rigolait pas assez dans cet article, alors hop ! un peu d’humour.

Ah ! En parlant d’humour ! J’ai rencontré dimanche dernier, sur le tournage du court métrage d’un ami, deux comédien.iennes qui sont actuellement au théâtre pour jouer leur pièce. Et oui, vous êtes bluffé·e, vous ne saviez pas que je faisais du cinéma. En vérité, je n’étais là que comme figurant, mais hier, je l’ai été, acteur. Enfin… Acteur… Cinéma… bon, j’y reviendrai bientôt, c’était juste pour vous laisser imaginer que j’étais une personne plus importante que je ne le suis en réalité, on fidélise son lectorat comme on peut. De toute façon on n’en est plus à un petit mensonge près. C’est fou ce que je digresse, ça doit être désagréable à lire. Revenons au comédien et à la comédienne, leur pièce se joue actuellement au Kawa Théâtre, leur spectacle s’appelle Mariage d’enfer, et il et elle m’ont dit que c’était drôle, moderne et sans grossièreté. Personnellement, je n’ai rien contre les grossièretés, mais tant pis on fera sans pour cette fois. Je n’ai toujours pas vu la pièce, mais je compte bien y aller, et de toute façon je leur ai dit que je viendrais, pour qui va-t-on encore passer si on ne tient pas ses promesses… Je vous avoue qu’à voir l’affiche seulement, ça ne m’aurait pas tenté. Je n’y serais pas allé si je ne les avais pas rencontré·es et vu·es jouer plusieurs fois en fait, car j’ai aussi fait la bande-son d’une web-série dans laquelle jouent ces deux-là (vous remarquerez également que je suis un peu couteau suisse à l’occasion, mais genre la contrefaçon, celui qui casse en deux jours), et ce sont mes comédiens·iennes préférés·ées sur la vingtaine que la série compte. En plus, c’est elle, Céline Cara, qui a écrit la pièce, et je suis toujours curieux de découvrir la façon d’écrire des uns·es et des autres. Lui, c’est Kevin Bourges au fait, étant seulement deux je ne vais pas citer l’une sans l’autre, ce serait une économie mesquine.

Bon je résume les infos sur cette pièce parce que je sens bien qu’une fois de plus je me suis éparpillé. Au Kawa Théâtre, les 1er (c’est ce soir), 2, 3, 7, 8 février. Dépêchez-vous donc, c’est bientôt terminé. La pièce s’appelle Mariage d’enfer. Il et elle jouent bien, et la pièce est écrite par elle. Je pense que j’irai le mercredi 7, le lendemain de la soirée ciné-débat sur la prévention du suicide au Diagonal, histoire de me changer un peu les idées.

Voilà, c’est bien assez de bla bla confus pour aujourd’hui. Merci l’écriture inclusive de ne pas nous aider. Bises à tous et à toutes, et à demain.

Nostradanus

(Non, okay, toujours pas ça niveau pseudo, et on va sans doute s’éviter les jeux de mots. Pour les quelques un·es qui ne le sauraient pas Nostradamus est censé avoir étudié la médecine (astrologie, saignées et mélanges d’herbes à l’époque) à l’université de Montpellier qui, si je ne me trompe pas, fut la première à être ouverte en Europe. Ce blog a trois jours seulement et il est déjà bourré d’approximations, à l’heure d’internet, alors qu’en trois clics… c’est vraiment honteux.)

#002 – Je vais toujours très bien, mais vous, vous tirez une sale gueule.

Hier, vous n’étiez pas très nombreux·ses à venir lire ce blog. Vous n’étiez même aucun·e. Ce n’est pas très sympa. C’est comme ça que vous encouragez les jeunes écriveurs·ses ? Enfin, je ne vous en veux pas. Promettez-moi simplement que vous ne le referez plus et passons.

Heureusement pour vous, la météo n’a pas changé, mes conseils d’hier marchent toujours aujourd’hui, ce n’est pas le gâchis total auquel on aurait pu s’attendre (enfin selon Météo France, à l’heure où j’écris il fait encore nuit). Allez donc lire ça, je vous attends ici. Mieux ! Voyez comme en auteur modèle, je suis moi-même les conseils que je vous donne : je relis rapidement ce que j’ai écrit en vitesse hier. Sans surprise, c’est vraiment pas terrible. Ni au niveau du style, ni à celui du contenu. Je ne vois pas bien pourquoi vous viendriez ici si je n’intègre pas plus d’informations concernant les évènements un peu cools à venir à Montpellier. Par exemple, mardi 6, au cinéma Diagonal, rue de Verdun (celle qui part de la Comédie, côté carrousel) : projection-débat organisée dans le cadre de la journée de la prévention du suicide 2018. Si c’est pas cool ça ! Je ferai un compte-rendu pour ceux qui n’auront pas eu la chance de s’y rendre. Moi, c’est sûr, j’y serai ! Allez pas croire que j’ai l’envie de me suicider (je vous l’ai dit, je vais très bien) mais c’est un sujet qui m’intéresse. Je fais partie d’une association par laquelle je suis en contact avec une population à risque, comme on dit dans ces milieux.

Par contre, si vous l’avez, cette envie de vous supprimer, dites-vous que c’est déjà pas mal. Au moins vous n’avez pas l’envie de rien, ce qui est souvent le cas chez les suicidaires. Quoi qu’on pourrait appeler l’envie de mourir l’envie du rien, mais est-ce vraiment le moment de philosopher alors que déjà la lame du rasoir vient projeter une ombre inquiétante sur vos doux poignets ? Qui sait ! En attendant, une technique éprouvée pour vous sentir mieux : arrêtez de picoler, arrêtez de fumer, joints et cigarettes idem. Si vous n’êtes pas déprimé·e vous pouvez continuer. Veinard·e. Moi j’ai dû tout arrêter. J’ai arrêté de picoler en novembre dernier, ça me rendait beaucoup trop triste. J’ai arrêté de fumer des joints tout début janvier, ça m’ôtait toute confiance en moi. J’ai arrêté les clopes hier. Ça coûtait bien trop cher, et puis sans cannabis dedans, franchement, quel intérêt ? Évidemment, pour que cette technique marche, il faut que vous soyez au minimum dans l’une de ces trois pratiques. Si ce n’est pas le cas, il est peut-être temps de vous y mettre pour mieux arrêter par la suite.

Bon, je sens bien que si vous avez vraiment l’intention de vous jeter par dessus le balconnet, de vous égorger à la ficelle à rôti, de vous éparpiller le cervelet à la carabine, les conseils que je viens de vous prodiguer ne vous aideront pas beaucoup. Voilà donc ce que je vous propose :

  1. attendez au minimum le jeudi 8 février, que j’aie le temps d’assister à la projection-débat et de vous en faire un petit résumé, on ne sait jamais, il pourrait en sortir deux ou trois conseils utiles (je ne promets rien) ;
  2. si vous pouvez dégoter une invitation par une quelconque association, ou que le soir même les portes sont ouvertes, venez en personne. En plus des conseils, vous verrez du monde, ça vous fera peut-être du bien ;
  3. quoi qu’il en soit, parlez-en tout de suite à quelqu’un dans votre entourage, proche ou pro (ou bénévole, c’est utile ces bestioles-là, pouvez pas savoir !).
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Photo par Gwlad (rue Dom Vaissette)

Allez, assez parlé de vous. Comme vous ne l’avez pas remarqué hier puisque vous n’êtes pas venu·e, cher·ère lecteur·rice, j’ai changé le sous-titre du blog. Auparavant, c’était « Moi, Montpellier et autre chose qui commencerait par « Mo » et ferait une très belle allitération », et c’était assez drôle. Si, si, je le sais, ne vous empêchez pas de rire par souci des conventions. Comme vous ne vous en êtes donc pas aperçu·e, j’ai modifié tout ça non sans un pincement au cœur de voir ce bon mot s’en aller à jamais. C’est pourquoi je l’immortalise ici. Ç’aurait été dommage de ne pas en faire profiter les générations futures. Je l’ai donc, disais-je, remplacé par une autre formule, moins originale mais qui me permettra de justifier absolument tout ce que je pourrais bien vouloir caser dans ce blog : « Montpellier, le monde et moi ». Vous avez peut-être remarqué que l’ordre des éléments n’a pas été choisi au hasard, on part du plus spécifique, et on ouvre peu à peu sur l’universel.

#001 – Vous allez bien ? Moi non plus.

Premier titre, premier mensonge. Je vais extrêmement bien. J’espère ne pas trop vous décevoir, mais je le trouvais pas mal, ce titre. C’est assez accrocheur, non ? Je le pense aussi, merci.

J’ai quand même un peu honte. Je vous imagine, lecteur·rice, déprimé·e (oui, un de ces jours on fera le point sur ma façon d’inclure l’écriture inclusive à mon écriture, mais chaque chose en son temps — j’ai aussi envie de vous parler de l’édito de Delfeil de Ton dans L’Obs du 11 au 17 de ce mois-ci, concernant un sujet voisin, ainsi que des remous qu’il a provoqués sur le blog des correcteurs et correctrices du Monde —, en attendant vous pouvez toujours laisser une insulte dans les commentaires si ça vous démange trop), errant de pathétiques subreddits en hypocondriants sujets doctissimos, tombant finalement par hasard sur ce blog, sur ce post, sur ce titre : « enfin ! » pensez-vous, déjà à moitié soulagé·e de votre misère, anticipant comme il va-t-être bon de communier dans la dépression à la fois si lointaine et si familière d’un auteur inconnu. Et puis bon, non. Au final ce con-là va très bien. Vous voilà bien seul·e avec votre mal-être. Faudra vous faire une raison. Ah ! La frustration ! Oh ça va hein. Arrêtez vos chichis cinq minutes. J’ai dit que j’avais un peu honte, je ne vais pas faire pénitence le restant de mes jours parce que vous n’êtes pas capable de vous prendre en main tout·e seul·e. Décidément, ça commence bien.

Si vous êtes à Montpellier, commencez déjà par aller faire un tour dehors, ça vous fera du bien. Prenez la peine d’ouvrir vos volets et vous verrez qu’il y a un grand soleil, que le ciel est d’un bleu parfait. Selon Météo France, il fait 15°C. On est quand même le 30 janvier. Si ça, ça ne vous remonte pas un peu le moral, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

Si vous n’êtes pas à Montpellier, définitivement, c’était pas le bon jour pour tomber sur ce blog… désolé.

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Photo par Gwlad (vue du tram)

En parlant du blog, je ne sais pas encore exactement ce que je vais en faire. J’ai mis « Montpellier » dans le nom parce que ça me titillait d’en parler de plusieurs manières, mais il est possible que la ville ou les évènements (vous avez quelque chose contre le « è » ? Bon. Alors.) qui s’y dérouleront n’y tiennent pas une très grande place. Il est aussi possible qu’aucun des billets que j’y posterai ne soit pourvu d’un quelconque intérêt, c’est pourquoi j’ai également mis « rien ». On pourrait aussi penser que c’est une contraction de « Montpelliérain » et de « galérien », deux termes qui me sont parfaitement applicables. Je vous laisse choisir l’explication que vous préférez.

Bon, ce fut un court mais néanmoins charmant premier contact, j’espère vous revoir bientôt. Là il faut vraiment que je file.

Jean-Claude

(Je ne m’appelle pas Jean-Claude, mais je n’ai pas encore décidé de mon pseudonyme et je n’en ai vraiment pas le temps maintenant, on verra ça au prochain billet.)