#118 – Ha, tu es là !

Je te retrouve enfin, oisiveté ! En ce dimanche grisouillant. Viens-là que je t’embrasse. Oui. Comme je l’avais dit : ce dimanche, je ne fais rien. Rien de rien. Enfin. Un peu de musique, et puis je rejoue à quelques vieux jeux vidéo. Mais en tout cas je ne rédige pas une note de blog. En plus, ne comptant pas sortir de chez moi aujourd’hui, je rate le dernier jour de l’expo de Willem. Je ne peux donc pas vous en parler. Vous voyez, vous n’avez rien à regretter. Allez, à demain.

#117 – Oisiveté chérie, où es-tu partie ?

Aujourd’hui, c’était censé être repos. Ça l’est pas vraiment. J’ai du sommeil en retard. Beaucoup. Je dois courir à gauche à droite, mais surtout à gauche, tous les jours. Passer d’une activité à l’autre, des choses sans aucun rapport. Ma vie sentimentale n’est plus un désert, je pense que ça me donne la force d’être aussi actif en ce moment. Mais ça ne me laisse pas plus de temps pour roupiller. Encore ce matin, réunion jusqu’à midi. Ce soir, bouclage du Numéro 0.30. Entre les deux, il faut que je consulte toutes les participations au magazine je n’ai pas eu le temps de le faire avant. Je ne fais que des choses que j’aime faire dans la vie. C’est une chance que peu de gens ont. Oui, mais là, je suis crevé. Je ferais bien une pause dans les choses que j’aime bien faire. Une journée. Une seule journée ne rien faire du tout. Dormir beaucoup.

Où je veux en venir ? Vous savez très bien où je veux en venir, vous me connaissez. Je vais mettre un beau ruban autour de ce gros paquet d’excuses, faire un petit nœud dessus, et je vais vous l’offrir avec un grand sourire en vous disant que ce sera tout pour moi aujourd’hui : je n’ai pas le temps de m’occuper du blog. Encore une fois je laisse Gwlad vous divertir à ma place avec la photo du jour.

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Photo par Gwlad (rue Paul Brousse)

Portez-vous donc bien, et à demain ! Demain j’aurais le temps, parce que demain je ne fais rien. À part le blog du coup et… Ah non, ça ne marche pas ça… En plus j’ai des e-mails à envoyer pour l’association et… pffff. À demain.

#116 – L’Esplanade Charles de Gaulle du Livre

On avance de festival en festival. Hier je vous parlais d’Images Singulières à Sète, aujourd’hui s’ouvre la Comédie du Livre à Montpellier. Non, ne cherchez pas les stands sur la place de la Comédie, c’est sur l’esplanade, juste à côté, que ça se passe. Cette année les littératures néerlandaise et flamande sont à l’honneur. Et devinez quoi ? Je ne connais aucun·e des auteurs·autrices présents·es.

C’est pas vrai, j’en connais un. Willem, le dessinateur. Mais j’ai raté le vernissage de son exposition. Tant pis. Tant mieux pour lui. J’aurais pu passer la journée à lui poser des questions sur Hara-Kiri. Bon, il vit en France depuis 68, mais il est né au Pays-Bas. Donc ça compte comme littérature néerlandaise. Alors oui, raté pour le vernissage, mais l’expo reste accrochée jusqu’à dimanche tout de même, je vais donc aller me la farcir avec plaisir. C’est à la galerie En Traits Libres, 2 rue du Bayle.

Je me rends compte que la Comédie du Livre à toujours plus été un festival de la B.D. qu’un festival du livre au sens large pour moi. Évidemment, c’est tout le contraire. Les B.D. sont bien peu nombreuses au milieu des livres sans images, mais voilà, la première fois que j’y suis venu, je n’habitais pas encore à Montpellier, c’était pour me faire dédicacer le premier tome de Donjon par Lewis Trondheim, et depuis… J’étais bien gamin, mes parents m’avaient conduit là exprès. Une heure de route et une autre de queue pour une rencontre de cinq minutes avec mon idole d’alors. On m’avait dit que le monsieur pouvait paraître un peu sévère de derrière ses lunettes de soleil, mais il avait été très gentil. Je suis souvent retourné me faire gribouiller la page de garde par lui après ça. Une fois je l’ai attendu quatre heures. On ne s’est jamais dit grand chose. J’étais toujours très impressionné. Et puis une fois adulte j’ai arrêté de me faire dédicacer des trucs par qui que ce soit.

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Photo par Gwlad (rue du Faubourg du Courreau)

Un ami m’a raconté qu’une année il n’y avait pas grand monde, mais qu’il avait vu plus d’une centaine de personnes faire la queue devant le même stand. Elles attendaient leur dédicace de Pascal le grand frère. C’est aussi ça, la Comédie du Livre. Des centaines d’auteurs anonymes dont on n’ose pas se faire dédicacer le livre qu’on aurait acheté un peu au hasard, côte à côte avec un PPDA méga star dont tout le monde se fiche bien de ce qu’il a pu faire raconter par son nègre dans son dernier bouquin.

#115 – Images Singulières à Sète

Allez, on y va. Cette fois-ci c’est la bonne. Attention, ça va être long.

Hier, donc, on était à Sète pour le festival Images Singulières. Dixième édition de ce festival international consacré cette année à la photo documentaire.

Partis à trois dans le camion aménagé de Maurice, mon colocataire, avec l’ami Feldo, nous avons traversé Sète d’est en ouest avant de nous garer au parking (gratuit) du Théâtre de la Mer Jean Villard, ce vieux reste de fortification avec vue sur la Méditerranée où j’avais eu la chance de voir jouer Marcus Miller en 2015. Cette fois-ci, point de musique, mais des photos, et une amie, Léa, pour nous accueillir et nous présenter les photos. Qui exposait ? Justyna Mielnikiewicz. Cette photographe de quarante-cinq ans documente, dans cette sélection de ses œuvres nommée The Meaning of a Nation, la vie des gens des pays du Caucase ou d’Ukraine. Des civils, des soldats. Des femmes et des hommes vivant dans des régions dont l’équilibre politique est précaire. Du noir et blanc, de la couleur, et un fil rouge : les rapports d’amour-haine entre ces peuples et l’empire gigantesque qu’est la Russie. Les tirages sont très beaux, et vous pouvez compter sur la médiatrice pour une contextualisation en profondeur de ces travaux.

Après avoir fumé notre clope avec la médiatrice (c’est comme ça, on connait des gens hauts placés, ne soyez pas jaloux·ses), nous nous sommes dirigés à pieds vers la MID. La Maison de l’Image Documentaire. Qu’a t-on vu là ? L’expo d’Arlene Gottfried, L’Insouciance d’une époque. Qu’en dire ? Les années 60 à 70, les plages américaines naturistes ou non, les quartiers populaires de New York City, par les portraits noir et blanc d’individus en apparence insouciants. De vraies gueules, de vraies dégaines. N’y allez pas pour voir des paysages. C’est cadré serré. Seul l’humain compte ici. Les regards, les actions, les accoutrements parfois farfelus, parfois la nudité, physique ou sentimentale, sont notre navette. On voyage en des régions et des époques loin loin loin de notre ici et maintenant à travers l’image des humains qui peuplaient ce recoin de l’espace-temps. Les tirages sont petits et leur qualité moyenne. C’est dommage, mais ce n’est pas la catastrophe non plus. Ne vous inquiétez pas, vous en aurez pour votre… ah ben non, c’est gratuit, alors vous plaignez pas.

Oui, je n’avais pas précisé, mais toutes les expositions du festival sont gratuites.

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Photo par Gwlad (avenue Georges Clemenceau)

Un autre lieu d’exposition était la chapelle. Bon. On n’y a pas été. Enfin, on est bien allés voir une expo photo dans une chapelle, mais on s’est rendus compte à la fin de la journée que ce n’était pas la bonne. Rien à voir avec le festival. Un artiste avait loué le lieu pour exposer ses propres photos d’un élagueur grimpeur. C’était sympa quand même, mais du coup on a pas vu les travaux de Stéphane Couturier. Tant pis.

PAUSE REPAS – On a mangé des tielles.

Ma chère Natha, j’ai bien reçu ton commentaire de ce matin dans lequel tu me demandais ce qu’était une tielle. La tielle, c’est une spécialité Sètoise. Comme Georges Brassens (mais à la différence des tielles, les Georges Brassens ne se mangent pas, attention donc à ne pas les confondre). C’est une tourte dont la pâte est fine, souple, grasse et orange. À l’intérieur, une sauce tomate épicée et du poulpe. Beaucoup de tomate, un peu de poulpe. On la mange froide ou chaude. Tu en trouveras ici la recette exacte. Mais je t’en supplie, soit gentille avec les poulpes. Ces petites bêtes-là sont sensibles, intelligentes, possèdent sans doute une conscience d’elles-mêmes, et n’aiment pas particulièrement qu’on leur découpe les tentacules, d’autant que l’ail sur les plaies, ça pique.

PAUSE REPAS – J’ai bu un jus de litchi. J’avais demandé poire.

Ensuite, direction l’ancien collège Victor Hugo. Attention, ne pas confondre avec le nouveau collège Victor Hugo. On a confondu. On a marché un petit quart d’heure avant de trouver le lieu, mais on n’a pas été déçus. Les travaux de trois artistes y étaient exposés. Enfin, un et deux. Ceux de Gabriele Basilico, et ceux de Andrea et Magda.

Basilico prenait des bords de mer en photo. Prenait parce qu’il est mort. Des bords de mers parce qu’il était payé pour. Pas n’importe lesquels, les bords de mer, ceux du nord. Les photos sont grandes et belles, elles occupent le rez de chaussé et une partie de l’étage, il y a de quoi s’en prendre plein les mirettes. C’est du noir et blanc. C’est souvent du noir et blanc, vous allez me dire. C’est vrai. On a remarqué ça aussi.

Andrea et Magda présentaient plusieurs séries sous le titre d’Horizons Occupés. Clichés de Palestine, Jordanie, du Liban ou d’Égypte. Vous voulez voir des villes de pierres blanches au design futuriste montées par un investisseur américano-palestinien et que personne n’habite ? Allez-y. Vous voulez constater le effets du tourisme sur les régions, elles, plus si désertiques que ça mais marketées comme telles ? Allez-y. Vous aimeriez voir l’envers du décors d’une série qui retranscrit aussi fidèlement la vie au Moyen-Orient que plus belle la vie le way of life marseillais ? Allez-y. C’est très beau, tout ce gâchis. Très esthétique. Il vaut mieux le voir en photo que de vivre à proximité. Il vaut mieux en rire que de s’en foutre, comme disait l’autre chanteur dégagé.

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Photo par Gwlad (avenue Georges Clemenceau)

Après tout ça, direction les Entrepôts Larosa, où ma colocataire en stage pour le mois nous attendait de pied ferme pour nous offrir un petit café et une belle visite des huit expositions (si je n’en oublie pas) présentes en ce lieu.

C’est là que j’ai trouvé ma came. J’y ai découvert les travaux de Mauricio Toro Goya. Et quel travaux ! Des photos très particulières, des ambrotypes néo-baroques, de la mise en scène, du flou et de la surcharge, du symbolisme à portée critique et politique. Toro Goya retrace l’histoire violente de l’Amérique Latine. La mort est là, partout présente, esthétisée pour raconter les horreurs de l’ère Pinochet et de toutes les maltraitances qu’ont subies les peuples de cette région du monde des années 80 à nos jours. Si vous le pouvez, demandez une visite guidée. D’ici, on ne peut pas comprendre cette sur-accumulation de symboles qui nous sont étrangers, pourtant aucun élément n’est là par hasard. Bref, allez voir ce que fait ce garçon, moi je n’en reviens toujours pas.

J’ai également découvert les photos intemporelles de Martin Bogren. Une espèce de petite révélation. Je prends beaucoup plus de plaisir devant le flou, quand mon imagination doit remplir le vide, que devant une image moderne ultra nette. Une exposition parfaite pour projeter ses sentiments sur des images qui ne disent rien par elles-mêmes, ni d’où elles viennent, ni de quelle époque elles sont tirées, ni qui est la personne photographiée. Je sur-kiffe pour parler jeune vieux.

Et João Pina, on en parle de João Pina ? Pardi qu’on en parle. Des images magnifiques du Brésil. Magnifiques ? Les photos le sont, oui. Mais il ne faut pas être choqué·e par les flaques de sang sur les trottoirs des favelas et les larmes de mères en deuil. Sinon c’est trop dur. Des gangs et des enfants. Des enfants dans les gangs. Et les jeux olympiques, et la coupe du monde de foot, à quelques kilomètres de là. Les mitraillettes dans le dos des adolescents et dans les mains des brigades policières. Des morts des deux côtés. Dix-huit par jour, on estime. Tout est là. Dans les photos. Faut pas fermer les yeux. C’est pas facile.

Et Alexander Chekmenev ? Mais bien sûr qu’on va en parler aussi. Chute de l’URSS. Du jour au lendemain, en Ukraine, il faut refaire tous les passeports. La population est appelée à venir se faire tirer le portrait d’identité. Toute la population ? Oui, toute, mais voilà, pour ceux et celles qui ne peuvent plus se déplacer, comment fait-on ? On envoie Chekmenev les photographier. Il va donc aller rendre visite à toutes ces personnes en incapacité de se déplacer, sur leur lieu de vie. Des personnes trop âgées, des personnes handicapées. La misère qu’il constate le frappe trop fort. Il lui faut élargir le cadre. Il lui faut montrer le dénuement sordide dans lequel le stalinisme a plongé une grande partie de la population des zones rurales. Alors, par ses propres moyens, il arrive à se financer une pellicule couleur. Une seule. Trente-six photos. La série s’appelle Passport. La plus poignante sans doute : une octogénaire, à la louche, vivant dans une seule et minuscule pièce. Elle est assise sur son lit, sur lequel repose toutes ses possessions : ses habits, sa cuisine (une bassine et quelques ustensiles), et au dessus de sa tête, comme l’étage d’un lit superposé, son cercueil, acheté à l’avance. Pourquoi faire refaire leur passeport à des gens incapables de se déplacer ? Ceux et celles qui l’ont reçu ont dû se poser la question. Une bonne partie ne les ont jamais reçus, ces passeports. Ils étaient morts avant. Ah la la, de nos jours les gens veulent tout tout de suite, savent plus patienter.

Il y a aussi le travail de Chloé Jafé, photographe française en immersion dans les vies des maîtresses de Yakuzas. De très belles images qui vous font penser aux structures sociales à la fois si particulières au Japon et si communes aux mafias et autres systèmes d’organisation rigides et patriarcaux.

Et puis, et puis, il y avait aussi l’expo collective sur mai 68. Le gros de l’exposition, ce sont des photos prises par les journalistes de France-Soir. On peut également voir des affiches d’époque, entendre un enregistrement de reportage radio en direct des affrontements. C’est beau. Ça donne envie de lutter contre. De lutter pour. C’est très léger, malgré l’état actuel du pays, à côté de toutes les autres expo. Cohn-Bendit a une maison de vacances à Sète. Il a été invité pour l’occasion. L’a pas voulu venir. Tant mieux. Qu’il reste chez lui. L’expo est assez dure comme ça pour des enfants, on n’a pas envie d’être obligé·e de passer sa visite à se retourner toutes les cinq minutes pour vérifier si notre petite-fille n’est pas en train d’ouvrir la braguette du vieux Cohn soi-disant de son plein gré.

Enfin, on est allés voir les moineaux. Quatre minuscules bébés moineaux lovés au creux d’une petite niche dans un mur au fond de l’entrepôt. Ils se cachaient bien, on n’a vu qu’un peu du duvet du dessus de leur crâne qui dépassait du nid. Ça c’est pas dans l’expo, mais je vous conseille tout de même de finir par ça. Un peu de douceur, ça ne fait pas de mal.

Bon. Pas de conclusion générale ? Non. Vous n’avez qu’à aller voir par vous-même. Le festival se termine ce dimanche 27 mai. Dépêchez-vous.

 

 

#114 – Au final, non

Aujourd’hui, qu’a t-on fait ? On s’est rendu à Sète pour profiter du festival international de photographie Images Singulières. Je ne suis pas expert en photographie, mais j’aime bien ça, et l’une de mes colocataires y effectue son stage de master durant tout le mois. Ça faisait donc deux bonnes raisons d’y aller. La troisième bonne raison c’était les tielles. J’ai mangé une tielle. C’était ma dernière tielle, je me le suis promis. Il n’y a pas de raison que le poulpe soit la seule espèce à échapper à mon refus de payer pour qu’on me prépare un cadavre à la seule fin d’amuser mes papilles. Je serai parti sur la meilleure impression, une tielle faite dans l’une des plus vieilles maisons tiellières sètoises. Mais revenons à la photo.

Non, en fait, n’y revenons pas. Je n’ai vraiment pas le temps. C’est que je suis devenu correcteur, vous savez. En deux mois j’ai dû corriger plus de deux cent pages. Des mémoires, des notes cliniques, des CV, des lettres de motivation… Ce soir, rebelote. Et il y a deadline de soumission de dossier à minuit. C’est important. C’est toujours important. C’est pourquoi c’est toujours au dernier moment que les gens vous demandent de corriger leurs textes. Parce que ce sont de sales petits procrastinateurs et teuses. J’ai donc cru un temps pouvoir rédiger ma note de blog, vers 19h30, mais c’est impossible. Je relève le nez des corrections, il est 21h52, je n’ai pas mangé et ce n’est pas fini. Allez, repassez demain, promis je vous en parle de ce festival. Je prendrai le temps de faire ça bien.

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Photo par Gwlad (rue Saint-Guilhem)

#113 – Du bleu, du noir, et re-du bleu derrière

Aujourd’hui, on va faire bref. Il y avait un grand soleil ce matin, j’ai cuit à point le temps de fumer une cigarette sur le balconnet de deux mètres carrés qui nous sert de terrasse à la colocation. Et maintenant ? Une couche uniforme de gros nuages noirs prêts à crever s’étend à perte de vue. Que dit Météo France ? Qu’il est l’heure des averses orageuses. Juste ces trois prochaines heures, ensuite ce sera retour à la normale. C’était la même dimanche. Mon amie, que sur ce blog nous appellerons mon amie, était sortie pour un rendez-vous et s’est retrouvée trempée en dix minutes de trajet, les seules dix minutes de la journée pendant lesquelles le grand ciel bleu avait laissé place à une pluie tropicale. Quand je dis trempée… Ç’aurait été trempée jusqu’à l’os des pieds à la tête si elle n’avait pu trouver un abri au dernier moment. Elle ne fut donc que trempée des pieds. On a dû lui donner des chaussettes sèches sur son lieu de rendez-vous tellement elle était trempée des pieds. Je l’ai retrouvée en ville plus tard dans la journée, ses chaussettes dégoulinantes à la main. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas trop de divulguer ainsi sa vie privée, mais les masses sont avides de petits détails intimes et il faut bien que j’attire le chaland comme je peux sans quoi je n’aurai jamais le prix Pulitzer du meilleur blog francophone.

Donc, pourquoi bref ? Pourquoi météo ? Parce que je dois justement sortir maintenant pour donner un cours d’anglais à vingt minutes de chez moi. Et oui, puisque, comme je vous le disais ici, je me suis décidé à travailler un peu après qu’on m’a sollicité. Décidément, je ne m’habituerai jamais à l’indicatif après après que. Aujourd’hui, donc, les averses orageuses, c’est pour ma gueule, et ça me fait moins marrer. Est-ce notre époque qui veut ça ? Comme les deux parties d’un couple se doivent de partager équitablement les tâches ménagères, on partage les intempéries ? Mouais. J’ai beau être pétri de sentiments égalitaristes, je ne suis pas certain de les assumer sur ce coup-ci.

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Photo par Gwlad (rue du Faubourg du Courreau)

Allez, à demain, si je n’ai pas pris la foudre.

 

#112 – Nom d’un chien

Aujourd’hui, Feldo et moi sommes allés au parc. Quel parc ? Rimbaud. Quoi faire ? Ah, parce qu’il vous faut une raison pour aller au parc avec un·e ami·e, vous ? Vous ne saurez pas. Projet top secret. On vous dira en temps voulu. Le parc Rimbaud, donc. Vous voyez ? Celui sur les berges du Lez. Côté les Aubes. Il y a une partie parc de jeux pour enfants, de grands terrains de pétanque, un bar associatif des pétanqueurs, de grandes allées bordées d’arbres sous l’ombre desquels on a installé des bancs, et, vers le centre, une pente douce qui mène jusqu’au bord du fleuve, au niveau de l’eau. On peut s’y tremper les pieds. Ou pas. Si vous voulez vous faire becter les orteils par un silure, vous faites comme bon vous chante, moi ça ira.

Il n’en manque pas des parcs à Montpellier. Allez, tiens, et si on se les faisait tous ? Je sens que je vais regretter de me lancer dans ce dans quoi je vais me lancer, mais l’idée est sortie, c’est trop tard. Voici une liste de tous les parcs, squares, et autres jardins et places avec deux-trois bancs au milieu, de Montpellier. Vous êtes prêts·es ? On y va.

Il y a l’Esplanade Charles-de-Gaulle, l’Esplanade de l’Europe, la Maison du Lez, le Jardin de la Canourgue, le Jardin des Plantes, le Jardin Hôtel de Sully, le Square Charles Flahaut, le Parc de la Guirlande, le Parc Edith Piaf, le Parc Georges Clemenceau, le Parc Magnol, le Parc Rimbaud, le Parc Sainte-Odile, le Square de Marathon, la Place du Millénaire, le Plan Cavaillé-Coll, la Promenade du Peyrou, le Square de la Tour des pins, le Square des Arceaux, le Square Jean-Monnet, le Square Maquis Bir-Hakeim, le Square Planchon, le Square de la Providence, le Square Saint-Roch, la Terrasse des Arceaux, le Bassin Jacques Cœur, le Parc du château de Grammont, le Parc de la Grande Lironde, le Parc des Pastourelles, le Parc du Mas de Costebelle, le Parc Georges Charpak, le Parc Richter, le Square Blaise Pascal, l’Aire de jeux Vert-Bois, le Bois de Montmaur, le Domaine de Méric, le Parc de l’Aiguelongue, le Zoo de Montpellier, le Parc Rachel, le Square des Brusses, le Square Jean Baumel, l’Aire de jeux de Louisville, les Berges de la Mosson, le Domaine Bonnier de la Mosson, l’Esplanade de Celleneuve, le Lac des Garrigues, le Mail de la Paillade, le Parc Azéma, le Parc Chico Mendès, le Parc du Mas de la Paillade, le Parc Edouard André, le Parc Georges-Brassens, le Parc la Carriera, le Square d’Ajaccio, le Square du soleil levant, le Square Louis Carles, le Square du Mas de Bagnières, l’Esplanade Pierre Paraf, l’Esplanade Paul Valéry, le Parc de Bagatelle, le Parc de la Croix d’Argent, le Parc des Sylvains, le Parc Enclava Del Lop, le Parc Tastavin, le Square de Diane, le Square des Hibiscus, le Square du chai Molière, le Square du Mas Drevon, l’Aqueduc Saint-Clément, le Mail du Mas de Perrette, le Parc du Mas Prunet, le Parc du Mas Vanneau, le Parc Jacques Roseau, le Parc Mas de Neuville, le Petit Bois de la Colline, le Square François Dezeuze, le Square Jouanique, le Parc Saint-Martin, le Jardin de la Pépinière, le Mail Alain Bashung, Parc des Aiguerelles, la Place de Tibériade, le Square des près d’Arènes, le Square Fabre de Morlhon, le Square Hildevert, le Parc Malbosc, le Centre horticole Pierre-Richer-de-Belleval, le Square Billie Holiday, le Square d’Arsonval, le Square du Clos des Orangers, le Jardin du Champ de Mars, la Serre Amazonienne, le Square de l’Intendance du Languedoc, le Parc Emmanuel Roblès, le Square Renaudot, le Square Louis Boffet, les Jardins d’Alco, le Parc Bartolomé de Las Casas, le Parc Font-Colombe, le Parc Bel Juel, le Parc du Château d’O, le Parc Dioscoride, la Mairie annexe de Grammont, le Domaine d’O, le Square du Père Bonnet, le Square Camille Ernst, le Square des Beaux-Arts, le Square des Améthystes, le Square Docteur Fourcade, le Square Ferdinand de Lesseps, le Parc du Belvédère, le Parc du Mas de Nouguier, le Square boulevard Paul Valéry, le Square Bernard Chely, le Square Saint-Cléophas, le Square Saint Berthomieu, le Square Joseph Delteil, le Square des Cétoines, le Square Angelo Bramante, le Parc Saint-Fiacre, le Square des Sculpteurs, la Pinède Mosson, le Square de la piscine Mosson, et le Domaine de Grammont.

Et voilà. C’était simple, je n’ai mis qu’une soixante-quinzaine de minutes à les lister. Vous voulez connaître la position géographique de chacun ? Mais grattez-vous très chers·chères.

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Photo par Gwlad – rue Marceau

Bon quoi d’autre ? Quand nous étions au parc, une jeune fille —dix-huit ans peut-être— est venue fumer son joint juste à côté de nous. Avec elle, un chien. Feldo demande comment s’appelle le chien. Il s’appelle Chien. La surprise passée, je me mets à réfléchir à ce que j’en pense des gens qui appellent leur chat Chat ou leur chien Chien. Avant que je n’aie le temps d’ouvrir la bouche pour faire un mauvais commentaire, Feldo annonce que lui aussi, tous ses chiens s’appelaient Chien-Dog. Parce qu’il voulait appeler ses chiens Chiens, mais il voulait aussi un petit quelque chose en plus qui fasse british. Et je vous laisse méditer là-dessus.