#072 – 邦楽

Feldo —il y a un lien qui traîne vers son blog dans la section les potos— qui avait dû lire que j’écoutais Terauchi Takeshi & the Bunnys, en a parlé à un ami à lui qui n’est pas moi, genre tu connais ça ? Réponse de l’ami :

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Il est bon de savoir qu’on s’entoure de gens qui s’entourent de gens de bon goût. Si vous n’avez pas cliqué sur le lien dans l’article où j’en parlais, je vous conseille vraiment d’écouter l’album Seichô Terauchi Bushi.

Takeshi Terauchi, Terauchi Takeshi. Quel est le bon ordre ? Ça dépend. En japonais c’est Terauchi Takeshi, le nom de famille avant le prénom, en français c’était comme ça aussi pendant longtemps. Aujourd’hui c’est égal. En France on ne dispose pas d’une immense bibliothèque de noms de familles et de prénoms japonais en mémoire, par conséquent on ne sait pas bien les distinguer l’un de l’autre. Takeshi on a l’habitude de l’entendre. Mais si je vous parle de Yasushi Ishii. Je ne suis pas sûr que beaucoup d’entre vous sachent dire ce qui est quoi. En kanji, on l’écrit 石井妥師. Donc, Ishii nom, Yasushi prénom. Pourtant même l’adresse de son site est construite sur l’ordre prénom-nom.com. Y a vraiment pas moyen de se décider. C’est donc un peu comme on veut en Français. Plutôt nom prénom en japonais.

Qui est-il, ce Monsieur Ishii d’ailleurs ? Un compositeur de musique. Qu’a-t-il fait pour nous impressionner ? La bande son de Hellsing. Cette bande son en deux albums Raid et Ruins, que j’écoute au moins une fois par mois depuis dix ans. Je crois que je n’ai jamais regardé plus de deux épisodes de la série animée pourtant. Elle est aujourd’hui difficile à trouver en CD cette BO. Là-dedans y a de grosses grasses basses et des pianos géants, des batteries nerveuses, des guitares inspirées, classiques ou électriques, des orgues, des violons, des clavecins, des beats, des bruits, des sons dans le fond, des nappes, des funk, des jazz, des rock, tellement d’ambiances différentes qui se cognent ou se fondent les unes aux autres, des citations à des œuvres connues… Bref, c’est bourré de créativité, c’est toujours efficace et jamais stagnant.

Très longtemps, j’ai été très triste. Je ne trouvais rien d’autre par ce monsieur. Très longtemps, ça veut dire dix ans. Puis je suis tombé sur son blog. Sur lequel il publie, gratuitement téléchargeables, deux morceaux par mois depuis onze ans. Ouais. C’est vraiment dingue. Plus de deux cent-cinquante morceaux gratuits. Dont des versions alternatives de morceaux qui apparaissent dans les bandes originales dont je vous ai parlé plus haut. Il fait dans tous les styles, il mélange tout. Parfois ça marche, parfois moins. En tout cas y a de quoi se faire des albums d’inédits pour moins d’un centime de Franc. Y a de quoi s’en mettre plein les oreilles et faire s’agiter les neurones en rythme pendant des heures et des heures. Merci Ishii Yasushi. どうもありがとう。

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Photo par Gwlad (sous Odysseum)

Quand on parle de compositeurs de bandes sons au Japon, un autre nom vient tout de suite en tête, celui de Shunsuke Kikuchi. Enfin, 菊池俊輔. Mais on en parlera une prochaine fois sinon vous n’allez rien retenir.

Et Montpellier dans tout ça ? Il flotte, il flotte. Le printemps n’est pas là, les arbres ne bourgeonnent pas, les animaux ne baisent pas. Pourquoi vous me parlez de Montpellier ? J’étais de bonne humeur dans mon Japon.

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#065 – Le bağlama ne prend pas la poussière, parce qu’il est dans une housse

C’est un peu toujours pareil avec les instruments. On en veut un très fort, on attend plus d’un an avant de pouvoir se le payer, une entrée de gamme à prix ridicule, on en joue beaucoup quelques mois, et puis de moins en moins, pour finir par le délaisser totalement. Remarquez que je dis on pour ne pas dire je, ça me permet de mieux déculpabiliser. Pourtant, le bağlama, c’est vachement chouette. C’est un peu long à accorder. C’est pas vraiment intuitif. Mais ça sonne d’une manière unique. Qu’est-ce que j’ai comme ça qui prend la poussière en ce moment ? Trois fois rien. Une guitare classique, trois électriques dont une basse, un dulcimer, un ukulele, une mandoline, un melodica et un harmonium indien. Un violon. Une bombarde. Un clavier midi… Je crois que j’ai fait le tour. Une flûte traversière. On est bons. Il y en a dont j’ai joué beaucoup et longtemps, en fait. Je m’en rends compte en faisant la liste. Oubliez le c’est un peu toujours pareil. En tout cas… l’harmonium, le melodica, le violon et la flûte… Il ne faudrait pas que le bağlama vienne rejoindre cette longue série.

Décidément, ces derniers temps on parle musique, et un peu tard vous vous dites. Oui, j’ai un poil de mal à gérer mon emploi du temps. Je voudrai vous laisser croire que je suis ce fin stratège qui tente différentes heures de publication des billets en vue d’analyser les tranches horaires qui feront dépasser le million de followers à ce blog, mais la vérité c’est que je gère mon emploi du temps comme une quiche. Pourquoi la musique ? Je n’en sais rien, peut-être parce que je passe mon temps le cul vissé devant mon ordinateur pour sortir quelque chose sur Beethoven, mais que j’ai pas du tout envie de bosser sur Beethoven. Il m’emmerde Beethoven. Pom pom pom pom pooom. Le mec a inventé les premiers jingles publicitaires. Ça et bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla baaa blablaa. C’était l’Hymne à la joie. Mais vous aviez reconnu, j’en suis sûr. Cavanna avait écrit : « Beethoven était tellement sourd que toute sa vie, il a cru qu’il faisait de la peinture. » Quelques humoristes avaient déjà piqué de ses phrases sans le citer, celle-ci je crois que c’était Jacques Martin qu’il l’avait dite à la télé. Ça l’avait un peu gonflé, mais bon. Depuis on entend toujours des gens la sortir à droite à gauche. J’imagine une personne née aujourd’hui qui ne tombera jamais sur ce blog mais qui si elle y tombait se demanderait bien qui est Jacques Martin et qui est Cavanna. Et je lui répondrai, et toi, je t’en pose des questions sur ta tante ? Et paf. On a pas que ça à faire d’expliquer qui sont des fantômes à de jeunes gens qui devraient être occupés à imaginer un monde nouveau moins con que celui de leurs parents.

Ça tombe bien, Beethoven, c’est à des personnes d’un âge avancé que je dois l’expliquer. Elles n’ont aucun monde moins con que celui de leurs parents à bâtir, alors on peut prendre le temps de leur raconter des machins sur d’autres vieilles gens. Elles ont entre soixante-dix et cent ans, et elles errent dans des couloirs. Des fois elles n’errent pas, elles sont simplement assises sur des chaises dans des couloirs. Des fois elles sont assises ou elles errent dans leur chambre. Parfois elles sont juste allongées. Vous voyez si on a le temps de leur en raconter des machins. Aucun risque de polluer leurs esprits avec des ancêtres devenus symboles, ils en sont déjà farcis. Le problème ici c’est d’y faire entrer des choses un peu nouvelles. Je ne pense pas pourvoir leur parler de Porky Vagina ou de 6ix9ine avant une bonne quarantaine d’année. Porky Vagina, j’ai découvert il y a quelques semaines en cherchant ce qui se faisait de nouveau dans l’univers du grindcore. Je découvre une sous-genre, le pornocore. Exemple de titre de chanson par le groupe chilien Piggy : Diarregla. C’est bon, c’est fin, ça se mange sans faim. Vagina sont de Pologne, ils se définissent comme étant un groupe qui mélange « disco, rock, folk, metal, pop, techno, synthwave, country ». Je comprends pas les titres en polonais, à part Fekal Disko Party.

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Photo par Koinkoin (rue Jacques Cœur)

Petite vierge sur un fond de ciel bleu, aide-moi à trouver une fin pour cet article. Une qui ferait le lien entre le bağlama, Beethoven, Porky Vagina, Montpellier et moi, d’une façon fluide et tout à fait naturelle, qu’on ait pas l’impression que ce soit forcé…

S’il te plaîîît… Ah. Je crois que ça vient.

En conclusion, nous pouvons dire que je regarde moisir mon bağlama en écoutant Porky Vagina alors que je devrais rédiger cette conférence sur Beethoven, le tout depuis mon appart situé à Montpellier, ville dont j’ignore tout à fait l’actualité du jour.

 

#058 – モンペリエ

Non, ne vous inquiétez pas. Ce n’est pas un problème d’affichage. Le titre. C’est simplement Montpellier écrit en japonais. Pourquoi que je l’ai écrit en japonais ? Parce que demain, enfin aujourd’hui, je ne pourrai-peux pas écrire d’article, faute de temps. Ce n’est pas pourrai-peux, la faute de temps. Je voulais simplement dire que je ne disposerai pas d’assez de temps pour écrire l’article d’aujourd’hui, que j’ai donc rédigé hier. Hier pour vous, aujourd’hui pour moi. Je sens qu’on va pas s’en sortir. D’autant que c’est un mensonge. Il est 00h25, donc techniquement déjà mercredi 28 mars, c’est donc bien le billet d’aujourd’hui que je rédige aujourd’hui. Ouf. Un problème de réglé.

Pourquoi モンペリエ en katakana, donc, qui est l’un des deux systèmes d’alphabets syllabiques japonais ? Avec l’autre, les hiragana, ça aurait donné もんペリえ, mais ça n’aurait pas été correct. Les hiragana sont réservés à l’écriture des mots japonais. Pour les mots étrangers ou empruntés à d’autres langues on utilise les katakana. モンペリエ, donc. L’explication que j’en ai eue est qu’à l’époque où l’on traduisait en japonais les textes bouddhiques, les moines auraient trouvé que les caractères arrondis des hiragana se mariaient mal aux illustrations et autres aspects esthétiques de ces documents. Ils auraient donc créé cet alphabet syllabique alternatif aux traits plus droits. Je ne sais pas si c’est vrai. J’irai vérifier plus tard. Pour celles et ceux qui se demandent si on peut écrire Montpellier en kanji, c’est-à-dire avec les caractères chinois tels que ceux avec lesquels on écrit Japon en japonais, 日本 (ça se lit nihon), vous croyez vraiment qu’il y a des caractères chinois pour dire Montpellier ? Sans déconner, faites un effort, c’est assez compliqué comme ça.

Donc, aujourd’hui, je n’aurai pas le temps de rédiger ma note de blog le matin car je présente l’une des associations dans lesquelles je suis bénévole à quatre jeunes en service civique de neuf heures à midi. C’est pourquoi je la rédige dans la nuit. Je ne voulais pas chercher un sujet trois heures, parce que j’aimerai quand même me coucher avant que le soleil ne se lève et, ô comme le hasard a cette fois-ci fait les choses pas trop mal, il se trouve que je viens juste de corriger une partie du mémoire d’une amie qui cause des questions identitaires dans les écrits francophones d’auteurs·es non-Français·es. J’y ai découvert l’existence d’Akira Mizubayashi, 水林章 (水林: Mizubayashi, 章: Akira) en kanji, みずばやし あきら en hiragana, qui a vécu ses premières années d’exilé volontaire en France. Et où ça, en France, précisément, messieurs-dames ? Parce qu’il parle du « Bonjour messieurs-dames », qu’il ne se sent pas être en position de dire en entrant dans une boulangerie en tant que non natif. À Montpellier ! Et il a même étudié à l’Université Paul-Valéry, comme moi ! Voilà voilà. Et comme en ce moment j’étudie le japonais et j’essaie de trouver tous les liens trouvables entre cette langue et moi pour m’en faciliter l’accès et baigner dans la culture du pays où on la parle le plus, nul doute que je vais acheter ses bouquins dans les semaines qui viennent. En vérité, j’ai pas grand chose à vous en dire, puisque je n’ai lu son nom qu’aujourd’hui pour la première fois, et puis je ne vais pas recopier des passages d’un mémoire qui n’a pas encore été soutenu, ça ne se fait pas. Mais je vous en reparlerai certainement très bientôt.

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Photo par Gwlad – rue du Bastion Ventadour

Ce soir, que pouvez-vous faire à モンペリエ, justement ?

À 19h30, au Barricade, 14 rue Aristide Ollivier : projection du film Stalker de Andreï Tarkovski, dans le cadre du cycle sur le cinéma soviétique, suivie d’un débat. Adhésion à l’association 2€ pour l’année, puis entrée à prix libre ou gratuite, et consommations non-obligatoires très peu chères.

ou

À 20h, au Centre Rabelais, sur l’esplanade Charles de Gaulle, dans le cadre de l’Agora des Savoirs, conférence Cocktail toxique. Comment les perturbateurs endocriniens empoisonnent notre cerveau ? par Barbara Demeneix. C’est gratos, mais vaut mieux arriver un peu à l’avance si on veut être sûr·e d’avoir des places.

ou

Débrouillez-vous, vous êtes grand·e, vous trouverez bien de quoi occuper votre soirée.

Allez, bisous, et à demain.

#051 – Jamception

Hier, c’était soirée jam session, et scène ouverte, et re-jam session. Pas forcément dans cet ordre. Vous avez du temps devant vous ? Allez, tirez-vous une bûche, je vous explique.

Scène ouverte d’abord, à la Petite Scène. Je venais de me faire Manuel (Il Figglio) au Diagonal —très bon film. Un chouia déprimant. Je dis un chouia pour pas vous décourager d’y aller. Rythme lent, belle image, réaliste. Allez-y, allez-y pas, j’ai rien à vendre. Moi j’ai aimé. Toujours est-il qu’en sortant de là j’avais pas les yeux qui criaient l’amour de la vie (je sais bien que ça ne veut rien dire)—, j’avais besoin d’un petit remontant. Direction, donc, le bar dont je vous ai causé trois lignes plus haut. Relisez lentement en vous aidant du doigt si vous avez du mal à suivre. Arrivé là, je commande le sempiternel jus de tomate et je m’installe avec mon bloc note à la seule table de libre près de la scène. Ça commence.

Le premier des trois musiciens inscrits ce soir-là, c’est Ravi Johanis. Il vient d’Allemagne et m’expliquera plus tard qu’il a déjà fait un séjour à Montpellier dont il garde un bon souvenir, notamment grâce aux jam sessions sauvages alors spontanément organisées sur le parvis de l’église Saint Roch. C’était le bon temps.

Il saute en scène seul avec sa gratte électrique. Surprise. Le petit malin avait préparé une backing track pour l’accompagner. Très minimaliste mais pile ce qu’il fallait : basse et batterie légère : grosse caisse, caisse claire cross-stick, quelques cymbales. Premier morceau. Le son de gratte est superbe. Beau clean, avec du gain juste ce qu’il faut. Il a du feeling, de jolis licks. Y a de la rondeur et de la tension. Le morceau parle de you’re beautiful si je me souviens bien. Le second de need to see my love again, le troisième j’ai pas fait gaffe aux paroles, j’ai été beaucoup plus entraîné par la musique. Le style reste le même au cours des trois morceaux, mais c’est de plus en plus rythmé, ça gagne en complexité.

Quel style ? Hmm. Vous savez, quand je parle de musiciens, j’aime pas les comparer à d’autres, et j’aime pas les étiqueter genristiquement parlant. Je préfère décrire. Oui, mais voilà, je suis pas expert dans toutes les techniques et j’ai une culture musicale limitée, alors je vais dire ce que ça m’évoquait comme genre, car je n’ai pas peur de me contredire : blues moderne teinté de soul avec un arrière goût rootsy. Ou bien soul minimaliste saupoudrée d’un zeste de roots mais très bluesy. Ou encore quelques rythmiques un peu roots, un feeling général blues, mais pas oldscool , le tout un peu souly. Et démerdez-vous avec ça.

Quel ressenti général ? De très beaux morceaux, de jolies ambiances qui évoquent douceur et tranquillité, tout en faisant bien hocher la tête. Parfait pour un premier jour de printemps, et pour l’été qui suivra. On se demande pourquoi les morceaux durent pas plus longtemps, ils sont vraiment très courts, parce qu’une fois dedans on y est bien, on a envie d’y rester. J’ai pas parlé de la voix. Car Johanis chante également. C’est peut-être la partie qui mérite encore un peu de travail, les idées sont là, l’intention aussi, mais ça manquerait un tout petit peu de maîtrise. Après vous savez comment c’est, premier sur scène, à froid, un soir où personne ne vous attend vous particulièrement, il y a de quoi avoir les cordes vocales frileuses, d’autant qu’il faisait vraiment pas chaud, ça n’aide pas.

Vous n’avez pas le début du bout de la pointe de l’extrémité d’une idée de ce que tout ça peut bien donner en lisant mes baragouineries, pas vrai ? Alors, d’une, vous aviez qu’à y être, et de deux, vous pouvez allez l’écouter sur son soundcloud.

Johanis m’a dit qu’il comptait bien tourner plus souvent dans le coin, je n’ai pas eu la jugeote de lui demander s’il restait longtemps en ville, lui en tout cas a eu la gentillesse de m’offrir l’une de ses démo. Merci beaucoup, c’est super sympa. Sympa, d’ailleurs, le mec l’est très. Si, c’est français comme phrase. Il a pris le temps de saluer tout le monde, d’annoncer tous les musiciens qui allaient suivre, et de remercier encore une fois tout le monde. Donc, Ravi, Johanis, de t’avoir rencontré. Si je l’avais pas faite vous auriez été déçus·es, mentez pas, je le sais.

En parlant des musiciens suivants. En seconde partie, c’était Anthony. Ánthos. Flos Waldhari. Non ils sont pas trois, c’est juste pas facile de se décider sur un pseudo, et on le comprend. Z’avez qu’à relire mes premiers articles, vous comprendrez. Quels que soient ses noms, propres ou de collectif, son set m’a vraiment surpris.

Le mec se hisse sur la scène, guitare électro-acoustique cordes nylons en main. Devant lui une pédale à boucles et une pédale de reverb. Un micro aussi. Il commence, l’air de rien, par nous sortir une rangée de croches sur une seule note. Bon. La boucle part. Il entame une nouvelle série de notes identiques sur le même rythme qui ne paie pas de mine. Mais ça commence à harmoniser. Les boucles ne se remplacent pas les unes les autres, elles s’empilent. Une troisième. Une quatrième. Toujours l’harmonie s’enrichit. Toujours sur le même rythme quelques montées d’une gamme mineure harmonique maintenant. Bon, si ça s’arrêtait là, mais ça continue. Jusqu’à combien ? J’ai perdu le comte. Mieux encore, au milieu de tout ça il bidouille sa pédale, rajoute un delay qui décale toutes ces croches faites à un doigt sur une corde et jusque là synchronisées, ce qui, magie, crée un rythme flamenco hyper riche harmoniquement. La tension monte, l’ambiance gonfle et gonfle à mesure qu’il rajoute des couches jusqu’à ce que…

Patatras. Jusqu’à ce que tout foute le camp. Manque de bol, setup de scène ouverte plus accumulation de pistes avec delay oblige, son aigrelet de l’electro-nylonée aggrave, un larsen chopé à chaque passage, présent dans chaque boucle, commence à couvrir le morceau. C’était tolérable jusque ici, mais là, obligé de couper le son.

Pas grave on recommence. L’ambiance flamenco-western, donnant un tout assez baroque au final, reprend. Sans larsen cette fois. Là c’est le coup de grâce. Anthony-Ánthos-Flos-Waldhari-De-La-Vega-Morricone ajoute les voix. Encore des loops, une voix, deux, trois, quatre, je sais plus combien, du grave au super aigu. La vache, un vrai chœur à lui tout seul. Ça claque. Je vous ai dit que j’aimais le baroque ? Ben voilà, on est en plein dedans. Y a du Cant de la Sibil·la là-dedans, un air de tempête avant la fin du monde. Le morceau s’appelle La Tormenta, d’ailleurs. Tout à fait adéquat.

Bon ça finit un peu brouillon pour la même raison que précédemment, voix sur voix se superposant, un peu du boucan ambiant est repiqué par le micro et s’amplifie à chaque boucle. Ça oblige à baisser le son encore une fois, dommage parce qu’on sent bien que c’est supposé enfler et enfler encore sans jamais s’arrêter jusqu’à devenir une énorme masse d’harmonies et de rythmes apocalyptiques. Bref J’ai hâte de revoir ça avec une meilleure sonorisation.

Le second morceau, une valse, dix minutes. On sent que c’est de la chanson à texte, mais en anglais, j’entends pas bien les paroles. Dommage. L’ambiance est toujours super cool. On découvre encore mieux la voix d’Ánthos, et c’est bon ! Je dirais que ce qui fait l’originalité de sa musique ce soir-là, c’est sa façon de se servir des boucles et du delay pour créer des rythmes complexes —des trilles au delay !—, créer des textures riches, parfois à la limite des nappes de synthèse granulaire, et sa voix. Ses voix. Quand il s’y met. Heureusement il s’y met plus souvent qu’il ne s’y met pas. Et puis rappelez-vous, scène ouverte, à froid, enfin z’avez pigé. Le mec à la sono lui dit que maintenant faut laisser sa place, y en a d’autres qu’attendent. Anthony, encore un gars sympa, accepte.

Vous ne voyez toujours pas ce que je veux peindre comme tableau avec mes tournures alambiquées qui font pas honneur à ? Voilà son soundcloud. Je sais pas s’il y a ce que j’ai entendu hier, j’ai pas encore eu le temps d’écouter. En tout cas si vous entendez dire qu’il passe dans le coin, allez-y voir, je suis sûr que ce sera intéressant.

Normalement, c’est à peu près à ce nombre de mots que vous arrêtez de lire les articles. Ne niez pas, j’ai mes sources. Mais aujourd’hui, vous allez me faire le plaisir de faire un effort. On doit en être à un peu plus de la moitié, et il me reste encore de beaux moments musicaux et humains à raconter. Allez, entracte photo du jour, comme d’habitude, c’est Gwlad qui régale.

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Photo par Gwlad (avenue des États du Languedoc)

Vous êtes délassées·s ? On reprend.

Le troisième musicien à monter sur scène, c’est deux musiciens. L’un dont j’ignore totalement le nom, et le deuxième, je vous dis pas tout de suite, je fais durer le suspense. Le premier a une guitare electro-acoustique dans les mains, il en joue, chantonne, rapotte. Je ne sais pas s’il reprend des paroles de chansons existantes sur des accords à lui, ou si c’est écrit de son stylo bic. Toujours est-il que je préfère quand il chantonne, quand il rapotte ça fait laïus égotique virilo-macho_montre-muscle et fier de ses défauts. Encore une fois, c’est peut-être des reprises, mais si tu viens me chanter des discours de Sarkozy dans les oreilles, t’attends pas à ce que je vienne te dire que t’as une jolie voix. Bref, je préfère quand il chantonne en anglais. Je fais un effort quand même, purement musicalement, on voit que le mec est à l’aise avec sa gratte, y a de la nuance dans son jeu malgré les accords joués en boucle, et la scansion est bonne.

Le deuxième du duo, dont je garde le nom secret pour l’instant, essaie de trouver sa place au départ, il tente des hum hum discrets, et puis d’un coup d’un seul, dès que l’espace est enfin disponible, putain, ce qu’il envoie ! Voix profonde, sculptée, qui fait des pirouettes avec une aisance assez dingue, voix expérimentée qui joue sur les timbres et les textures. Ça dure pas longtemps, mais j’y entends du Nina Simone, du jazz lyrique. J’avais dit pas de comparaison à des genres ou des artistes hein ? Me renier, c’est ma passion. Enfin, tout ça ne dure que quelques secondes. Mais voilà les secondes…

Deuxième morceau, cette fois ce qu’il envoie c’est une impro proche du scat aux accents reggae, toujours avec cette voix, profonde et chaude, non je parle pas du vagin de maman, je sais que vous avez la nostalgie de mais restez concentrés·es s’il vous plaît. Bref, en quelques secondes à chaque fois, on a le temps de sentir que le mec cache une musicalité énorme.

Le mec à la sono leur dit que maintenant faut laisser sa place, y en a d’autres qu’attendent. Qui ça d’autres ? Ils étaient trois musiciens inscrits pour la scène ouverte, enfin quatre, puisqu’il y avait un duo. Le mec leur dit que les musiciens pour la jam session sont impatients de monter sur scène. Ah, c’est eux. Et oui, jam session dans une soirée scène ouverte. Daitman —voilà, c’est lâché, c’est son nom au super chanteur, Daitman Paweto. Connaissez pas ? Ben vous feriez mieux de le retenir et d’aller voir ce qu’il fait dès que vous en avez l’occasion, ce mec va devenir célèbre, et ce sera mérité—, demande s’il peut quand même faire une chanson avec une guitare avant de descendre, il a quasiment pas eu le temps de chanter en fait. Le mec-anguille lui répond pas franchement, d’un air de descends maintenant mais je te le dis pas les yeux dans les yeux, d’un air de les amateurs ont assez joué place aux pros, d’un air de la scène ouverte c’est terminé les minus, z’avez assez joué, maintenant c’est les jazzmen de cinquante balais qui jouent, les musicos respectables, faites place, comprenez, la clientèle tout ça, vont pas s’alcooliser longtemps si on leur met pas du jazz à papa dans les pattes. Franchement à ce moment-là j’étais sur le cul. Daitman résiste, même quand le pianiste sosie d’Alain Chamfort, orgueilleux au possible, monte sur scène en lui lançant « je suis pas payé pour accompagner les mecs qui viennent chanter leurs chansons ». Rien à foutre, Daitman le regarde du genre je t’ai rien demandé. Il est malmené, mais pas grave. Il leur dit que cette scène est faite pour être partagée, ouverte, jam session, non ? On aurait compris de travers ? Il demande un capodastre, les mecs l’envoient bouler du genre démerde-toi on veut pas de toi ici avec ta chanson, ta putain de seule petite chanson que tu veux chanter que ça prendra trois minutes mais c’est trois de trop pour nous. Heureusement, Ánthos est là, près de la scène, il en a un de capodastre, il le lui prête. Johanis remonte aussi sur l’estrade et prend la basse. Merci !! Le groupe improvisé joue, et il envoie, le Daitman. C’était bon. Au bout de deux chansons à accompagner les autres, il redescend de scène.

Je lui touche deux mots de ce qui vient de se passer, il trouve ça bête, mais il en fait pas une affaire, il a pu jouer, c’est tout ce qui a l’air de compter. Il me dit qu’il se tire à la Pleine Lune, en fait il est censé y être depuis une heure et demie, il était juste parti en ville pour acheter des clopes et s’est retrouvé embringué là. Je décide de le suivre. À la Pleine Lune, c’est aussi jam session, mais on verra que c’est un autre genre. Allez, c’est l’article le plus long que j’ai écrit jusqu’à aujourd’hui, mais je suis sûr que vous avez encore le courage d’en lire un peu plus, on y va.

Sur le chemin, Daitman m’explique qu’il a trente ans, qu’il a commencé à monter sur scène à treize, qu’il a fait du rap, du reggae, du jazz, que maintenant il a trouvé son truc, son mélange, son effet à produire sur le public. Il m’explique sa vision de la musique, du groupe. Le mec a dix-sept ans d’artisanat zikal dans les jambes, il commence à savoir ce qu’il veut. Il avait ouvert un bar musical, mais des histoires familiales ont fait que. Aujourd’hui, il repart sur un nouveau projet. Il a remonté un groupe autour de lui. D’ailleurs, avant la Petite Scène, ils ont fait leur première répet en vue d’une série de concerts pour jouer l’album enregistré au Studio Vox et en cours de mixage. Ce que j’avais pressenti se confirme, il fait pas semblant Paweto Daitman.

On arrive à la Pleine Lune, c’est soirée Jam Session World Music, j’aime pas ce terme, World Music, ça sent la FNAC et le rayon CD du Super U. Sur scène, c’est aussi bondé que sur la piste de danse quand on déboule. Je saurais plus dire avec précision combien de musiciennes·s étaient présentes·s, mais comme ça je revois à notre arrivée : une clarinette, un sax, une trompette, un batteur, un violon, une basse, deux guitares, un clavier, une voix qui chante dans une langue arabe que je serais bien incapable de reconnaître. Y a une pêche d’enfer, les gens sont excités, ça danse, ça picole, ça se marre, ça dragouille, ça saute sur place. Et tous ceux qui veulent monter sur scène le peuvent. Même les gros relous bourrés. Ça, ça plaît pas trop à Ella.

Car oui, j’oubliais, sur place Daitman me présente des amies·s musiciennes·s à lui, Édouard que je n’ai pas vu jouer et dont j’ignore l’instrument de prédilection, Timothée le guitariste, et Ella la chanteuse. Tout ce petit monde est fort sympathique. Sont venus·es là pour la musique, pas se la coller. Chacun·e montera sur scène à un moment ou un autre. La musique, d’ailleurs, est un mélange hallucinant de toutes les sonorités possibles et pas imaginables, dans des combinaisons riches, surprenantes, et éphémères. La zik est improvisée à jusque douze musiciens·nes et chanteurs·ses, des morceaux qu’il fallait entendre sur le moment, car c’était la première et la dernière fois qu’on les jouerait dans l’histoire de l’univers.

Au niveau des voix : on a eu Ella qui à envoyé ses good vibes, d’une voix posée, calme, légèrement voilée, qui peut s’emballer d’un coup et partir dans les astres avec une apparente facilité. Apparente seulement, elle me le confirmera plus tard. On a eu Daitman, évidemment, toujours aussi bon. On a eu deux filles, toutes les deux dans une style soul-jazz, et dont j’ignore les noms. On a eu un rappeur, apparemment très souvent à l’ODB, grand, cheveux mi-longs attachés, le genre qui met l’ambiance, avec des textes qui appellent à l’empathie, comme son t-shirt, et une gueule qui appelle à être son pote. On a eu aussi un mec qui envoyait le salsifis, rap-reggae, textes humanistes, engagés.

Vous savez quoi ? Je vais arrêter là. Je suis sûr que vous n’en avez même pas lu la moitié, et je suis claqué. En tout cas, mon programme des mardis quand j’aurais rien prévu de particulier me semble maintenant tout trouvé. Petite Scène jusqu’à la fin de la partie scène ouverte pour voir les artistes de près et pouvoir échanger un peu ensuite, puis Pleine Lune pour finir dans une ambiance ouf.

Allez, la bise. Promis demain ce sera plus court.

 

#044 – Je ne fais que passer

Salut ! Non, bougez pas, je passe en coup de vent. Il est déjà 11h30, c’est bien trop tard. Je n’ai pas pu commencer à rédiger ce post plus tôt alors aujourd’hui faudra vous contenter de peu. Les infos essentielles.

D’abord, les hélicoptères. Ça tourne et ça tourne dans le ciel montpelliérain, ça fait un barouf de machine à laver en fin de vie. Ça vous inquiète, hein ? Recherche-t-on un·e terroriste potentiel·le ? S’est-il passé un terrible accident ? Une course poursuite s’est-elle engagée entre la municipale et un vendeur de livres à prix libre rue de la Loge ? Et bien non. Des sources dont je préserverai l’anonymat m’ont informé du fait qu’il s’agissait des équipes de tournage de la Carte aux trésors, cette émission increvable. Ou plutôt qui aurait la mauvaise manie de ressusciter tous les quinze ans. C’est bon pour le tourisme. Paraît. Enfin bref, ils m’emmerdent avec leur boucan, juste les jours où je suis supposé faire de la musique. Voyez ? Quand je vous disais infos essentielles, je ne me foutais pas de votre gueule.

J’aimerai bien vous dire plus de mal de la télé mais j’ai vraiment pas le temps.

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Photo par Koinkoin (rue Saint-Ravy)

Sinon. Aujourd’hui y a plein de bonnes choses à faire, à voir, à écouter. Ça va pas être simple de choisir.

  • À la fac de lettres, salle crampoux, dans le cadre de leur semaine des droits des femmes : À 14h, conférence, Violences sexistes et sexuelles au travail. À 18h, conférence aussi, Les discriminations salariales. Gratos.
  • Au Barricade à 19h30, club/bar associatif (2€ l’abonnement à l’année), 14 rue Aristide Ollivier, première projection du cycle sur le cinéma soviétique : Le Cuirassé Potemkine. Plus débat entre spectateurs·rices à la fin. Toujours gratos ou prix libre (une fois abonné·e).
  • À l’Agora des Savoirs à 20h00, Centre Rabelais, sur l’esplanade Charles de Gaulle, à l’occasion de la semaine du cerveau, conférence encore, encore gratos : Ma mémoire et les autres.

J’aimerai bien vous décrire mieux en quoi tous ces évènements consistent, mais j’ai toujours pas le temps.

Oui c’est bien moi qui disais que je ne voulais pas que ce blog devienne un vulgaire agenda d’évènements, et oui c’est bien vous qui pensiez que les articles des jours précédents étaient trop longs. On n’en finit plus de s’étonner.

Allez, zou ! C’est pas que je veuille pas vous faire la conversation ou que je m’intéresse pas à vous, mais il faut vraiment que je file. À demain !

 

 

#037 – Du son et de l’image

Il y avait Jazz Jam Session hier au Little Red. La dernière fois je ne vous en avais pas dit trop de bien, du lieu et de la soirée, alors je vais revenir un peu sur mes propos. C’était vraiment sympa cette fois, les joueurs étaient résolument dans le jazz gitan, quand on est arrivés c’était deux guitares, une électro-acoustique et une électrique, et une caisse claire frappée aux balais seulement. J’aimais pas trop le son de l’électrique, elle bouffait toute la tension exercée sur la corde par le gratteux pourtant indéniablement bon, on entendait les notes, on entendait pas le jeu. Mais enfin, vous vous doutez bien que si c’est le seul reproche que j’ai à en faire, c’est que ce n’était qu’un détail, comme l’était l’histoire des chambre à gaz parmi la longue liste de conneries qu’a bien pu sortir Jean-Marie Le Pen au cours de sa (certains diront trop) longue vie. Rah la la, c’est dommage, on était bien là, au milieu du jazz, et je viens tout gâcher en nommant ce patibulaire personnage pour faire un bon mot. Reprenons donc. Deux guitares, une caisse claire, auxquelles est venu s’ajouter un sax alto non moins talentueux au bout d’une petite demi-heure. Les mecs s’accordaient parfaitement. Je dis les mecs parce que c’était trois mecs. J’aurais pu mentir pour la parité. Mais dois-je peindre le monde comme je le voudrais ou comme il est ? On est beaucoup d’écriveuses·rs à se le demander. Autant dans la fiction m’est avis qu’on peut faire comme on veut, autant quand on rapporte une scène qui s’est réellement passée… J’en sais rien, ça peut avoir ses avantages également. Si vous avez une réponse définitive, laissez-moi un commentaire, et je vous répondrai sans doute qu’il est bien présomptueux de penser avoir une réponse définitive. Enfin bref, ils s’accordaient parfaitement, échanges de solo, thèmes en harmonie improvisés grâce à ce sens de l’écoute et cette connaissance de la théorie musicale hypertrophiées auxquelles on reconnait les jazzeux·ses. Pendant leur pose clope on est partis, mais j’ai vu qu’un autre guitariste prenait le relais, un qui s’était caché, fourbe, parmi le public. C’est ça qui est cool avec les jam sessions, ton voisin ou ta voisine de table peut soudain se métamorphoser en le génie musical que tu vas admirer le reste de la soirée. Enfin là on est partis, on a pas trop pu l’admirer.

Eh, c’était pas un beau petit pavé ça ? Si que c’en était un, et pourtant j’ai toujours pas vraiment parlé du Little Red, mais j’ai envie de dire que tant mieux. L’ambiance était sympa, les musiciens pas bridés sur le volume, les prix raisonnables, l’accueil gentil. Que dire de plus ? Rien. Ça me suffit, ambiance bonne franquette et pas cradingue. C’est déjà beaucoup demander à Montpellier.

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Photo par Koinkoin (rue Astruc)

Sinon, en ce moment, c’est le festival cinoche de la fac de lettres : Paul va au cinéma, édition 2018, qui se déroule du… 5 au 9 mars. Oui, j’aurais pu vous en parler plus tôt, mais vous avez bien vu comment j’étais ces deux derniers jours. Enfin, z’avez encore 3 jours pour y aller.

Aujourd’hui, vous avez une table ronde avec l’ACID, Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion, c’est à 11h45 (mais si vous avez le temps d’y être), c’est salle Jean Moulin, et c’est gratuit.

À 16h15, toujours dans la même salle, projections et remise des prix des court-métrages de la catégorie documentaire. Je sais pas si c’est gratos aussi ou pas, vous verrez bien.

Et puis sur toute la durée ou presque du festival, des expo, des ateliers, des stands divers et variés, pour les détails, leur programme, un peu mal foutu selon moi, est téléchargeable ici.

Je crois qu’on a pas du tout fait le tour mais je veux poster cet article au plus tôt pour que vous ayez le temps de vous motiver, je sais bien comme vous êtes, alors je vous laisse là, et je vous dis à demain. Bises.

#030 – Le jour où il a neigé mais on n’en parlera pas parce que je m’en suis rendu compte seulement en finissant de rédiger l’article

Vous avez bien failli ne pas avoir de billet de blog aujourd’hui, le réveil a été difficile. Me suis-je couché plus tard que d’habitude ? Non. Ai-je consommé des substances qui allongent la durée de sommeil nécessaire ? Non. Quoique je me demande pour le tabasco, dans le jus de tomate… Mais normalement non. Ai-je cauchemardé ? Non. Bon. Mais le soleil n’est pas là. C’est ça. Quand le soleil est là je me lève avant que le réveil ne sonne, quand il n’y en a pas, j’appuie sur snooze trois fois. Ça vous intéresse pas ce que je raconte ? Je m’en doute bien, moi non plus ça m’intéresse pas. J’ai recommencé à rédiger cet article trois fois, imaginez à quel point les autres départs étaient mauvais pour que je décide de garder celui-ci. C’est dommage hier j’étais inspiré. Il y avait du soleil. C’est à ça qu’on reconnait les grands·es écrivains·es de blog, leur inspiration tient du fait qu’il y a du soleil ou pas. Bon. Va quand même falloir que je vous dise un truc ou deux, mais je vais faire très rapide. Si vous voulez un bon article, relisez celui d’hier qui était vachement bien ou un autre. Désolé.

Hier c’était pas la joie dans les bars. Avec Koinkoin et sa copine… j’aime pas trop nommer les gens en fonction d’avec qui ils sont, je l’appellerai donc Quackquack, puisqu’elle nous vient des États-Unis. Donc avec Koinkoin et Quackquack, on était à 20h à l’Analog. À 21h30 il n’y avait plus personne. On a décidé d’aller dans un lieu à concert. On mate un Mama Sound qui traine. C’est mardi. Mardi c’est des open mic ou open stage dans les cinq lieux qui proposent quelque chose. Jam Session Jazz au Little Red. On sait pas où c’est. C’était le bar pile en face de celui où on était. Y avait plus une place ni assise, ni au comptoir. J’aime bien le jazz, mais là je sais pas si c’était le froid ou quoi, en deux minutes d’indécision on-va-où-alors j’ai commencé à piquer de nez. C’était du jazz qui murmure. Du jazz tapisserie. Fallait sans doute pas jouer trop fort pour que les quinze clientes·s entassées·s là continuent à s’entendre causer. C’était un jazz prétexte. Faut qu’il soit là, ça fait venir, faut pas qu’on l’entende trop, ça ferait partir. On est partis. L’accueil était pas très chaleureux non plus d’ailleurs.

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Photo par Koinkoin (rue Vien)

En rapport avec cette image de Koinkoin, une discussion eue hier avec Quackquack : Montpellier, c’est très sale. Il y a trop de tags partout sur les murs, il y a trop de poubelles non ramassées entassées dans les rues, et il y a des culs de cigarette que jonchent le moindre bout de trottoir. Et où est la verdure dans tout ça ? Il n’y en a pas. Bref, c’est pas un coin où élever ses enfants. C’était la rubrique Montpellier vu de l’étranger. Je suis assez d’accord pour le côté verdure, j’aimerai beaucoup plus de plantes et d’herbe au centre ville, pas forcément des fleurs ça me fait éternuer. Faudrait juste se démerder pour trouver des trucs adaptés au climat et qui ne demandent pas qu’on dépense de l’eau potable en masse pour de l’esthétique. Un jour je vous parlerai de comment je préférerai que vous laissiez les plantes à l’extérieur où elles se débrouillent très bien toutes seules plutôt que de gaspiller des litres d’eau potable juste pour vous faire plaisir aux yeux dans votre petit appartement, mais peut-être que la crise de l’eau potable dans les vingt ans à venir vous rappellera à ce sujet avant que je n’aie eu le temps d’y revenir moi-même. Qu’il est chiant avec son écologie ! Vous avez raison, passons à la suite.

On est allés à la Petite Scène, scène ouverte. Bon, on est pas restés. Franchement, je sais pas ce que c’est leur problème avec les lumières là-bas, l’ambiance, savent pas ce que c’est. Faut vraiment qu’on y voit comme en plein jour au mois d’août. Bon c’était scène ouverte, z’avez compris. On a fini au Beehive. C’est cher mais c’est pas moi qu’ai payé, c’est Quackquack. Merci ! Le jus de tomate est aussi bon qu’ailleurs. C’est la même marque partout.

Voilà, vous êtes bien contents·es d’avoir lu tout ça, hein ? Non ? Allez, allez, ne vous plaignez pas, je ne me suis pas plus régalé à l’écrire. Sur cette triste note, demain j’essaierai quand même de faire mieux, de toute façon on est partis·es pour se payer un temps pourri pareil pendant quinze jours, alors je ne pourrai pas utiliser cette excuse à chaque fois.

Des bisettes, et à demain !

Ah, je viens de passer la tête par la fenêtre. Il neige. C’est la première fois depuis presque dix ans que je vois la neige tenir aussi bien au sol. C’est joli. Si je l’avais vu plus tôt ça m’aurait peut-être inspiré un super article, qui sait. Tant pis.