#115 – Images Singulières à Sète

Allez, on y va. Cette fois-ci c’est la bonne. Attention, ça va être long.

Hier, donc, on était à Sète pour le festival Images Singulières. Dixième édition de ce festival international consacré cette année à la photo documentaire.

Partis à trois dans le camion aménagé de Maurice, mon colocataire, avec l’ami Feldo, nous avons traversé Sète d’est en ouest avant de nous garer au parking (gratuit) du Théâtre de la Mer Jean Villard, ce vieux reste de fortification avec vue sur la Méditerranée où j’avais eu la chance de voir jouer Marcus Miller en 2015. Cette fois-ci, point de musique, mais des photos, et une amie, Léa, pour nous accueillir et nous présenter les photos. Qui exposait ? Justyna Mielnikiewicz. Cette photographe de quarante-cinq ans documente, dans cette sélection de ses œuvres nommée The Meaning of a Nation, la vie des gens des pays du Caucase ou d’Ukraine. Des civils, des soldats. Des femmes et des hommes vivant dans des régions dont l’équilibre politique est précaire. Du noir et blanc, de la couleur, et un fil rouge : les rapports d’amour-haine entre ces peuples et l’empire gigantesque qu’est la Russie. Les tirages sont très beaux, et vous pouvez compter sur la médiatrice pour une contextualisation en profondeur de ces travaux.

Après avoir fumé notre clope avec la médiatrice (c’est comme ça, on connait des gens hauts placés, ne soyez pas jaloux·ses), nous nous sommes dirigés à pieds vers la MID. La Maison de l’Image Documentaire. Qu’a t-on vu là ? L’expo d’Arlene Gottfried, L’Insouciance d’une époque. Qu’en dire ? Les années 60 à 70, les plages américaines naturistes ou non, les quartiers populaires de New York City, par les portraits noir et blanc d’individus en apparence insouciants. De vraies gueules, de vraies dégaines. N’y allez pas pour voir des paysages. C’est cadré serré. Seul l’humain compte ici. Les regards, les actions, les accoutrements parfois farfelus, parfois la nudité, physique ou sentimentale, sont notre navette. On voyage en des régions et des époques loin loin loin de notre ici et maintenant à travers l’image des humains qui peuplaient ce recoin de l’espace-temps. Les tirages sont petits et leur qualité moyenne. C’est dommage, mais ce n’est pas la catastrophe non plus. Ne vous inquiétez pas, vous en aurez pour votre… ah ben non, c’est gratuit, alors vous plaignez pas.

Oui, je n’avais pas précisé, mais toutes les expositions du festival sont gratuites.

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Photo par Gwlad (avenue Georges Clemenceau)

Un autre lieu d’exposition était la chapelle. Bon. On n’y a pas été. Enfin, on est bien allés voir une expo photo dans une chapelle, mais on s’est rendus compte à la fin de la journée que ce n’était pas la bonne. Rien à voir avec le festival. Un artiste avait loué le lieu pour exposer ses propres photos d’un élagueur grimpeur. C’était sympa quand même, mais du coup on a pas vu les travaux de Stéphane Couturier. Tant pis.

PAUSE REPAS – On a mangé des tielles.

Ma chère Natha, j’ai bien reçu ton commentaire de ce matin dans lequel tu me demandais ce qu’était une tielle. La tielle, c’est une spécialité Sètoise. Comme Georges Brassens (mais à la différence des tielles, les Georges Brassens ne se mangent pas, attention donc à ne pas les confondre). C’est une tourte dont la pâte est fine, souple, grasse et orange. À l’intérieur, une sauce tomate épicée et du poulpe. Beaucoup de tomate, un peu de poulpe. On la mange froide ou chaude. Tu en trouveras ici la recette exacte. Mais je t’en supplie, soit gentille avec les poulpes. Ces petites bêtes-là sont sensibles, intelligentes, possèdent sans doute une conscience d’elles-mêmes, et n’aiment pas particulièrement qu’on leur découpe les tentacules, d’autant que l’ail sur les plaies, ça pique.

PAUSE REPAS – J’ai bu un jus de litchi. J’avais demandé poire.

Ensuite, direction l’ancien collège Victor Hugo. Attention, ne pas confondre avec le nouveau collège Victor Hugo. On a confondu. On a marché un petit quart d’heure avant de trouver le lieu, mais on n’a pas été déçus. Les travaux de trois artistes y étaient exposés. Enfin, un et deux. Ceux de Gabriele Basilico, et ceux de Andrea et Magda.

Basilico prenait des bords de mer en photo. Prenait parce qu’il est mort. Des bords de mers parce qu’il était payé pour. Pas n’importe lesquels, les bords de mer, ceux du nord. Les photos sont grandes et belles, elles occupent le rez de chaussé et une partie de l’étage, il y a de quoi s’en prendre plein les mirettes. C’est du noir et blanc. C’est souvent du noir et blanc, vous allez me dire. C’est vrai. On a remarqué ça aussi.

Andrea et Magda présentaient plusieurs séries sous le titre d’Horizons Occupés. Clichés de Palestine, Jordanie, du Liban ou d’Égypte. Vous voulez voir des villes de pierres blanches au design futuriste montées par un investisseur américano-palestinien et que personne n’habite ? Allez-y. Vous voulez constater le effets du tourisme sur les régions, elles, plus si désertiques que ça mais marketées comme telles ? Allez-y. Vous aimeriez voir l’envers du décors d’une série qui retranscrit aussi fidèlement la vie au Moyen-Orient que plus belle la vie le way of life marseillais ? Allez-y. C’est très beau, tout ce gâchis. Très esthétique. Il vaut mieux le voir en photo que de vivre à proximité. Il vaut mieux en rire que de s’en foutre, comme disait l’autre chanteur dégagé.

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Photo par Gwlad (avenue Georges Clemenceau)

Après tout ça, direction les Entrepôts Larosa, où ma colocataire en stage pour le mois nous attendait de pied ferme pour nous offrir un petit café et une belle visite des huit expositions (si je n’en oublie pas) présentes en ce lieu.

C’est là que j’ai trouvé ma came. J’y ai découvert les travaux de Mauricio Toro Goya. Et quel travaux ! Des photos très particulières, des ambrotypes néo-baroques, de la mise en scène, du flou et de la surcharge, du symbolisme à portée critique et politique. Toro Goya retrace l’histoire violente de l’Amérique Latine. La mort est là, partout présente, esthétisée pour raconter les horreurs de l’ère Pinochet et de toutes les maltraitances qu’ont subies les peuples de cette région du monde des années 80 à nos jours. Si vous le pouvez, demandez une visite guidée. D’ici, on ne peut pas comprendre cette sur-accumulation de symboles qui nous sont étrangers, pourtant aucun élément n’est là par hasard. Bref, allez voir ce que fait ce garçon, moi je n’en reviens toujours pas.

J’ai également découvert les photos intemporelles de Martin Bogren. Une espèce de petite révélation. Je prends beaucoup plus de plaisir devant le flou, quand mon imagination doit remplir le vide, que devant une image moderne ultra nette. Une exposition parfaite pour projeter ses sentiments sur des images qui ne disent rien par elles-mêmes, ni d’où elles viennent, ni de quelle époque elles sont tirées, ni qui est la personne photographiée. Je sur-kiffe pour parler jeune vieux.

Et João Pina, on en parle de João Pina ? Pardi qu’on en parle. Des images magnifiques du Brésil. Magnifiques ? Les photos le sont, oui. Mais il ne faut pas être choqué·e par les flaques de sang sur les trottoirs des favelas et les larmes de mères en deuil. Sinon c’est trop dur. Des gangs et des enfants. Des enfants dans les gangs. Et les jeux olympiques, et la coupe du monde de foot, à quelques kilomètres de là. Les mitraillettes dans le dos des adolescents et dans les mains des brigades policières. Des morts des deux côtés. Dix-huit par jour, on estime. Tout est là. Dans les photos. Faut pas fermer les yeux. C’est pas facile.

Et Alexander Chekmenev ? Mais bien sûr qu’on va en parler aussi. Chute de l’URSS. Du jour au lendemain, en Ukraine, il faut refaire tous les passeports. La population est appelée à venir se faire tirer le portrait d’identité. Toute la population ? Oui, toute, mais voilà, pour ceux et celles qui ne peuvent plus se déplacer, comment fait-on ? On envoie Chekmenev les photographier. Il va donc aller rendre visite à toutes ces personnes en incapacité de se déplacer, sur leur lieu de vie. Des personnes trop âgées, des personnes handicapées. La misère qu’il constate le frappe trop fort. Il lui faut élargir le cadre. Il lui faut montrer le dénuement sordide dans lequel le stalinisme a plongé une grande partie de la population des zones rurales. Alors, par ses propres moyens, il arrive à se financer une pellicule couleur. Une seule. Trente-six photos. La série s’appelle Passport. La plus poignante sans doute : une octogénaire, à la louche, vivant dans une seule et minuscule pièce. Elle est assise sur son lit, sur lequel repose toutes ses possessions : ses habits, sa cuisine (une bassine et quelques ustensiles), et au dessus de sa tête, comme l’étage d’un lit superposé, son cercueil, acheté à l’avance. Pourquoi faire refaire leur passeport à des gens incapables de se déplacer ? Ceux et celles qui l’ont reçu ont dû se poser la question. Une bonne partie ne les ont jamais reçus, ces passeports. Ils étaient morts avant. Ah la la, de nos jours les gens veulent tout tout de suite, savent plus patienter.

Il y a aussi le travail de Chloé Jafé, photographe française en immersion dans les vies des maîtresses de Yakuzas. De très belles images qui vous font penser aux structures sociales à la fois si particulières au Japon et si communes aux mafias et autres systèmes d’organisation rigides et patriarcaux.

Et puis, et puis, il y avait aussi l’expo collective sur mai 68. Le gros de l’exposition, ce sont des photos prises par les journalistes de France-Soir. On peut également voir des affiches d’époque, entendre un enregistrement de reportage radio en direct des affrontements. C’est beau. Ça donne envie de lutter contre. De lutter pour. C’est très léger, malgré l’état actuel du pays, à côté de toutes les autres expo. Cohn-Bendit a une maison de vacances à Sète. Il a été invité pour l’occasion. L’a pas voulu venir. Tant mieux. Qu’il reste chez lui. L’expo est assez dure comme ça pour des enfants, on n’a pas envie d’être obligé·e de passer sa visite à se retourner toutes les cinq minutes pour vérifier si notre petite-fille n’est pas en train d’ouvrir la braguette du vieux Cohn soi-disant de son plein gré.

Enfin, on est allés voir les moineaux. Quatre minuscules bébés moineaux lovés au creux d’une petite niche dans un mur au fond de l’entrepôt. Ils se cachaient bien, on n’a vu qu’un peu du duvet du dessus de leur crâne qui dépassait du nid. Ça c’est pas dans l’expo, mais je vous conseille tout de même de finir par ça. Un peu de douceur, ça ne fait pas de mal.

Bon. Pas de conclusion générale ? Non. Vous n’avez qu’à aller voir par vous-même. Le festival se termine ce dimanche 27 mai. Dépêchez-vous.

 

 

#108 – Il y a des petits signes

Vous remarquez qu’une personne de votre entourage vous sourit particulièrement, rit a vos blagues même lorsqu’elles sont mauvaises, se retrouve souvent à quitter le lieu de travail ou d’une quelconque activité commune en même temps que vous, en profite pour faire un bout de chemin à deux, essaye de vous connaître un peu mieux. Vous remarquez avec le temps que le physique de cette personne ne vous laisse pas insensible, que ses propos vous intriguent et que ses manières vous émeuvent. Vous remarquez également que lorsque vous devez vous quitter, il y a toujours une nouvelle question qui émerge de la conversation, et que vous vous dites mutuellement « allez bonne soirée » au moins trois fois avant de recommencer à discuter pour finir par vous apercevoir que ça fait déjà trente minutes que vous devriez être chez vous, mais que non, vous êtes toujours sur ce bout de trottoir à tailler la bavette. Bref, vous remarquez des petits signes qui semblent montrer qu’une entente plus que cordiale est possible entre cette personne et vous.

Alors vous tentez également de faire passer un petit signe tout discret. Quelque chose d’assez anodin, qui laisserait entendre que vous-même n’êtes pas insensible à ses charmes sans pour autant trop vous révéler : vous proposez un café. Quelques jours plus tard, on vous propose une soirée d’anniversaire, la sienne, au cours de laquelle vous trouvez ce qui vous passe par la tête pour vous revoir encore une fois à l’extérieur du cadre professionnel ou de l’activité de votre rencontre première. Ce qui vous passe par la tête, mais en restant tout de même authentique vis-à-vis de vos intérêts, faudrait pas construire un château de cartes sur un pâté de sable. Ce nouveau rendez-vous en entraîne un suivant, sous un prétexte ou un autre, et vous finissez enlacés·es sous une couette.

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Photo par Gwlad (rue Levat)

Lorsque l’atelier de communication non-verbale s’achève (j’ai pas trouvé plus fade comme métaphore), les langues se délient. Vous vous ouvrez enfin un peu l’un·e à l’autre. Vous vous amusez du tour qu’ont pris les choses, des cheminements qui vous ont menés là. Vous posez finalement la question, par curiosité : « C’est quand que tu t’es dit que… t’avais envie qu’on… enfin, que tu as commencé à penser à… tous les deux ? » Décidément, vous n’êtes pas très fort·e pour poser des questions directes. Qu’à cela ne tienne, la personne en face de vous répond : « Ben, quand tu m’as proposé un café. » Paf. Petit vertige. Vous vous demandez comment vous aviez à ce point pu vous monter votre petit film au départ ! Mais bon, hein, au final vous êtes bien content·e de les avoir vus, ces petits signes qui n’étaient pas là.

Ça vaudra pour toutes les fois où vous n’aviez pas su voir la roue du paon planté à un mètre de vous.

#101 – Par paquets de douze

On peut très bien écrire une note de blog
Tout en alexandrins dans un français moderne.
On peut causer profils, comments, likes, share et log-
In, bien que le sujet soit peut-être un peu terne.
Rien n’est interdit. Rien. Alors parlons d’un jeu.
Vidéo, le jeu ? Oui. Qu’est-ce que je dois comprendre ?
Qu’au cours des derniers jours j’en ai parlé un peu
Trop souvent, ça suffit ? Bah, je n’ai rien à vendre,
Mais les gens (qu’on salue) de Tiny Red Camel,
Si. On en causait . Prenez le temps de lire.
Je vous avais promis de vous faire un rappel
Quand le jeu sortirait. Et ben voilà. Je tire
La sonnette d’alarme. Je vous dis qu’il est là.
Son nom, c’est Shrug Island, et il est disponible
Sur Steam et Itch.io. C’est, je vous l’ai déjà
Dit, un court point ‘n’ click dont il est impossible
De ne pas apprécier la qualité de l’art
Visuel et sonore. C’est un jeu poétique.
J’ai hâte d’y jouer. Allez. C’est le départ
D’une journée chargée. D’ici que je rapplique,
Prenez bien soin de vous. Sachez qu’à Montpellier
Y a des concerts partout, faites votre recherche.
Je dis ça comme ça. Si vous vous ennuyez…
Bon. Zou. Faut vraiment que je me bouge le derche.

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Photo par Gwlad (rue du Grand Saint Jean)

 

#094 – AtchAAAAAAAAH

On se plaignait qu’il pleuve. Maintenant il ne pleut plus. Il fait un grand soleil, l’air est sec et il y a du vent. Les pollens volent dans tous les sens. La gorge gratte, les yeux piquent, la peau se craquelle, et tous en chœur on éternue dans les rues et sur les places de cette ville dont les platanes constituent 80% de la flore. On trouvera toujours une raison de se plaindre. Je m’aperçois, en lisant un article de santé, que ce qui nous tue chez le platane, ce n’est pas vraiment son pollen, ce sont les petits poils de ses fruits qui volètent dans tous les sens et viennent se ficher dans les muqueuses. C’est sans doute vrai. On m’a toujours dit que je n’étais pas allergique aux platanes. Enfin, pas trop. C’est ce qu’ont révélé les tests cutanés quand j’avais une dizaine d’années. Pourtant qu’est-ce que je morfle. Peux pas terminer une phrase sans m’étrangler.

Attendez, pardon, en parlant de s’étrangler, je viens de tomber sur un article un peu foufou. Une Française de 20 ans vient de vendre sa virginité à un banquier Américain pour 1,2 millions d’euros.

Ben du coup qu’est-ce que vous voulez que je vous raconte après ça ? Je vais pas vous recopier l’article du Midi Libre en entier, mais maintenant vous n’en avez plus rien à faire de mes pollens… Quand même. 1,2 millions d’euros. Je me demande si un homme peut vendre sa virginité. Non mais c’est une question comme ça, juste pour savoir. Vous allez me dire qu’on ne pourrait rien prouver. Oui, mais pour les femmes non plus, en vérité. D’ailleurs, dans les pays où l’on doit arriver vierge au mariage, on a trouvé depuis longtemps un paquet de techniques et de trucs qui permettent d’y arriver vierge comme sont supposées être les vierges. Le nombre de prostituées Japonaises qui se font retaper l’hymen dans le but de gonfler leur tarif est assez impressionnant également. D’ailleurs, peut-être qu’elle ne le savait pas ça, Jasmine. Elle aurait dû se faire discrète et éviter la presse, comme ça elle aurait pu vendre sa virginité une première fois au DJ qui lui en proposait 900.000€, puis faire une petite hymenoplastie à 3000$, et la vendre une seconde fois au banquier. 1,2 millions d’euros. Ça en fait des plaquettes d’antihistaminique.

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Photo par Gwlad (Odysseum)

Bon, ça y est. Le Mama Sound a mis sa liste de concerts à jour. Ouf. Qu’est-ce qu’on ferait sans eux, hein ? Je vois que Le chauffeur est dans le pré passe à 21h30 à la Pleine Lune, c’est un groupe qui mélange différentes traditions musicales européennes et africaines. Ça doit être intéressant.

Sinon, le festival Textes en cours continue ce soir, c’est encore à 19h15 et c’est au théâtre La Vignette, avenue du val de Montferrand (c’est à la fac de lettres). Les textes en cours d’élaboration qui seront lus seront Suspendus de Rémi Gémon, Marianne de Claire Muriol, et Paillasson de Mathilde Jaillette.

Sur ce, bonne journée à toutes et à tous, et à demain !

#087 – Dans le poste

Mince. J’ai raté la carte aux trésors. Pas de Montpellier vu du ciel. Pas de présentateur ou tatrice neuneu·e pour nous faire apprécier la beauté de notre ville qu’on savait pas qu’elle était si belle. Pour nous raconter une centième fois que la statue au Peyrou, c’est celle de Jean-Moulin qui s’était fait photographier rentrant vainqueur à cheval à la fin de la guerre. Il paraîtrait même que ce soir-là ils avaient organisé un concert dansant avec son ami Lully.

J’ai également raté Burger Quiz. Deuxième émission disparue il y a une éternité et qui revient cette année. C’est le phénomène sur l’internet marchand. Tout le monde adore. L’époque est à la nostalgie. C’est Alain Chabat, ils et elles disent, qui les fait regarder. Moi aussi je l’aime bien, mais bon. Émission télé, fast food, quiz, célébrités. Sans déconner.

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Photo par Koinkoin (rue Lamartine)

Pourquoi j’en parle d’ailleurs ? Parce que j’ai osé jeter un coup d’œil sur le twitter du blog et je me suis fait inonder. Ces deux trucs, et Hollande sur un plateau télé. Qui dit que Macron n’est pas… Vous l’avez sans doute tous et toutes entendu si vous vivez en France. Ils ont trouvé deux bons filons, Quotidien. Point de journalisme, pas d’enquête d’investigation, mais de l’analyse de communication, tout le monde peut le faire, tout le monde sait le faire aujourd’hui, et quoi qu’il en ressorte c’est pas grave, c’est le jeu de la com, tout le monde est dedans, on est là pour rire pas débattre. Qu’est-ce que c’est le deuxième bon filon ? C’est de découper les interviews. Faire de courtes vidéos sous-titrées de chaque question, et de laisser Joann Sfar, peut-être bourré, pourrir le feed de ses abonnés·es pour eux en retweetant tout sans exception à 1h du mat. Tant que Joann Sfar —auteur, dessinateur, réalisateur et agrégateur de tweets— sera là, France Culture, Quotidien et Raphaël Enthoven n’auront pas besoin de hausser la voix pour provoquer des avalanches.

#080 – Et ma sérotonine ? Elle arrive ma sérotonine ?

Il y a des jours comme ça où on ne sait pas bien quoi raconter. Vous allez me dire qu’il y en a eu beaucoup des jours comme ça ces derniers temps. Oui. Je ne peux pas nier. Le soleil est revenu depuis peu, mais pas le moral. D’où le titre. Si vous ne voyez pas le rapport c’est que vous n’avez pas lu l’article de vendredi dernier. Même l’idée de vous écrire une petite note pour vous divertir, vous faire sourire, ne me motive pas plus que ça. Je n’ai pas l’envie d’avoir envie comme disait l’autre millionnaire mort. Et puis un billet par jour, quand on a une vie banale à souhait… C’est un peu comme publier son autobiographie à douze ans. L’intention est honorable mais alors, côté lecteurs·rices faut vraiment gratter pour trouver quelque chose à se mettre sous la dent. J’aurais pu vous raconter mon trajet retour Béziers-Montpellier mais il ne s’y est rien passé de notable.

Quoi, c’est tout ? Et oui. Cet après-midi ça va encore être la course entre bénévolat et évènements culturels, j’aurais peut-être le temps de prendre une douche avant de partir si j’arrête ce billet rempli de tout ce beau vide ici.

Ah non, j’oubliais ! Si vous êtes étudiant·e, en fin d’aprem-début de soirée il y a présentation du festival Montpellier Danse pour les étudiants. C’est de 18h30 à 22h exactement et c’est à l’Agora, cité internationale de le danse, 18 rue Sainte-Ursule. Il faut juste s’inscrire ici avant. C’est gratos. Moi j’y serai avec des amis. Ça fait bien longtemps qu’on est plus étudiants·es, mais on a des contacts hauts placés.

Si vous n’êtes pas étudiant·e, ou que vous l’êtes mais que comme moi vous n’en avez rien à faire de la danse : open mic à l’ODB qu’on imagine bien ce que ça peut donner, Le Bœuf Deluxe à la Petite Scène qu’on nous dit que c’est de l’éclectique (?), Sombrero Gang au Clandestin que c’est apparemment du rock latino, ou Yenalaba à l’Irish Tavern que ça semblerait être de la musique traditionnelle des Balkans. Tout ça c’est à 21h sauf le dernier qui commence une demi heure plus tard.

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Photo par Gwlad (arrêt Odysseum)

#073 – On continue sur la lancée

Il flotte, il flotte encore, il flotte toujours. Parlez-moi de printemps. J’ai fait mon grand ménage pour rien. Y a même un article sur le site de france 3 régions : Montpellier : la pluie plombe le moral, on est vraiment des petites natures. Donnent un chiffre dans l’article : « Depuis le début 2018 il a plu autant dans l’Hérault que sur l’ensemble de l’année dernière… ». Au temps pour moi, c’était pas un chiffre. Font même de la vulgarisation scientifique, ce qui va beaucoup plaire à notre biologiste de Koinkoin. On nous dit : lumière = sérotonine = bonheur. J’ose pas regarder vers Koinkoin, je suis sûr qu’il bougonne. Ah, attendez, ce n’est pas fini : « Ce n’est pas une équation mais un ressenti qui n’épargne aucun cerveau. » Oui. lumière = sérotonine = bonheur, ce n’est pas une équation, c’est un ressenti. Et ben. Effectivement, la pluie, ça mine le moral.

Toujours du Terauchi dans les oreilles, je retourne au Japon, ça vaudra mieux. Hier on avait failli parler de 菊池俊輔, Kikuchi Shunsuke. On va se l’expédier histoire que ça fasse pas comme avec Delfeil de Ton. Ce compositeur, vous le connaissez peut-être sans le savoir. Regardiez-vous le dessin animé Dragon Ball Z ? Alors vous connaissez Kikuchi. Les scènes de batailles, de tension, les fameuses musiques de prologue, celles des OAV également, c’est lui. Avez-vous vu Kill Bill ? Alors vous avez entendu du Kikuchi. Deux ou trois fois.  Ah oui, aujourd’hui, on n’a pas de photo de Koinkoin ou de Gwlad —à Montpellier, quand il pleut, on en profite pour ne pas faire les choses—, alors je me disais que je pourrais éventuellement me permettre de glisser quelques liens vers de la musique sur… su… you… sur… y… argh. Non. tant pis. Je n’arrive pas à m’y résoudre. Ça me fait trop mal au cœur de mettre de la vidéo sur ce blog. Vous chercherez vous-même. Le type a également été compositeur pour Kaji Meiko, une chanteuse et actrice dont certains morceaux servent de bande son au film de Tarentino. 怨み節 et 修羅の花 par exemple. Dans le même film on peut également entendre le générique douverture d’une série composé par Shunsuke Kikuchi.

Bon maintenant il va falloir que je trouve une photo de Montpellier… J’en prends pas tous les deux jours des photos. Enfin, je crois que j’ai trouvé.

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Photo par moi (Peyrou)

Que va-t-on faire ce soir à Montpellier ? Vous je sais pas, moi je vais rester planqué au chaud, j’ai assez traîné sous la flotte ces derniers jours.