#100 – Le Festival Intercommercial des Sports Extrêmes

F.I.S.E. ou pas F.I.S.E. ? C’est la grosse question chez les Montpelliériennes·s. C’est le gros festival des sports extrêmes, avec ses gros guests et ses gros sponsors.

Ceux et celles qui connaissaient le F.I.S.E. depuis ses premières années ne vont plus au F.I.S.E., ceux et celles qui travaillent au F.I.S.E. ne vont plus au F.I.S.E., ceux et celles qui ne veulent pas respirer de la poussière toute une après-midi en plein cagnard avec moins de trente centimètres carrés d’espace personnel ne vont plus F.I.S.E., ceux et celles qui n’aiment pas ensuite rester assis·es cinq heures sur du béton brut en pente pour voir une heure trente de prouesses acrobatiques ne vont plus au F.I.S.E., ceux et celles qui ne veulent pas payer une bière 5€ et un sandwich 8€ ne vont plus au F.I.S.E., ceux et celles qui pratiquent certains des sports présentés mais n’adhèrent pas à la vision boisson-énergisanté des sportifs·ves de concours parmi les stands commerçants que cet évènement véhicule ne vont plus au F.I.S.E..

Les familles qui ne savent pas trop quoi faire le week-end vont au F.I.S.E., les adolescents·es qui n’y sont encore jamais allés·es vont au F.I.S.E., les jeunes qui trouvent que c’est important pour leur image d’aller au F.I.S.E. vont au F.I.S.E., les gens qui veulent s’y retrouver pour voir des amis comme à la bonne époque, voir un peu de sport et boire de la bière vont au F.I.S.E. mais se disent quand même que c’est plus pareil, les gens qui veulent voir des prouesses acrobatiques et que ça ne dérange pas de respirer la poussière toute une après-midi en plein cagnard avec moins de trente centimètres carré d’espace personnel, puis de rester assis cinq heures sur du béton brut en pente pour voir une heure trente de prouesses acrobatiques, payer une bière 5€, un sandwich 8€, tout en n’étant pas dérangé par l’image boisson-énergisanté des sportifs·ves de concours parmi les stands commerçants que cet évènement véhicule vont au F.I.S.E..

Ah oui, et Koinkoin veut aller au F.I.S.E. samedi. Je lui ai dit oui. Donc, moi aussi, j’irai au F.I.S.E.. Mais je ferai la gueule.

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Photo par Koinkoin (rue Alexandre Cabanel)

Et ben voilà. J’ai plus qu’à me taire après ça. Je vous raconterai peut-être comment ça s’est passé.

En tout cas sachez que si vous n’avez rien le temps de prévoir avant ce week-end et qu’étrangement le F.I.S.E. ne vous dit pas, en ce moment à Sète se déroule un super festival de photographie : Images Singulières. L’une de mes colocataires est impliquée là-dedans alors j’irai voir ça par moi-même, je vous en causerai sans doute ensuite. Le festival est ouvert depuis hier et dure jusqu’au 27 mai, il y a des expositions un peu partout dans Sète. Voilà leur programme, pratique pour retrouver les lieux et les photographes exposées·s.

Allez, bisettes à tous et toutes, et à demain.

#097 – Dimanche à la campagne

Ého ! Ça capte ? Ah voilà. Faut plus toucher l’antenne.

Donc, je vous écris depuis la campagne Lodévoise. Je ne peux pas écrire n’importe quoi, car les amis chez qui je suis m’ont demandé l’adresse du blog. Je me sens épié. Pas par eux, non. Je me sens épié parce qu’une bestiole à huit zieux que j’ai moi-même perdue de vue traîne quelque part dans la pièce. Huit pattes aussi, tout marche par huit chez ces machins-là. Je les ai en horreur. Je sais que je ne devrais pas. Mais c’est comme ça. Enfin bref. Savez-vous ce que j’ai vu dans le jardin hier soir ? Devinez. Sur une fleur que je prenais en photo. Oui, je prenais une fleur en photo. Une veuve noire. Pas la fleur. La saloperie d’arachnide. Toute petite, minuscule, avec sa tache rouge. Les abords du Salagou en sont farcis. Mon ami Vincent me dit qu’il y a même un gars qui ne vit pas dans la région mais organise des excursions au Salagou pour observer les veuves noires. Allison et Vincent viennent juste d’acheter leur maison avec son hectare de terrain boisé. Bon ben acheté, c’est acheté. Il faudra faire avec les sols riches en uranium, le toit du poulailler en amiante et les veuves noires dans le jardin.

Vincent a le pied dans le plâtre. Pourquoi ? Parce qu’il fait du sport. Vous voyez, parfois ce que vous disent les médecins… Bon, et que fait-il comme sport ? Du bicross. Enfin, aujourd’hui on dit BMX. Bicross je crois qu’ils ont un peu honte. Ça leur rappelle le tube de mousse qu’ils avaient sur le guidon et les habits fluo qu’ils portaient tous dans les années 90. Seraient à la mode de la vapor wave aujourd’hui. D’ailleurs, il y a tentative de me faire taire. On m’a menacé de ne pas me laisser accéder à internet pour poster l’article si j’utilisais le mot bicross. Nègre, pédé, bicross, autant de mots tabous à notre époque. Donc il faisait du bicross, mais pas n’importe où. Dans un champs de bosse. La discipline s’appelle le dirt. Elle a cela de particulier qu’avant de pouvoir sauter par dessus les bosses et se faire un arrachement osseux en tentant un no hand (parce qu’ils veulent plus dire condor, non plus) ou une quelconque autre figure, on doit les faire sortir de terre soi-même, ces bosses. En tout cas c’est la discipline telle que je l’ai vue pratiquée. Pelles, râteaux, et arrosoirs sont des outils tout aussi indispensables que les vélos. Également indispensable, une certaine résistance à la bière.

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Photo par Gwlad (Odysseum)

Pourquoi je vous parle de ça ? D’abord parce que j’aime bien vous présenter mes amis, et puis pour vous dire également qu’au FISE, qui débute la semaine prochaine à Montpellier, il y aura du bicross, mais il n’y a pas de dirt. Ça fait quelques années qu’il n’y en a plus. C’est dommage. C’était spectaculaire, ça ramenait du monde. Ces dernières années, ça se faisait vers le bassin Jacques-Cœur, mais apparemment les riverains auraient poussé la gueulante. On ne saura jamais vraiment. Qu’est-ce qu’il y aura alors ? Du bicross sur modules, du vélo tout terrain, de la planche à roulette, du patin à roulette, de la trottinette et de la planche de wake.

Bon, c’est tout pour aujourd’hui ! À demain.