#138 – Le réveil d’un autre

Ce devait être un matin de joie, c’est un matin de colère.

C’était la première fois depuis presque un mois que je n’avais pas à mettre le réveil. Mon colocataire a mis le sien sur son ordinateur qui vient de me réveiller à 6h50 en hurlant de la musique de merde à fond, du Saez, horreur des horreurs. Sauf que lui est déjà parti faire sa petite sortie du week-end. J’ai donc dû me lever pour l’arrêter moi-même. La dernière fois que j’avais pu ne pas mettre mon réveil, il y a deux semaines environ, il s’était passé la même chose. Mais à 6h30, je n’avais finalement pu dormir que quatre heures. Laissez-moi donc me défouler quelques secondes. Mon colocataire est la personne la plus égocentrique (et c’est un blogueur qui vous dit ça), égoïste et profiteuse que je connaisse (ah, c’est beau la colocation !). Les gens, pour lui, sont : a) des outils, b) des paysages. Je ne m’étonne même plus de ses petites inattentions, mais là j’en ai assez. Surtout que je le lui avait dit hier, avant d’aller me coucher, que j’attendais cette nuit avec impatience, et d’à quel point j’étais heureux de ne pas avoir à mettre de réveil. C’est à se demander s’il ne le fait pas exprès. Mais non, il ne le fait pas exprès, enfin j’espère, c’est simplement que son cerveau est incapable de gérer le minimum des gestes à accomplir, d’attentions à avoir —je dis bien le minimum, attention, croyez pas que je demande des choses impossibles comme de reposer ce qu’il m’emprunte sans me le demander à l’endroit où il l’a trouvé afin que je puisse me servir de mes propres outils quand j’en ai moi-même besoin (et par outils j’entends coupe-ongles, ciseaux, tondeuse, chargeurs, brosse à dents…) non non, ça j’ai oublié dès le deuxième mois de colocation, je parle vraiment du minimum minimum— pour préserver un tout petit peu de il-fait-bon-vivre en communauté ( communauté de trois personnes dont lui), absorbé par lui-même qu’il est. Toute son énergie étant mise à satisfaire ses désirs par tous les moyens les plus courts, il n’a simplement plus les ressources nécessaires à développer le moindre égard envers les autres. Non, vraiment j’en ai assez. Je me console en pensant que dans un mois et demi, c’est fini. Je souhaite bien du courage à ses pauvres colocataires futurs. Et oui, car cet énergumène-là est incapable de vivre seul. Pourtant, pour le bien être de tous, c’est exactement ce qu’il devrait faire. Enfin. Voilà. Hier, j’avais décidé de vous écrire un joli petit article, mais je me réveille encore une fois après une nuit trop courte, je suis agacé, et je n’ai personne avec qui en parler à cette heure matinale, alors c’est vous qui prenez.

Et les nouvelles du monde ? Vous voulez que je me flingue, c’est ça ? Je n’ai pas les épaules pour les supporter aujourd’hui. Je suppose qu’elles sont aussi terribles qu’hier. J’ai vu une case de BD dont j’ignore l’auteur passer sur le net hier, un personnage y disait « My desire to be well-informed is currently at odds with my desire to remain sane. » Je vous laisse méditer là-dessus. Et je vois qu’il fait beau dehors, je vais aller faire un tour au soleil plutôt, ça me changera les idées.

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Photo pat Gwlad – espace Pitot

P.S. : je crois que je fais à nouveau une angine. Y a des jours comme ça…

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