#017 – Non. Non… Non !

Écoutez, n’insistez pas monsieur ! Puisque je vous dis que non. C’est pas possible ça. Non, re-non et re-re-non ! Et si vous persistez, je vous préviens, j’appelle la police. Si je vous dis que je n’ai pas envie d’écrire une note de blog ! Vous pouvez respecter ça ? Vous n’allez pas me forcer quand même ! De toute façon il n’y a aucun lecteur, aucune lectrice ! Personne ne s’en apercevr… AH ! Vous êtes là vous. Hum. Voilà voilà. Justement, j’expliquais à ce monsieur que j’étais impatient de vous voir arriver. Oh la la, oui. Avec toutes les bonnes choses que j’ai à vous raconter, vous imaginez bien. Des choses comme ci, des choses comme ça. Toute une variété de choses les plus diverses les unes des autres. Tout ça très intéressant, on s’ennuie rarement avec ce genre de choses. Bon je dis choses, on pourrait dire machins, trucs, bidules. Mais bon, il faut bien s’arrêter sur un mot. Tant de choses. Les meilleures choses. En plus, j’attends l’arrivée des photos de notre reporter Gwlad d’une minute à l’autre. Comme si je n’avais pas assez de choses à vous raconter, ça va encore me donner des idées en plus. Mais qu’est-ce que je vais faire avec tout ça ?! On se le demande, hein ? Hein, qu’on se le demande… Sinon vous ça va ? Enfin, je pose la question comme ça, c’est pas… Je veux dire, si vous trouvez que je dépasse mon rôle de blogueur et que je n’ai pas à vous poser de telles questions je comprendrai très bien. Vous n’êtes pas obligé·e de répondre. C’était surtout par politesse. Enfin allez pas croire que je m’intéresse pas à vous non plus. Si vous me répondez ça sera très bien aussi… Voilà, on attend les photos et… AH ! je crois que ça a fait *ding*, je pense que c’est le facteur internet qui vient m’apporter mon courrier électronique contenant les photos numériques.
Bougez pas, je reviens. tap tap tap tap tap tap tap tap

#016 – La Saint vous savez bien

Aujourd’hui, c’est la Saint Vacherin, contraction de Saint Valentin et de vache à lait. Oh la la, que vous vous écriez, il va pas nous faire le coup de la fête pompe à pognon pour consommateurs chevronnés ! Non, en effet, je vais pas vous le faire, le coup. Mais vous êtes pas passés·ées loin.

Enfin quand même, vite-fait en passant si vous me le permettez, vous laissez pas bouffer le cerveau par les vendeurs de parfums qui puent, de crottes en chocolat, de mauvaises tables labellisées maison alors qu’en fait c’est du Métro micro-ondé. Un peu de dignité, merde.

Baisez plutôt. Baisez, baisez, baisez beaucoup. Ça coûte pas cher, juste le prix des capotes et c’est bon pour la santé, contrairement aux trois cochonneries citées plus haut. Baisez pour vous. Baisez pour moi. Moi je n’ai personne avec qui baiser. Il y a 999 raisons à cela, et seulement deux bonnes dans le tas. Tiens. J’ai écris neuf cent quatre-vingt-dix-neuf en chiffres et deux en lettres. C’est aussi bien. C’est plus joli.

La première, de ces deux raisons, c’est que je ne cherche pas activement de partenaire. Je ne dis pas que je ne suis pas pro-actif en la matière pour ne pas susciter d’angoisse chez les chercheuses·eurs d’emploi. Tourner toute mon attention vers ça, c’est pas mon truc, la drague, c’est pas mon truc, la séduction c’est de l’imposture, et j’aime ni les postures ni payer des impôts. Faudrait que je tombe au hasard sur une nana à mon goût et moi au sien, ou ses seins aux miens et les miens aux siens. Ah le bon mot ! On se régale.

Ce qui nous amène à la seconde raison. Quelle est-elle ? C’est que je ne rencontre pas assez de gens. Dommage, c’était la seule chose qui aurait pu m’arracher à l’isolement intime. Peu habitué aux grosses soirées à musique forte, pas danseur pour un cent, à l’aise plutôt dans les petits groupes où ça tchatche et surtout dans les tête-à-tête, ça ne favorise pas. On pourrait ajouter un manque cruel de confiance en soi comme millième raison, mais j’ai appris qu’il ne fallait pas se dévaloriser en public alors chut. On causerait même plus justement si on disait que je n’aimais plutôt pas me mettre en valeur, si ce n’est pour déconner. Mais je ne vais pas m’étendre sur le sujet parce que tout ça me rend quand même un peu triste et que les claviers électroniques n’apprécient pas bien l’eau salée.

Je vous avais dit que je parlerai de mon cul hier, parce que, justement, le billet d’hier était carencé en moi. C’est pas que ça m’amuse, vous savez, simplement j’aime tenir mes promesses.

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Photo par Gwlad (rue du Général Lafon)

Que dire de plus ? Toujours des lieux communs, des relents de romantisme de mec un peu frustré : les petites attentions, les beaux cadeaux, c’est un peu triste quand c’est un publicitaire qui vous en donne l’idée, l’envie. Ni plus ni moins que pour la fêtes des parents et grands-, vous me direz. C’est juste un peu sec. Ça sent le couple en vitrine, l’amour sous blister, le désir en rayon chez Carrefour. Mais les gens vont toujours chez Carrefour par défaut, même ceux qui se disent qu’ils devraient pas finissent toujours par y retourner. On s’en sortira pas.

Si comme moi vous avez personne avec qui partager un petit moment d’intimité, je suis sûr que vous avez tout de même des amis·es. N’allez pas les voir juste pour pas rester seul·e ce soir-là précisément. Allez-y parce que se sont vos amies·s et que vous vous sentez bien en leur compagnie. Les amis·es traditionnellement c’est pas fait pour se faire suçotter le zizi, ni pour se faire bécoter le clicli, mais c’est de l’amour quand même.

Putain c’était vraiment niais à souhait cette fin d’article, moi qui comptait mettre du foutre, de la mouille et de la merde à tous les paragraphes. Je m’excuse bien envers vous, lectrice·teur. Promis je ferai mieux la prochaine fois.

Un loup solitaire, tendance mâle bêta, voire gamma ou delta.

(pour le coup je l’aime bien ce pseudo, mais il est un peu long et il ne conviendra pas à tous les articles. Tant pis, on y était presque.)

 

#015 – EnKino core, touKino jours

Et bien, c’était une chouette soirée. La première partie surtout. Je parle de la soirée Kino d’hier. Rapport au billet d’hier. Il y a eu un entracte de quinze minutes. Pas d’apéro à l’arrivée comme les dernières fois où j’étais venu, j’aurais bien pris un jus de fruits mais ce n’est pas très important. La seconde partie c’était des films réalisés lors d’un Kino Kabaret à Marseille. Y a plus d’apéro parce qu’il faut faire des soirées à six-cent. C’est ce qu’on m’a dit. J’ai pas compris si c’était six-cent places ou six-cent euros pour la location de la salle. Un jour j’essaierai de mettre mes idées en ordre dans ma tête avant de les écrire mais c’est pas pour tout de suite. Le Kino Kabaret, c’est comme le Kino normal sauf qu’au lieu d’avoir deux mois pour les réaliser les films, on a trois jours. Enfin sept à trois jours. Eux ont eu trois jours. Ça se voyait. Mais comment ne se serait-ce pas vu. Je suis pas serein sur le premier se. Vous me direz vu le nombre de lectrices·eurs ça choquera personne. De toute façon j’irai pas vérifier. La première partie était bien. Mon ami qui réalisait ses premiers montages s’en est très bien tiré. J’ai même pas grincé des dents. J’ai même ri. C’était pas la perfection niveau rythme, mais c’était tout de même très fluide et bien marrant. On a eu en tout un roman-photo filmé, un film sur l’arrivée devant dieu, un film sur nous vivons dans une simulation, un film sur une conversation, un film sur la construction d’un grand bateau, un film sur les mecs qui étouffent leur femme au sens figuré, et une interview de Dieu. Ça c’était la première partie, donc. Quand tous les films seront mis en ligne quelque part sur le net, je vous ferai une petite sélection regardable d’ici. Pour la seconde partie, z’avez qu’a trouver un·e blogueur·euse provençal·e pour vous en causer. C’est pas que j’ai la flemme, c’est que je voudrais pas retirer le pain de la bouche à mes petites·s camarades, et quiconque dira le contraire n’est qu’une mauvaise langue.

Bon tout ça est bien bordélique mais je suis à l’ouest aujourd’hui. Remettez les phrases dans l’ordre vous-même, ça vous fera votre petit jeu du matin, style puzzle. Vous prononcez peuzeul, peuzle ou puzle, c’est votre affaire.

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Photo par Gwlad (rue Enclos Fermaud)

Allez, pour finir quelques indications sur les prochains évènements Kino et on s’en tiendra là.

Le thème de la prochaine session choisi hier par la salle est :

STEAMPUNK

  • Si vous souhaitez participer à l’un des courts-métrages à un niveau ou un autre, il vous faut venir à : La Friche de Mimi, 42 rue Adam de Craponne, ce vendredi 16 février à 19h30. On va se rencontrer, discuter, former les équipes autour d’un apéro. Chacun·e ramène à manger et à boire. Pensez-y sinon on se contentera d’avaler notre salive en espérant qu’elle ait du goût.
  • Si vous ne voulez pas mettre les mains dans le cambouis mais que vous voulez quand même exploiter le résultat des travailleurs, ce qui est tout à votre honneur, c’est-à-dire assister à la projection gratuite des travaux finis : la session se déroulera le lundi 7 mai, toujours au Centre Rabelais, normalement toujours à 20h. Mais j’aurai bien le temps de vous en reparler d’ici-là.

Bon, c’est tout pour aujourd’hui. Vous avez remarqué ? Je n’ai pas parlé de moi. C’est un tort. Je me rattraperai demain.

#014 – Dieu existe !!

Mais non patates, c’était un blague. Vous êtes bien crédules. Un coup à vous faire enrôler dans une secte ou un parti politique, ça. Devriez faire gaffe.

Non. Ce soir, c’est le soir de la projection Kino Montpellier au Centre Rabelais. « Dieu existe », c’est le thème des courts-métrages qui y seront diffusés. Je peux vous le prouver, j’ai l’affiche :

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Je dirai même mieux : je suis SUR l’affiche. Mais pas plus. Je me suis pas fait chier à conserver mon anonymat en dix-sept ans d’internet pour tout gâcher à l’aube du jour où les services secrets pourront envoyer un drone zigouiller quelqu’un d’un simple clic sur sa page facebook.

Normalement, j’apparais dans deux courts. Ça dépendra du scénariste monteur, aura-t-il eu le temps de tout terminer ? J’en sais rien, ce sera la surprise. Je ne sais pas combien il y aura de pas-longs en tout. Une dizaine au moins, sans doute. J’espère que vous appréciez à sa juste valeur ma propension à vous fournir des informations précises et vérifiées. C’est ce qui fait la force de ce blog.

Je vais pas vous refaire un topo sur l’association Kino Montpellier, vous trouverez une description de ce qui s’y fait dans la seconde partie du billet #011 – Et mes pellicules, c’est du cinoche ?. Pour visiter leur site, cliquez sur l’affiche ou trouvez le lien dans la section « les potes » du menu en haut à droite de la page.

Puisqu’on en est à parler art montpelliérien, les rues en sont bourrées. Des graffs, des tags, des collages, des peintures au pochoir, des mosaïques pixelisantes, des demi-vélos comme surgissant des murs… On appelle ça le Street Art, qu’on aurait pu traduire par « art de rue », mais ne voulant pas faire trop de réclame pour ce tube de 2001 de la Fonky Family qui nous a tant saoulées·és, on a préféré traduire par Art Urbain. Si vous avez Twitter, je vous conseille de suivre le journaliste Montpelliérien Cédric Nithard qui semble passer ses journées dans les rues de la ville et ne manquer aucune occasion de photographier ces œuvres éphémères.

De notre côté, notre reporter photo Gwlad et moi-même avons arpenté notre bonne cité et avons chacun·e choisi une œuvre qui représentait à nos yeux la quintessence de cet art sur béton. Sans plus attendre, laissez-vous éblouir par la maîtrise époustouflante du trait sûr et de l’idée forte de ces deux génies anonymes :

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Photo par Gwlad (avenue Georges Clemenceau)
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Photo par moi (Verdanson – vers rue du Moulin de Silicate)

Non, ne dites rien. Inutile. Vous êtes soufflé·e, je le sais bien. Et pour cause. Quittons-nous là pour aujourd’hui. Je me retire sur la pointe des pieds et vous laisse tout à votre ébahissement, des rêves pleins la tête, des étoiles pleins les yeux.

#013 – Je suis toujours vivant

Ça va mieux, merci. C’est gentil de vous inquiéter. Je me réveille encore les oreilles bouchées mais, ça, comme me l’a dit l’ORL, c’est que j’ai un conduit labyrinthique et que la petite masse de cérumen qui s’y forme s’en échappe difficilement, de même que la moindre quantité d’eau y reste bloquée des semaines. Et l’eau, ou la transpiration, plus le cérumen, qu’est-ce que ça donne ? Des bouchons. Bravo, vous avez tout compris.

Hein ? Plus fort, j’ai dit que je ne vous entendais pas. C’est dégueulasse ? Et oh, c’est vous qu’êtes dégueulasses de me dire que je suis dégueulasse. On a tous un cul. On a tous du cérumen, oh. Alors comme ça y a des sujets dont vous n’aimez pas trop qu’on cause ? Des sujets tabous. Très bien. Je vais m’adapter. Je ne voudrais pas vous gâcher ce beau dimanche qui s’annonce. Je vais vous raconter ma balade au cimetière Saint-Lazare.

Hier, on savait pas trop quoi foutre avec mon pote Koinkoin (c’est lui qu’a choisi son pseudo, allez pas m’accuser de), mais il faisait beau et on voulait pas rester enfermés. On est donc sortis en ville, lui dans l’espoir de prendre des photos sympa même pas pour mon blog, moi dans l’espoir de rien. On a tourné longuement dans le quartier des Beaux Arts sans rien trouver de beau, puis on s’est décidés pour le cimetière Saint-Lazare. Koinkoin le rolleiflex en bandoulière, moi la clope au bec.

On a pas vu d’enterrements, tant mieux. On a essayé d’éviter les gens qui venaient pas juste pour se balader. On avait quand même bien l’allure des touristes qu’on était. Surtout l’appareil photo, mais je vise personne. J’osais pas trop fumer au départ mais vue la rafale d’encens (et de cendres ? c’est bien possible) qu’on s’est prise dans la gueule à un moment, j’aurais pas dû m’inquiéter autant. Vous aurez compris, j’ai repris la clope pour l’instant, vous viendrez m’apporter des fleurs, hein ?

*PLIBIDOUBIDIBAAAH* BREAKING NEWS *TUDULUDUUU*

Notre reporter photo dépêchée aux drames sociaux et aux faits divers scabreux nous fait hélas part de deux nouveaux suicides. Comme nous vous l’avions déjà tristement rappelé dans notre article #009 à Montpellier, les cas de suicide de vélos et autres engins à deux roues se multiplient. Souvenez-vous de ces bicyclettes au bord du gouffre, prêtes à sauter :

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Un énigmatique dernier message a été griffonné à la va-vite sur le mur par ce BMX en détresse, il ne lui reste plus rien d’autre à dire ou à faire. Il va sauter. Photo par Gwlad (avenue Georges Clémenceau)
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On peut voir qu’un système de filet anti-suicide a été installé, mais cela suffira-t-il à sauver ce pauvre bougre de lui-même ? Photo par Gwlad (rue Galavielle)

Et bien voici maintenant, en exclusivité, deux nouvelles images terribles pour illustrer la gravité du phénomène. Âmes sensibles s’abstenir :

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Un cliché rare de passage à l’acte, comme on dit en milieux médicaux. Effroyable. Heureusement, notre reporter était là au bon moment pour immortaliser cet instant. Photo par Gwlad (rue Chaptal)
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Sans doute la plus glaçante de ces images. Où l’on voit que le suicide n’épargne pas les enfants. Photo par Gwlad (rue Bourrely)

*PLIBIDOUBIDIBAAAH* BREAKING NEWS *TUDULUDUUU*

Décidément, ce reportage était bien morbide, notre reporter pourrait tout à fait travailler pour le e-metropolitain.

Bon, où on en était. Ah oui, les cimetières. Souvent les gens me demandent ce que j’y trouve. Ça les fait flipper, ils trouvent ça triste, ils me demandent pourquoi aller m’y promener. Et bien déjà le calme, la beauté architecturale, le penser-à-la-mort pour mieux profiter d’être encore en vie, l’imagination qui s’agite devant ces listes de noms et de dates. J’aime les tombes juives, avec leurs jolies lanternes, leurs pierres posées sur la pierre. Les parties pour enfants aussi, avec les petits jouets, les bonbons, les billes mexicaines qui figurent des bonbons et qui sont des jouets à la fois. Cette fois on y est pas passé, il y avait un couple au dessus d’une tombe. On vient peut-être faire du tourisme mais on respecte quand même les gens qui souffrent, on est pas venus leur jeter des cacahuètes comme à des animaux dans un zoo, même si les gens sont des animaux et qu’on ne doit pas nourrir ces derniers dans les zoos.

On peut aussi voir les tombes des gens qui sont morts à la guerre. Pas de bol ou bien fait, selon le cas, on ne saura jamais. Vraiment pas de bol pour ceux qui sont morts en septembre 1918. Cette fois on a repéré la tombe d’un gamin qui est décédé à 12 ans en 1909. Lui il a vraiment eu de la chance, s’il avait vécu plus longtemps, à tous les coups il serait parti à la guerre et il serait mort. Il y a aussi la dépouille d’Hélène de Savoie. Enfin il y avait, elle a été exhumée et rapatriée en Italie l’année dernière. Un jour je vous parlerai d’Hélène de Savoie, c’était une chic femme. On a pu aussi voir un type qui, tellement vantard durant sa vie, n’a pas pu s’empêcher de faire inscrire « magistrat » sur le marbre de son caveau de famille, histoire de savoir à quelle type de mort on a à faire, pas n’importe qui dis-donc, faites une courbette, ôtez votre chapeau. Une autre famille, qui, d’une constance hors du commun, a rempli son caveau de 1880 à 2008, mais a tout de même trouvé encore un tout petit peu de place en bas de la stèle pour venir vous resquiller une prière en faisant graver « un de profundis S.V.P. ». Et puis quoi encore, y a suffisamment de vivants pour faire la manche, si les défunts s’y mettent on va pas s’en sortir. Et puis si tout le monde faisait la même chose, on avancerait plus, ça créerait des bouchons dans les allées, ça ne va pas ça. Et puis encore, c’est un de profundis pour chacun des trente membres de la famille, ou un seul pour le lot ? C’est pas précisé. À votre bon cœur.

Bon allez, ça suffit pour aujourd’hui. J’ai encore beaucoup à dire sur les cimetières et la mort, mais vous n’aimez pas lire de gros pavés alors ce sera pour une prochaine fois. Bon dimanche à toutes et à tous. Profitez d’être en vie, ça ne durera pas éternellement.

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(toujours pas ça le pseudo, pourtant je fais des efforts)

 

#012 – J’ai dû chober la crèbe

Aïe aïe aïe. Aujourd’hui, je vous promets pas du joli. Vous pouvez vous moquer et dire que ça change pas de d’habitude, de toute façon j’ai les oreilles bouchées je vous entends pas. Non seulement, je traine une espèce de vieille angine depuis trois jours, mais cette nuit mon cerveau n’a pas voulu dormir. La dernière fois que j’ai regardé l’heure il était  5h48, je m’en souviens bien, c’est la mémoire du désespoir. Mon réveil sonne infailliblement à 7h45 tous les matins. Deux petites heures de sommeil, donc, que j’ai passées à transpirer toute l’eau de mon corps. Autant vous dire que je suis à la ramasse totale. J’ai les deux yeux qui veulent pas regarder au même endroit au même moment, je sens que j’ai l’estomac qui peut entrer en éruption à tout moment, bref, je me sens pas bien. Je suis malade.

Que vous raconter, c’est encore plus difficile que d’habitude de trouver un truc. Ah si, tenez, cours Gambetta. (C’est quand même marrant ça, ils auraient pu l’appeler avenue, ou boulevard… Non. COURS ! Gambetta. Si vous y voyez pas l’humour c’est que vous êtes malade aussi. Votre cerveau n’a pas voulu se réveiller, lui. J’espère que c’est exceptionnel.) Bon. Cours Gambetta, ils, elles, ont ouvert une pharmacie. Ils·Elles ? Je sais pas qui c’est. Une pharmacie ? Oui. Une énorme pharmacie. Gigantesque. Une suprême bouse qu’on voit plus que ça de ce côté de la rue. Un putain de super marché de la pharmacie. Et bien, malade ou pas, j’irais pas chez eux. Moi les super-marchés, les grandes surfaces, ça me donne envie de leur chier sur le perron. Classe. Et eux, ils le sont, classes ? Savez combien ça gagne un·e patron·ne de pharmacie ? Putain, oh oh ! Non. Bien plus que ça. Z’avez qu’à mater sa caisse la prochaine fois qu’il·elle se pointe, celui ou celle du coin de votre rue, ça vous fera une petite idée. Et un·e vendeur·euse, savez combien ça gagne un·e vendeur·euse en pharmacie au SMIC ? Le SMIC ! Et vous savez dans quoi on peut se loger et de quoi on peut se nourrir avec un SMIC ? Oui vous le savez ça. Tout le monde le sait, parce que tout le monde est au SMIC. Alors, c’est pas la classe ? Ah oui, parce que je vous ai pas dit ? Vous me connaissez pas bien encore. Pour moi, dans une boîte, tout·e patron·ne dont le taux horaire est supérieur à celui de ses employés·ées est un·e voleur·euse. Un vieux caca. Qui pue. Nan, pfff… Décidément j’ai pas la force de mettre de la force dans mes propos aujourd’hui. Je vous ai dit que j’étais malade ?

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Photo par Gwlad (impasse de la Gerbe)

Encore une fois, notre photographe ne savait pas à quel point elle taperait dans le mille aujourd’hui quand elle m’envoyait cette photo hier. Je vous laisse juge.

On peut peut-être faire un point sur les photos de Gwlad. Enfin sur la façon dont ça se passe, la collaboration. Elle m’envoie simplement des photos qu’elle a prises dans Montpellier, parfois une pour le lendemain, parfois trois pour les trois prochains jours. Je ne lui donne jamais de thème à l’avance puisque moi-même je ne sais pas ce que je vais bien pouvoir raconter chaque matin. Des fois ça tombe parfaitement comme aujourd’hui, des fois ça n’a pas de rapport avec l’article et c’est très bien aussi, et parfois c’est moi qui brode un peu autour de la photo pour créer un lien très artificiel avec le contenu écrit du billet. Encore une occasion pour vous d’observer de quelle rigueur et de quel professionnalisme nous faisons montre sur ce blog. Faire montre ça n’a pas de rapport avec l’horlogerie, mais je ferais bien de trouver une fin originale à cette phrase qui sauverait un peu le coup de ce jeu de mot bien moisi afin de ne point en éprouver trop de honte demain lorsque j’irais un peu mieux même si je ne me relirais sans doute pas, raté.

Bon vous savez quoi ? J’abandonne pour aujourd’hui. Je suis lâche. Je vais aller me balader au soleil au marché des Arceaux en espérant que ça passe.

Ah, non, je vous fais pas la bise, je vous ai pas dit ? Je suis malade.

#011 – Et mes pellicules, c’est du cinoche ?

Voilà, on y est. Vendredi. Si je travaillais, je me dirais : « Voilà, on y est. Vendredi. » Et j’ajouterais même : « Youpi-pi-pi ! Ce soir c’est le week-end. » Youpi-pi-pi, si j’étais seul chez moi. Putain, en compagnie. On a sa petite fierté.  Mais je ne travaille pas. Je suis en week-end depuis un peu plus de trois ans. Un an et demi d’allocations chômage, un an et demi de RSA. Je vois que ça vous intéresse pas ce que je raconte. Vous pourriez au moins faire semblant.

Bon. Anecdote : Savez-vous comment on appelle les Montpelliériens ailleurs en France ? C’est fou comme quand je n’ai rien à dire de particulier je me sens obligé de parler de Montpellier, tout ça parce que c’est dans le titre du blog. Comme si c’était plus intéressant que ma petite vie pour vous. C’est pas comme si j’avais de bons plans à partager. Au risque de me répéter vous n’êtes pas sur un blog mode, un blog tendance, un blog lieux chics. J’ai jamais pu saquer ça, la mode. C’est pourquoi je suis moche. Je l’ai bien cherché. Ouh le vilain, il s’habille toujours pareil. Ça c’était le passage pour que les gens qui aiment la mode et être in (on dit plus ça que dans les mots-fléchés non, être in ?) sentent bien que ce n’est pas une véritable attaque, que je n’ai pas de conviction profonde à ce sujet et que je suis prêt à accepter que je fasse juste un blocage bêbête sur la question. En vrai, j’ai quand même une petite dent contre les modes et ses faiseurs·euses-suiveurs·euses, mais quand on tient un blog à trois lecteurs·rices par jour, on ne peut pas se payer le luxe de risquer d’offenser la grande majorité des personnes les plus consommatrices de ce genre de produits.

J’étais parti pour ne plus parler de ma vie. Les Montpelliériens donc, vous savez comment qu’on les appelle dans le reste de la France, quand on est entre soi ? Les chômeurs à Ray-Bans. Et paf. Prenez-vous bien ça. (J’aurais dû écrire Montpelliériens·riennes / chômeurs·euses pour être systématique, mais je trouvais que ça avait moins d’impact. Au secours Delfeil de Ton.) Moi qui n’aime pas être catégorisé je suis bien content de n’avoir pas de paire de Ray-Bans, d’une, et de n’être plus au chômage, de deux, puisque je suis au RSA. C’est un peu comme les clientes·s de l’Up & Down qui sont appelées·és les déchets par les fidèles d’autre confession habituées·és des autres bars. Je suis donc également heureux de ne plus fréquenter les bars. Les patrons, eux, doivent faire un peu la gueule. Ne plus fréquenter les bars seul, s’entend. Je sors toujours à gauche à droite avec les potes, mais je suis maintenant abonné au jus de tomate. C’est pas si dégueu. C’est moins sucré que le reste des jus de fruits et autres sodas. On va pas s’économiser le foie pour se vautrer dans le diabète.

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Photo par Gwlad (boulevard Renouvier)

Pour me sortir du parler-de-soi, faut que je trouve un truc à vous dire. C’est bon j’ai trouvé. Heureusement que vous n’avez pas le détail des minutes qui se sont écoulées entre cette phrase et la précédente.

Puisque j’en étais à vous faire mon cinéma d’ancien alcoolo hypocondriaque, connaissez-vous le Kino Montpellier ? C’est l’antenne montpelliérienne d’une associations de fabriqueurs·euses de films format court. Je vous avais déjà parlé d’un ami qui tournait plusieurs pas-longs-métrages, et bien c’est pour le Kino qu’il le fait. Voilà le concept de l’asso :

Tous les deux mois, les différentes·s abonnées·és se retrouvent pour diffuser leurs productions dans un lieu de Montpellier, parfois le Gazette Café, parfois le Centre Rabelais. On diffuse donc les films, puis toutes les personnes présentes dans la salle sont appelées à proposer un thème pour la session suivante. On met chacun·e un petit bout de papier dans un chapeau —procédé hautement original— puis on en tire trois au sort, et la salle vote à mains levées pour valider sa thématique préférée. Dans la semaine qui suit, toutes·s les abonnées·és qui veulent participer à la session se réunissent en un lieu déterminé à l’avance. On forme des équipes. Qui veut faire un scénar ? Qui veut être réal ? Qui veut être perchman ? (silence dans la salle) Qui veut être comédien·ne ? Bref. Z’avez pigé. Une fois les équipes montées, reste plus qu’à bosser, et rendez-vous dans deux mois pour diffuser les chefs-d’œuvres.

Ce qui est sympa dans cette asso, c’est qu’on se mélange. Pro et amateurs·rices se côtoient et bossent ensemble. Ce qui est visé, ce n’est pas la production de dingue qui va en foutre plein les yeux à tout le monde. C’est d’une part s’amuser en faisant, d’une autre part rencontrer des gens sympa, encore d’une autre part voir le résultat en compagnie de ces gens sympa, toujours d’une autre part — – Décidément ça fait beaucoup, vous attendez combien de personnes ? – On sera quatre, c’est parfait — apprendre les uns des autres, techniquement et humainement. Lisez-donc leur devise et vous aurez tout compris, je vois même pas pourquoi je m’embête à expliquer quand c’est si bien résumé :

« Faire bien avec rien, faire peu avec mieux, mais le faire maintenant ! »

Sur le même principe un jour je vous parlerai de Numéro 0, mais je sais pas si vous êtes prêtes·s

ET DONC, prochaine diffusion Kino Montpellier : lundi 12 février, c’est dans 3 jours, au Centre Rabelais (27-29 Boulevard Sarrail), à 19h30. C’est gratuit. Je vous rappellerai ça le jour même.

Petit point culture : Le Centre Rabelais était, avant d’être une annexe du Corum, le cinématographe Pathé, première salle de cinoche de Montpellier, construite en 1908. Voilà, vous irez faire la sieste moins bête.

Bon, c’est assez pour aujourd’hui. Vous me répèterez dix fois d’affilée, le plus rapidement possible et en faisant toutes les liaisons : « En bon zinzin des azalées déjà j’allais aller jazzer aux allées en zinc des Alésiens ». Ça veut rien dire mais tout doit-il avoir un sens ?

La flemme de trouver un pseudo rigolo