#038 – La journée que c’est dur d’en parler bien

Salut à tous, salut à toutes. Aujourd’hui, de quoi tout le monde cause ? Tout le monde cause que d’un truc, allez c’est pas difficile. Mais si vous savez. D’ailleurs, vous que je ne connais pas, il y a une chance sur deux pour que cette journée internationale soit dédiée aux droits accordés sur papier et dans les actes aux personnes de votre sexe. Ah la la. J’ai pas envie d’en parler, j’ai l’impression que quoi qu’on en dise on occulte toujours, sans pouvoir faire autrement tant le sujet est vaste, une énorme majorité des implications d’une telle journée.

Il va y en a avoir des lieux communs balancés à la va vite par celles et ceux qui n’ont jamais réfléchi à la question, mais qui tiennent à prendre position dans le grand jeu des pour et des contre. Mais peut-être que cela donnera l’occasion à ceux et celles qui y ont déjà un peu réfléchi de saupoudrer au bon moment la pensée de l’autre de quelques éléments basés sur des études, des essais, des expériences personnelles.

Il y en aura des entreprises qui se serviront de cette journée pour faire un fric fou par le biais d’un marketing du pire goût, des hypocrites qui feront leur promo à grands coups de hashtags et hommages prétextes. Mais peut-être que, au terme d’une discussion qui aura pris de l’importance au cours de la pause de midi dans une boîte, ou d’un instant débat organisé à l’occasion, quelques structures ou individus en leur sein tenteront de modifier leur manière de fonctionner à la suite d’une prise de conscience.

Il y en aura des colloques et des actions qui ne toucheront que les convaincus·es de la réflexion nécessaire et de la modification des comportements et des lois, mais on peut espérer que ce qui s’y dit, s’y fait, bave par on ne sait quels effets sur celles et ceux qui passeraient à proximité par hasard.

J’essaie d’être optimiste, mais je crois que les réflexions merdiques des beauf’ et belles’ et les coups marketings auront largement le dessus sur les discussions constructives suivies d’actes, ou au minimum de tentatives même maladroites d’ajuster une peu la façon dont chacun·e nous fonctionnons dans nos rapports aux autres. Que l’on continuera encore à bien enfermer porteuses·rs de couilles et d’ovaires dans des rôles définis, et d’ainsi les soumettre à des attentes et des exigences spécifiques de la société sans se soucier de ce à quoi chaque individu aspire personnellement. Que chacun·e se sentira encore bien forcé·e de rentrer dans le rang qu’on lui assigne pendant quelques siècles. Si, si, j’essaie d’être optimiste.

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Photo par Gwlad (place du 8 mai 1945)

On arrête là pour la journée internationale des droits des femmes. Vous allez en bouffer toute la journée, choisi ou subi.

À l’université Paul Valéry, le festival Paul Va au cinéma continue. J’y étais hier, c’était bien sympa, mais je garde mes notes pour plus tard j’ai une petite idée d’article et du moment où le sortir. Ce que je peux vous dire pour l’instant c’est que j’y ai vu trois courts-métrages documentaires qui m’ont plu, et je peux même vous dire lesquels : Les fêtes du village de Ioanna Neophytou, Petit peuple de Amélie Jeammet, et SKOPJE 2014 de Ivan Robert et Antoine Gaunin. Je vous conseille d’essayer de les trouver sur le net, chacun a vraiment son intérêt.

En fait on est pas obligés de sortir tout de suite des réflexions que peut entraîner cette journée spéciale, puisque, aujourd’hui, à la salle Jean Moulin à partir de 11h15 sont diffusés à la suite Paye ton Gynéco, de Nina Faure (j’ai déjà vu un de ses documentaires sur le travail précaire et c’était très très bon) et Je ne suis pas féministe mais… de Sylvie et Florence Tissot. À 14h, à l’Utopia, Coby, film de Christian Sonderegger, qui traite de la transexualité. Puis retour à la salle Jean Moulin à 16h15 pour une série de courts-métrages choisis sur le thème du droit des femmes directement suivie de la diffusion du film Free Angela de Shola Lynch, documentaire sur Angela Davis.

Pour une fois ça parle des sexes et le but n’est pas de vous faire gonfler le clitoris ou la verge pour vous vendre des maltesers à l’entracte.

Bon c’est tout pour aujourd’hui. Comme hier, je veux poster cet article rapidement au cas où ça vous motiverait pour aller au festival, surtout que le documentaire de Nina Faure est dans une heure, et que je pense qu’il vaudra le coup. Sur ce, à demain.

#037 – Du son et de l’image

Il y avait Jazz Jam Session hier au Little Red. La dernière fois je ne vous en avais pas dit trop de bien, du lieu et de la soirée, alors je vais revenir un peu sur mes propos. C’était vraiment sympa cette fois, les joueurs étaient résolument dans le jazz gitan, quand on est arrivés c’était deux guitares, une électro-acoustique et une électrique, et une caisse claire frappée aux balais seulement. J’aimais pas trop le son de l’électrique, elle bouffait toute la tension exercée sur la corde par le gratteux pourtant indéniablement bon, on entendait les notes, on entendait pas le jeu. Mais enfin, vous vous doutez bien que si c’est le seul reproche que j’ai à en faire, c’est que ce n’était qu’un détail, comme l’était l’histoire des chambre à gaz parmi la longue liste de conneries qu’a bien pu sortir Jean-Marie Le Pen au cours de sa (certains diront trop) longue vie. Rah la la, c’est dommage, on était bien là, au milieu du jazz, et je viens tout gâcher en nommant ce patibulaire personnage pour faire un bon mot. Reprenons donc. Deux guitares, une caisse claire, auxquelles est venu s’ajouter un sax alto non moins talentueux au bout d’une petite demi-heure. Les mecs s’accordaient parfaitement. Je dis les mecs parce que c’était trois mecs. J’aurais pu mentir pour la parité. Mais dois-je peindre le monde comme je le voudrais ou comme il est ? On est beaucoup d’écriveuses·rs à se le demander. Autant dans la fiction m’est avis qu’on peut faire comme on veut, autant quand on rapporte une scène qui s’est réellement passée… J’en sais rien, ça peut avoir ses avantages également. Si vous avez une réponse définitive, laissez-moi un commentaire, et je vous répondrai sans doute qu’il est bien présomptueux de penser avoir une réponse définitive. Enfin bref, ils s’accordaient parfaitement, échanges de solo, thèmes en harmonie improvisés grâce à ce sens de l’écoute et cette connaissance de la théorie musicale hypertrophiées auxquelles on reconnait les jazzeux·ses. Pendant leur pose clope on est partis, mais j’ai vu qu’un autre guitariste prenait le relais, un qui s’était caché, fourbe, parmi le public. C’est ça qui est cool avec les jam sessions, ton voisin ou ta voisine de table peut soudain se métamorphoser en le génie musical que tu vas admirer le reste de la soirée. Enfin là on est partis, on a pas trop pu l’admirer.

Eh, c’était pas un beau petit pavé ça ? Si que c’en était un, et pourtant j’ai toujours pas vraiment parlé du Little Red, mais j’ai envie de dire que tant mieux. L’ambiance était sympa, les musiciens pas bridés sur le volume, les prix raisonnables, l’accueil gentil. Que dire de plus ? Rien. Ça me suffit, ambiance bonne franquette et pas cradingue. C’est déjà beaucoup demander à Montpellier.

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Photo par Koinkoin (rue Astruc)

Sinon, en ce moment, c’est le festival cinoche de la fac de lettres : Paul va au cinéma, édition 2018, qui se déroule du… 5 au 9 mars. Oui, j’aurais pu vous en parler plus tôt, mais vous avez bien vu comment j’étais ces deux derniers jours. Enfin, z’avez encore 3 jours pour y aller.

Aujourd’hui, vous avez une table ronde avec l’ACID, Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion, c’est à 11h45 (mais si vous avez le temps d’y être), c’est salle Jean Moulin, et c’est gratuit.

À 16h15, toujours dans la même salle, projections et remise des prix des court-métrages de la catégorie documentaire. Je sais pas si c’est gratos aussi ou pas, vous verrez bien.

Et puis sur toute la durée ou presque du festival, des expo, des ateliers, des stands divers et variés, pour les détails, leur programme, un peu mal foutu selon moi, est téléchargeable ici.

Je crois qu’on a pas du tout fait le tour mais je veux poster cet article au plus tôt pour que vous ayez le temps de vous motiver, je sais bien comme vous êtes, alors je vous laisse là, et je vous dis à demain. Bises.

#036 – Les mésaventures ordinaires d’un blogueur extraordinaire

Ah la la, encore un jour où vous avez failli ne pas me voir. Mais cette fois, ça aurait pu durer longtemps. Mon chargeur d’ordinateur me lâchait petit à petit depuis une semaine, et vous savez comment on est, on n’en commande pas un nouveau, on l’entortille dans tous les sens jusqu’à ce que ça remarche brièvement, un peu comme avec les écouteurs, et plus les jours passent et moins ça marche longtemps sans qu’on y touche, jusqu’à ce qu’au final ça ne marche plus du tout. Mon ordinateur portable ayant neuf ans, vous imaginez bien que l’autonomie de la batterie est d’environ dix minutes, alors ce matin, quand le chargeur a définitivement cessé de fonctionner, j’étais bien couillonné. Pas moyen d’en commander un en ligne. Il a fallu que je me pointe dans une boutique. J’ai essayé un revendeur mac homologué, juste pour rire comme ça. 90€ le chargeur. J’ai bien ri. J’ai essayé un réparateur lambda. 50€. J’ai moins ri. Mais pas le choix de toute façon, en plus du blog j’ai au moins quatre heures à taffer sur l’ordi pour l’une des associations dont je fais partie cet après-midi.

Évidemment, c’était pas de ça que j’avais prévu de vous parler aujourd’hui, je me doute que vous vous en fichez de mes problèmes informatiques, mais c’est une façon de vous expliquer que j’ai plus le temps de vous parler du DVD du film Du Satin Blanc qu’on m’a offert hier, ni des cinéma de Montpellier alors que ça aurait été un bon sujet, ni de quoi que ce soit d’autre parce qu’il est bientôt midi et que normalement je m’accorde une plage de 8h à 9h30 pour m’occuper du blog et pas plus. Enfin, je vous en parlerai quand même de tout ça dans les jours qui viennent, ne vous inquiétez pas. Si, si, je sentais que vous vous inquiétiez. Pas la peine de faire les forts·es, tout le monde s’inquiéterait dans cette situation, on ne vous jugera pas.

Je vous laisse tout de même avec une photo de Gwlad, histoire que vous ne soyez pas venues·s pour rien. Mais attention, là je me fous pas de vous, c’est une photo sur un thème encore inédit. C’est le grand chamboulement. Ça va remuer les vieilles habitudes. Non vraiment, si vous avez du mal avec la nouveauté, détournez le regard.

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Photo par Gwlad (rue Durand)

Alors, bluffés·es ?

#035 – Toujours pas d’autocollant QUALIBLOG en vue

Il y a des jours comme ça où on n’a pas dormi de la nuit. Quand on ne dort pas de la nuit, il arrive qu’on dorme le matin. De 7h à 9h, par exemple. Juste ce qu’il faut pour avoir quand même à regretter le maigre sommeil qu’on a dû quitter. Dans ces cas-là, à votre avis, a-t-on le cerveau dans un état propice à rédiger un article de blog qui vaille quoi que ce soit ? Personnellement, je ne le pense pas. Je ne pense rien d’ailleurs, je n’en ai pas les capacités là tout de suite. Vous vous souvenez de l’éternel vieux chewing-gum collé sous votre bureau au collège ? C’est mon cerveau dans sa boîte crânienne.

Ce que je peux faire, c’est vous dire que ce soir, le film indépendant Du Satin Blanc, dont je parlais dans cet article, est à nouveau diffusé au pub O’Sullivans, place de l’Europe. L’entrée pour voir le film c’est 5€, les conso sont optionnelles.

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Photo par Gwlad (rue Colin)

Quoi, vous en voulez encore ? Vous êtes vraiment pas possible. Je vous explique que je suis à l’agonie et vous me pressez comme… Ah tiens, vous l’avez déjà croisé lui à Montpellier ? Un monsieur très étrange, souvent en ciré et qui, un demi-citron en main, vous lance : « Excusez-moi, vous êtes pressé ? », ensuite il vous pose des questions sans aucun sens sur votre vie ou vous raconte la sienne qui n’en a pas plus. Mais ça c’est pareil pour tout le monde, la vie ça n’a aucun sens. Pour rester dans l’anecdotique, je me souviens de Vincent Desagnat à qui une intervieweuse demandait : « Et si la vie avait un sens ? ». Il lui avait répondu : « On prendrait l’autre. » Ça laisse rêveur·se. Vous voyez, quand je n’ai pas dormi, mes références culturelles c’est l’homme au citron et Vincent Desagnat, alors de grâce, laissez-moi y aller avant que je me ridiculise un peu plus encore.

Passez une bien belle journée avec ce temps pourri et n’oubliez pas que dans une quinzaine de jours c’est le printemps, courage.

#034 – La revanche des amateurs

Vous souvenez-vous de ce que je racontais hier à propos des touche-à-tout, bons à rien ? Et bien, croyez-le croyez-le pas, je tombais l’après-midi même sur Dominique d’Eugène Fromentin dans une boîte à livre du quartier des Aubes. Non ? Si ! Vous ne voyez pas le rapport ? Attendez, ça va venir, moi non plus je ne me doutais de rien sur le moment. Absolument aucune idée de ce que ça pouvait être comme type de livre. Je regarde donc la quatrième de couverture, c’est un fac-similé d’une page manuscrite du roman, illisible. Bien obligé, j’ouvre le bouquin et je me mets à lire la préface. Quel choc ! Voyez ce qu’écrit André Fraigneau, le préfacier :

« … si encore il se fût agi de quelque intrigue « haute en couleur » avec des héros à turbans ou à burnous… le pittoresque littéraire eût rassuré un public qui ne redoute rien plus que les « touche-à-tout ». Il a fallu, si je ne m’abuse, attendre la boutade d’Erik Satie pour faire justice des préjugés entourant et accablant de mépris la notion « d’amateur » : « Les grands artistes, s’est écrié l’auteur de Socrate, sont tous des amateurs. Voyez Léonard de Vinci, Wagner, etc. » Du vivant même de Léonard, combien de fanatiques de sa peinture se sont-ils plaints de tant d’années de consacrées par le maître à des recherches scientifiques bien vaines (l’automobile, l’aviation). Les musiciens traditionalistes, profitant de la jalousie amoureuse de Nietzsche, n’ont pas hésité à traiter Wagner d’ « histrion », voire de « faussaire ». »

Et voilà ! Heureusement que M. Fraigneau était là. J’aurais pu croire toute ma vie que j’étais un raté, alors qu’en réalité je suis un génie. Dès fois, ça tient à peu de chose l’estime de soi. Mais arrêtons-nous là à ce sujet, Erwan va encore dire que les blogueurs sont narcissiques. Pourtant vous êtes bien témoins, ce n’est pas moi qui me jette des fleurs ! C’est André Fraigneau.

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Photo par Gwlad (rue Boyer)

D’ailleurs, qui est ce monsieur ? Coup d’œil rapide sur Wikipédia : « André Fraigneau, né en 1905 à Nîmes et mort en 1991 à Paris, est un écrivain et éditeur français. (…) Lecteur aux éditions Grasset, il est notamment l’éditeur de Marguerite Yourcenar. Homosexuel, il repousse assez brutalement les avances que lui fait cette dernière (…) En 1941 il fit partie du groupe d’écrivains français qui se rendent à l’invitation de Joseph Goebbels au Congrès de Weimar (…) » Okay… C’est trop dense pour un dimanche matin, j’irai fouiller plus en détail un autre jour.

Toujours est-il que j’ai scrupuleusement feuilleté le livre, et trois passages ont été soulignés au crayon gris par un·e précédent·e lecteur·rice, trois passages d’une à trois phrases seulement sur trois cent trente-six pages, je vous les rapporte :

« Leur exemple ne m’apprit rien, leur conclusion, quand ils concluent, ne me corrigea pas non plus. Le mal était fait, si l’on peut appeler un mal le don cruel d’assister à sa vie comme à un spectacle donné par un autre, et j’entrai dans la vie sans la haïr, quoiqu’elle m’ait fait beaucoup pâtir, avec un ennemi inséparable, bien intime et positivement mortel : c’était moi-même. » p. 99

« Cette perpétuelle critique exercée sur moi-même, cet œil impitoyable, tantôt ami, tantôt ennemi, toujours gênant comme un témoin et soupçonneux comme un juge, cet état de permanente indiscrétion vis-à-vis des actes les plus ingénus d’un âge où d’habitude on s’observe peu, tout cela me jeta dans une série de malaises, de troubles, de stupeurs ou d’excitations qui me conduisaient tout droit à une crise. » p. 100

« Toute la question est là : trouver ce qui convient à sa nature et ne copier le bonheur de personne. Si nous nous proposions mutuellement de changer de rôle, tu ne voudrais jamais de mon personnage, et je serais encore plus embarrassé du tien. Quoi que tu en dises, tu aimes les romans, les imbroglios, les situations scabreuses; tu as juste assez de force pour friser les difficultés sans avaries, assez de faiblesse pour en savourer délicatement les transes. » p. 278

J’adore lire ce que les gens soulignent dans un livre, surtout si je ne compte pas le lire, sinon j’avoue que c’est un peu chiant. Enfin bref, c’est là, vous en faites ce que vous voulez. Ça fait écho à quelque chose en vous ou c’est le silence total ? C’est vos oignons. Tout ce qui compte, c’est qu’aujourd’hui je vous ai pondu un article de sept cent mots dans lequel plus de la moitié du contenu n’est pas de moi et vous ne vous êtes aperçu·e de rien. Un génie je vous dis.

#033 – Je m’éparpille et après qui c’est qui ramasse les morceaux ?

Assez rigolé. アセリゴレ。Non, y a pas à dire, les choses sont plus belles écrites en Japonais. Assez rigolé, donc. Il me faut être plus discipliné. Je me disperse trop. Je sais faire mille choses un peu, je n’en maîtrise aucune. L’expression touche-à-tout, bon à rien n’a jamais autant sied à qui que ce soit. J’en éprouve quelque honte. Non seulement quand on me demande ce que je fais dans la vie, je ne peux pas répondre par un nom de métier, mais je ne peux pas non plus répondre que je fais de la musique, que je dessine ou que j’écris. Les gens vont s’imaginer que je le fais bien. Hors ce n’est pas le cas, je le fais pour le plaisir. Je sais ce que vous allez me dire, car devin, je le suis un peu également, vous allez me dire que de vouloir s’améliorer dans un domaine est une chose, mais que de le faire pour se justifier d’être un parasite au RSA sans désir de carrière, c’est moche. Alors vous, vraiment, vous savez taper là où ça fait mal. Je ne pensais pas que vous oseriez alors qu’on se connaît depuis à peine plus d’un mois. Laissez-moi cinq secondes pour encaisser et je vous réponds.

Bon, et bien, oui, c’est une partie du problème. Quelque part je me sens coupable de ne pas travailler comme un esclave, voilà. Quelle surprise dans une société qui nous pousse chaque jour à nous sentir coupable lorsqu’on ne travaille pas ! Je dis dans une société, mais m’est avis que ce fut le cas de toutes les sociétés ayant existé jusque là, d’une manière ou d’une autre. Mais même si j’assume et que je dis que je ne travaille pas, on me demande ce que je fais, du coup, et là… Si je dis que j’écris, dans les rares cas où on me demande de faire lire, je n’ose pas montrer, je trouve ça moi même bien nul. Si je dis que je fais de la musique, dans les rares cas où on me dit de faire écouter, je n’ose pas donner l’adresse du SoundCloud, je sais bien qu’on trouvera ça trop… peu ressemblant à ce qui est fait pour être vendu, et donc pas beau. Si je dis que je dessine et qu’on me tend un crayon, je dessine une bite et je lance un regard de défi. Mais pourquoi donc ? Parce que sachant à quel point je suis médiocre dans ces domaines, je n’arrive pas à trouver la force de décrire ces choses comme étant des éléments qu’il serait important de savoir à mon propos lorsque je me présente. Donc je dis que je ne fais rien. Parfois quand on me demande : « tu fais quoi dans la vie ? », je réponds : « j’attends que ça passe ». Je l’aime bien celle-là. Si au moins dans un domaine j’étais moins mauvais, c’est-à-dire plus travailleur, plus discipliné, si j’y passais plus de temps de manière plus régulière quoi, ça poserait moins de problème, j’aurais au moins un truc à montrer, je ferais au moins un petit quelque chose auquel moi le premier j’accorde de la valeur, et donc auquel, je me dirais, quelqu’un d’autre pourrait très bien en accorder également. Mais je ne fais que ce que je veux quand je veux, alors la discipline, la qualité… Bref, on ne sait plus comment se faire valoir d’une manière humble et honnête quand vient le temps des présentations. Tout ça me cause beaucoup de tourment. Mais ce n’est pas pour ça que je voulais parler de discipline au départ. Je me disperse.

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Photo par Koinkoin (rue de l’Ancien Courrier)

Je voulais vous parler de discipline parce que depuis trois ans environ, j’essaie périodiquement d’apprendre le japonais (d’où les katakana en début d’article, rien n’est là par hasard) et je laisse tout aussi périodiquement tomber. Comme avec le dessin et l’écriture, moins qu’avec la musique même si ça fait bien quatre mois que je n’ai rien enregistré. Comment apprendre le japonais si l’on ne s’immerge pas dans la culture ? C’est impossible. C’est trop étranger pour un·e Français·e, et la langue est indissociable de l’histoire culturelle de l’archipel, il faut donc absolument baigner dans l’histoire, la littérature, les actualités et la pop culture du pays, sans quoi on progresse à pas de kabuto. Mais voilà, je vis en France, et il y a beaucoup d’autres sujets qui me passionnent et qui n’ont absolument aucun rapport avec le Japon. Beaucoup de sujets, d’univers dans lesquels il me faut également m’immerger si je veux m’y sentir comme dans un petit appart cozy, et en tirer quelque profit (non-financier évidemment), qui me sont bien plus facilement accessible. Je sais pas si vous voyez ce que je veux dire, si vous voyez pas tant pis, j’en suis déjà à 700 mots faut que je boucle rapidement parce que je sens que j’atteins bientôt la limite à laquelle vous décrochez. Enfin là, je suis bien décidé, je m’y remets sérieusement, j’avais déjà pas mal progressé et j’aime beaucoup cette langue, je ne veux pas encore une fois être juste médiocre dans ce domaine. Je voudrais pouvoir me baffrer la littérature en version originale, avec en tête des références culturelles qui me permettent de comprendre au mieux l’intention de l’autrice·eur. Je veux pouvoir visiter l’archipel loin des grandes villes et pouvoir converser un tout petit peu avec les habitants. Je veux pouvoir lire les blogs japonais ! Si nombreux, depuis des années, ah les petits bijoux qu’on doit pouvoir trouver quand on s’y connaît un peu… Voilà, m’améliorer dans les domaines dans lesquels je m’y connais déjà un peu, c’est aussi et surtout pour prendre le plaisir qu’on ne prend qu’une fois à l’aise dans ledit domaine. C’est une des raisons principales pour lesquelles il me faut me discipliner un peu et pousser le travail plus loin que d’habitude.

Bon faut que j’abrège. Vous savez que sur ce blog, après avoir écrit chaque article, je me réconforte du fait que je n’ai pas pu raconter tout ce que je voulais en me disant que, postant tous les jours, je finirai forcément par revenir sur le sujet en ajoutant à chaque fois quelques détails nouveaux que j’avais oubliés les fois précédentes, afin que vous puissiez enfin saisir le fond de ma pensée. Si tant est qu’il y en ait un, de fond. Bon faut que j’abrège (bis). Qu’est-ce qui m’a poussé à m’y remettre, au japonais ? Beaucoup de choses en peu de temps, mais surtout Manabé Shima de Florent Chavouet. Connaissez pas ? J’en parlerai quand je l’aurais terminé.

Pourquoi je vous dis tout ça ? Parce que si je veux m’améliorer vite et ne plus lâcher, il faut que je sois plus constant, moins dispersé. Il faut que je reste attaché un peu mieux à la culture japonaise au quotidien et donc, annonce, à l’avenir ce blog risque de parler de Montpellier, du monde, de moi, et du Japon, pays dans lequel je n’ai jamais foutu les pieds. Ça va être croquignole. Ne vous en faites pas, je vais vous épargner les discussions sur les anime et les manga. Il y a déjà une bonne chiée de blogs sur le sujet, et bien que certaines de ces œuvres valent à mes yeux tous les Van Gogh du monde, ce n’est pas par ce flanc-là que je prévois d’aborder le Japon. Ce n’est pas non plus par leur culture du travail qui est peut-être la chose qui me terrifie le plus en ce bas monde et sur ce si petit bout de terre. Enfin bref, vous avez compris, il est possible qu’on cause un peu Japon ici à l’avenir, même si ce ne sera jamais la thématique principale du blog.

Et Montpellier, alors ? À Montpellier il fait beau. Sortez vous promener au lieux de lire mes bêtises. Et à demain.

#032 – Les toits de Montpellier

Hier (si je comptais le nombre des mes posts qui commencent par « Hier, »…), mon mur suintait. Contrecoup de la tombée de neige, qui est encore bien présente sur les toits, et de la pluie qui, ayant pris le relai de la neige au bout d’une douzaine d’heures, est tombée en continu jusque tard cette nuit. Je n’avais encore jamais eu de problème d’infiltrations dans cet appartement. Mon mur suintait, donc, en divers endroits, en haut au niveau de l’entrée du tuyau d’acheminement de l’eau chaude dans le mur, au milieu sur les bords du cadre de la fenêtre, en bas au niveau d’une espèce de grille d’aération. Le plafond, lui, ne suintait pas, il s’est contenté de prendre une teinte jaune tout au long de la journée. Ce matin, la neige est toujours sur les toits mais la pluie s’est arrêtée, le mur ne suinte plus, la peinture dudit plafond est émiettée au sol.

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Chez moi

Pourquoi que je vous cause de ça, hein ? Et ben, parce qu’à Montpellier, c’est courant. C’est même la norme. Les propriétaires Montpelliériens·nes sont bien connus·es pour prendre le fric et te laisser très longtemps dans la merde dès qu’il y a un problème, pour louer hors de prix des appartements minables et parfois insalubres. Leur solution à tous les problèmes ? La tête dans le sable, attendre que la, le ou les locataire·s parte·nt, et mettre un coup de peinture. Le coup de peinture, ça n’arrange rien, mais ça permet de gagner du temps. Bon allez, je dis que c’est courant, je ne voudrais pas qu’on me prenne pour un menteur. Devinette : quelle autre personne présente sur ce blog a subi un dégât des eaux hier ?

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Chez Gwlad

Et oui, évidemment. Du coup on va prendre les paris sur qui aura son plafond réparé en premier. Vous pouvez miser dans les commentaires. Mais ça ne s’arrête pas là, qui encore présent sur ce blog a subi un dégât des eaux récemment ?

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Chez Koinkoin

Koinkoin, donc, qui a emménagé il y a deux mois à Montpellier dans un appartement « entièrement rénové ». Il a mis environ un mois à faire faire rénover son toit alors qu’il a plu parfois pendant une semaine non-stop et que tout coulait pile sur son lit.

Vous voyez, on est trois sur ce blog, et on est trois a avoir subi un dégât des eaux en moins de deux mois. Faites le calcul 3/3 = 1, on est donc un à avoir… non, ça ne marche pas comme ça, on est donc tous dans une situation pourrie, c’est le cas de le dire, à cause de propriétaires qui tirent sur la corde jusqu’à ce qu’elle pète. C’est plus que courant et la liste de mes connaissances a qui c’est arrivé récemment est plus longue que ça, mais vous ne les connaissez pas alors je ne vous en parle pas. Certains ont mis presque une année avant d’avoir le droit à des travaux, mais pourquoi faire des travaux, hein ? Ça coûte cher, les travaux, on va pas dépenser tous ces sous durement gagnés à grands coups de loyers déraisonnables. Et puis ça va changer quoi ? C’est pour ne pas respirer chaque jour des champignons ? Vous savez, les champignons ça se vend cher, avec le bon état d’esprit vous feriez fortune. C’est pour ne pas vivre dans un environnement dont le taux d’humidité dépasse celui du sud-est de la Chine ? Écoutez, c’est le dépaysement à peu de frais !

Allez, assez de conneries pour ce matin, je file, j’ai une agence à appeler, souhaitez-moi bonne chance.