#010 – Mariage d’enfer au Kawa

Hier, c’était théâtre. Le Kawa Théâtre, comme je vous l’avais annoncé dans le billet #003. La pièce, c’était Mariage d’enfer. Et c’était bien sympa. Elle et il, la comédienne scénariste Céline Cara et le comédien Kevin Bourges, la rejouent ce soir et puis c’est fini. Enfin pas vraiment, y a une date spéciale le 14 février, mais demain c’est leur dernière officielle, et je suis sûr que ça leur ferait plaisir de jouer devant une salle remplie. Clin d’œil à toi, lecteur·rice.

Que dire maintenant ? C’est l’histoire classique : un mec, une meuf. La meuf veut se marier depuis qu’elle est petite, c’est son rêve, le mec s’en fout complètement, mais il ne doit surtout pas le dire, non, il doit céder surtout, sans quoi ça sent méchamment la séparation. Alors, petit insert. Je dis classique. On risque de me dire, comment ça classique ? Tu renforces les clichés, les lieux communs. Je vous répondrai que deux de mes amis se sont mariés exactement comme ça, poussés par leurs copines qui voulaient seulement se marier. Elles, l’autre, elles s’en foutaient, c’était le mariage, la robe et toutes ces conneries qu’elles désiraient. Leurs histoires, bien qu’elles furent longues jusque là, n’ont duré qu’un an (pas tout à fait) après le mariage, dans les deux cas. Ensuite divorce. Trois de mes amis en tout se sont mariés, ça fait donc deux mariages sur trois qui tombent dans ce cas-là, et que j’ai pu observer de très près. Je serai bien d’accord avec vous pour dire que c’est une question de société et du « rôle » qui échoit aux nanas. Comme vous serez d’accord avec moi pour dire que les mecs qui sortis du boulot ne pensent que foot et bagnoles sont formés dès la petite enfance par un procédé analogue. Ouf, on est bien d’accord alors. On peut continuer.

La pièce joue donc autour de cette situation, et on pourrait craindre de s’ennuyer si ça ne sentait pas autant le vécu, si la scénariste ne visait pas aussi juste à tous les coups. Ce n’est pas vraiment une critique de ce genre de mariages, ce n’est pas non plus un hymne à cette situation, c’est une mise à plat. Tout y est exposé, tout. La pièce n’est pas bien longue (ou il n’y paraît pas, j’ai pas taïmé), et pourtant tout est dedans. Je parle un peu général, je veux pas vous donner de détails. Ça fait partie des plaisirs de ce spectacle de découvrir petit à petit que tout ce qu’on a déjà aperçu de l’extérieur ou vécu de près se retrouve dans la pièce.

Il y a donc ça d’une part. D’autre part il y a les dialogues. Naturels, drôles, réalistes. Lui c’est un beauf’, elle une belles’, au sens de madame et monsieur tout le monde, pas des alcolo-rastos de PMU. Justement, les personnages ne sont pas des neuneus, pas des caricatures. Ni d’horribles connards·sses, ni des angelots. Ils existent, ils ont un passé, une raison de faire ce qu’ils font, de dire ce qu’ils disent. On les sent être des personnes comme vous et moi. Sans doute un peu plus comme vous que comme moi, tout de même, mais enfin à pas beaucoup. Tout ça pour dire que dans l’écriture ici, il n’y a rien de gratuit, de juste pour faire rire pouèt-pouèt pirouette. Et ça, c’est bon, ça fait plaisir.

ENTRACTE

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Photo par Gwlad (avenue Georges Clemenceau)

FIN DE L’ENTRACTE

Au niveau du jeu, alors là ! Céline Cara est à fond du début à la fin, elle y met vraiment de l’énergie ! Je l’ai déjà rencontrée deux fois en civil à diverses occasions, elle a l’air tranquille comme femme, mais quand elle se met à jouer la fille survoltée, boudi, elle s’économise pas. Son personnage a beau être agaçant, bruyant, brusque, on ne s’en lasse pas pour autant, le mérite en revient à la comédienne. Et Kevin Bourges. Kevin Bourges ! Un vrai comédien, un bon ! On était trois à être venus voir la pièce, en sortant on était tous bluffés par son jeu. Timing parfait. Il contrôle son corps et ses mimiques impeccablement. Aussi impeccablement qu’il dit son texte. Il est d’une drôlerie et en même temps d’un naturel impressionnants. Bref. Je lui promets une longue carrière. Genre je m’y connais. Mais j’aime bien faire des pronostics du haut de mon ignorance. Pour finir, les deux font la paire. Comme je le pensais déjà à la suite du tournage du court-métrage d’un ami, et après avoir fait la bande son d’une web-série dans laquelle on les retrouve, les voir jouer tous les deux, ensemble ou séparément, c’est un régal.

Qu’est-ce que ça donne tout ça mis ensemble ? Et bien, si le thème n’est pas franchement original, la justesse de l’écriture et le jeu ne m’ont pas laissé sentir le temps filer. Quand je n’étais pas occupé à rire, j’essayais de faire passer cette boule au ventre d’avoir vécu de trop près ce genre d’évènements qui dans la réalité ne sont pas franchement des parties de rigolade. Que demander de plus à un spectacle vivant que de provoquer chez nous des émotions variées en évitant l’ennui ? Rien. Un peu plus de chauffage dans la salle peut-être.

J’ajoute, pour ceux qui sont un peu chauvins, que Mme Cara et M Bourges, sont Montpelliérienne et Montpelliérien (quelques expressions du coin qu’il fait bon entendre se glissent d’ailleurs dans le spectacle), qu’ils jouent depuis longtemps maintenant dans les théâtres de notre ville, et qu’ils semblent vraiment vouloir promouvoir la scène locale.

Donc ? Ben allez-y, patates. Faut tout vous expliquer ?

Allez, à demain. Bisettes.

#009 – Le suicide, c’est pas tabou, on en viendra quand même à bout

Amis·es suicidaires, vous allez être déçus·es. Attendez ! Attendez !! Posez cette corde ! Là… Tout doux… Voilà. Bon. Écoutez-moi quand même avant de faire le petit saut. Bien que j’aie assisté à la séance ciné-débat d’hier au Diagonal à l’occasion de la journée de prévention du suicide, je n’ai pas grand chose à vous en dire. Je peux d’une part critiquer le film, mais si vous ne l’avez pas vu vous vous en fichez royalement, et si vous l’avez vu vous n’avez pas envie de revivre cet enfer, et d’autre part je peux vous filer les rares infos utiles qui ont été échangées dans la salle, mais c’est pas grand chose. Enfin, il faut bien que j’écrive quelque chose alors allons-y.

Commençons par le film, donc, et dans un deuxième temps je vous prodiguerai les quelques conseils que j’ai pu glaner. C’est une manière de vous forcer à lire tout l’article pour avoir droit aux tuyaux qui vous permettront peut-être de ne pas vous crever le cœur d’un coup de tournevis. Pas très glorieux comme procédé, mais si on n’exploite pas les gens dans le besoin, on n’exploite personne, comprenez bien. Allez, laissez-moi faire mon travail de blogueur, on discutera de vos petites revendications plus tard.

Le film. 1:54 qu’il s’appelle. Prononcez ün’sinkantkat avec l’accent Allemand. Le film est Québécois. Résumé : une poignée de bons acteurs au service d’un scénario affligeant de médiocrité. Image : très belle. Musique : juste ce qu’il faut de clichés et de répétitivité pour renforcer la niaiserie (au sens québécois, français, n’importe) du film. Scénario, donc : niveau projet cinéma de lycéens, sur le thème du harcèlement, destiné à des collégiens. Synopsis : Au lycée, Gentil 1 et Gentil 2 se font harceler par Méchant et ses sbires. Gentil 1 et Gentil 2 font des projets de science ensemble, ce qui leur permet de se retrouver seuls le soir dans un parc. Gentil 1 manque d’embrasser Gentil 2 alors qu’il feint de dormir un de ces soirs. Gentil 2 se fait toujours plus harceler au Lycée, quand on le traite de fif (tapette en québécois), il assume. Gentil 1 n’assume pas, il a peur d’être assimilé à Gentil 2 à qui il voulait rouler un patin quelques heures plus tôt. Gentil 2 se suicide.

Gentil 1 décide de ne parler à personne de la situation. Il décide de prendre Méchant sur son terrain. Le 800m. Oui. La course à pied. Il est bon, Gentil 1, il fait peur à Méchant qui risque de perdre sa place de champion. Méchant prend donc une vidéo de Gentil 1 dans laquelle il se fait sucer un fois bien bourré dans une soirée et le fait chanter. [insérer ici 1h30 de film sur la course à pied] Gentil 1 perd la compétition mais la vidéo est quand même diffusée sur les réseaux sociaux. Gentil 1 se fait harceler et décide de faire une jihadette grâce à ses cours de physique-chimie qu’il a bien tous suivis, il fabrique une bombe pour la faire exploser dans un club où tous ses camarades du lycée font la fête, mais en fait, c’est lui qui explose tout seul à la fin.

Ce film parle donc 10 minutes de suicide, 1h40 de harcèlement et d’athlétisme, et 10 minutes de terrorisme.

Bon je suis moi-même fatigué d’en parler, tant pis pour les détails, on va faire un entracte photo et passer à la suite.

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Photo par Gwlad (rue Galavielle)

Vous avez remarqué ? Notre photographe nous prend un vélo sur un balcon pour la seconde fois ? Un psychanalyste aurait bien des choses à dire à ce sujet. J’ai peur qu’elle n’aille pas très bien mais que n’osant pas nous le dire, elle cherche à faire passer le message par ses clichés.

Toujours est-il que cette photo est pile dans notre propos, contrairement au film dont je vous parlais : le suicide. Qu’est-ce qui peut pousser un vélo à être désespéré au point de se retrouver dans une situation aussi terrible ? Souffre-t-il de solitude ? On ne voit son propriétaire nulle part. Est-il moqué par les autres vélo qui passent en bas ? Va-t-il sauter ?  Va-t-il pas sauter ?  Il a pourtant l’air neuf et solide, il a une belle vie de balades devant lui, alors qu’a t-il ? Le propriétaire semble même avoir installé un étendoir anti-suicide juste devant le balcon, ce n’est donc certainement pas sa première tentative. Hélas, cela ne suffira sans doute pas, on le voit déjà passer une roue par dessus la rambarde, il semble déterminé à en finir.

Je trouve d’ailleurs ça un peu limite de la part de notre photographe de nous laisser dans l’expectative, sans nous indiquer si oui ou non il a fini par sauter, s’il est mort, si quelqu’un l’a secouru ? C’est jouer avec nos émotions. C’est du sensationnalisme.

Mais revenons-en au suicide chez les humains. Je ne suis absolument pas expert dans le sujet, alors je vais en parler en essayant de dire le moins de bêtises possibles. Pas facile. Commençons.

S’il vous vient l’idée de vous supprimer, le mieux, c’est d’en parler. Plusieurs choix s’offrent à vous : en parler à des proches, amis.es, famille. Il ne faut pas hésiter, dites-vous bien que la petite angoisse que vous susciterez chez eux n’est pas comparable à la douleur et à la culpabilité qu’ils ressentiront si vous passez à l’acte alors qu’ils n’avaient pas su déceler votre mal-être. Malheureusement, on le sait bien, c’est parfois impossible. Question d’entourage, de contexte social. Nombreuses sont les associations qui proposent alors des solutions anonymes pour pouvoir exprimer vos émotions, votre détresse. Par exemple S.O.S. amitié, qui propose une ligne téléphonique ouverte 24/24h, mais également un chat (genre internet, pas la boule de poils), si vous êtes plus à l’aise pour vous exprimer à l’écrit. C’est, d’après leurs dires, la solution privilégiée par les 15-24 ans. Il y a également Le Refuge, association qui vient en aide aux jeunes souffrant d’un rejet social à cause de leur orientation sexuelle. Cette dernière rappelle qu’elle prend les appels de toute nature, nombreuses sont les personnes qui veulent simplement parler, homosexuelles, bi, trans ou hétéro.

Petit détour par des chiffres assez effrayants. Ça touche tous les âges et toutes les couches sociales, le suicide. En France, on compte chaque année environ : 200.000 tentatives, 10.000 morts, 600 chez les 15-24 ans dont 200 liés à une homosexualité mal ou pas acceptée par l’entourage. Chez les 15-24 ans, le suicide est la seconde cause de mortalité (après la route).

Dans tous les cas dites-vous bien que vous n’êtes pas seul·e, et que beaucoup de personnes bienveillantes sont disposées à vous apporter de l’aide et du réconfort par tous les moyens dont elles disposent. En parler est libérateur, tous les médecins et scientifiques sont catégoriques à ce sujet. Osez parler.

En ce qui concerne l’entourage des gens qui vont mal. On sait bien que la solution c’est d’en parler, de faire parler, d’écouter, mais les personnes qui vont mal sont parfois tellement honteuses de leur situation, des idées noires qui tournent en rond dans leur tête, qu’elles ne feront pas la démarche d’aller vers l’autre pour en causer. Ces pensées ne font que les isoler d’avantage. C’est notre rôle à tous, en tant qu’amis·es, que famille, que professeurs, qu’humains·es, d’aller vers celui ou celle qui va mal et de lui montrer qu’on est disponible. Qu’on peut aider. Qu’on veut aider. Qu’on va aider. Bien des personnes n’osent pas demander à un proche qui va très mal si dans son désespoir, il ou elle a déjà pensé à mettre fin à ses jours, craignant de donner une idée qui n’aurait pas déjà été là. Hors, dans l’écrasante majorité des cas, c’est justement lorsque le sujet est évoqué par un·e autre que la personne en souffrance se met à parler, à se soulager, à —et c’est extrêmement important— se sentir comprise. Sachez simplement le faire avec tact, avec délicatesse, en adaptant votre vocabulaire et votre ton à la personne que vous avez en face de vous. Autre chose : à partir du moment où la personne répondra qu’en effet, ça lui trotte dans la tête de se foutre en l’air, il faudra prendre des dispositions, faire quelque chose. C’est une responsabilité, c’est sûr. Mais s’il vous plaît, ne fermez pas juste les yeux en attendant que ça lui passe ou que ça casse, par confort. Si ça casse, et ça peut casser, il sera de courte durée votre confort.

Voici une petite liste d’associations pour parler, être écouté·e et se faire aider, toutes ont des antennes dans plusieurs villes en France, n’hésitez pas à faire appel à elles :

Toutes ces associations ont aussi besoin de bénévoles, n’hésitez pas à y adhérer si vous avez du temps à leur consacrer.

Allez les potos, à demain ! La conversation sera plus légère, ce soir c’est théâtre, je vous raconterai. En attendant ne faites pas de bêtise, j’ai vraiment pas envie de perdre un·e lecteur·rice, déjà que j’en ai pas beaucoup. Déconnez pas, pensez à moi un peu, merde.

#008 – Le bağlama, ça c’est makam

Et oui. Voilà qu’il y a un mois j’achetais un bağlama, instrument d’origine turque de la grande famille des saz. J’adore. Parmi ses particularités les plus notables, trois chœurs de deux, deux et trois cordes, ainsi que quelques frettes insérées entre deux de celles qu’on trouverait habituellement sur une guitare, par exemple, et qui permettent de jouer des intervalles de quarts de ton. Je reprends pour ceux·elles qui ne sont pas musiciens·nes mais qui aimeraient quand même comprendre.

  • Les chœurs :

Sur certains instruments, les chœurs désignent des ensembles de cordes, en général très rapprochées les unes des autres, et qui sont accordées entre elles à l’unisson ou à l’octave, c’est-à-dire sur la même note, ou la même note mais l’une plus grave et l’autre plus aigüe. Je vois que c’est pas clair pour certains. Chantez « Do Ré Mi Fa Sol La Si Do » Le premier et le dernier Do sont tous les deux des Do, mais à une octave d’écart. Deux cordes accordées l’une sur le premier, l’autre sur le second Do, sont accordées à l’octave. Si les deux cordes de votre chœur sont accordées sur le premier Do, ou toutes les deux sur le deuxième Do, elles sont accordées à l’unisson. Vous avez maintenant compris la distinction.

  • Les quarts de ton :

Maintenant qu’on a vu ce qu’était une octave ce sera plus simple. Quand vous avez chanté Do Ré Mi Fa Sol La Si Do, vous avez chanté une gamme majeure. C’est-à-dire une sélection de notes parmi celles qui se trouvent entre ces deux Do. Cette sélection donne une certaine couleur aux morceaux qu’on pourrait composer en se servant de ces notes uniquement. Sept notes différentes, la huitième, c’est l’octave. Huit, octa-, octo-… voyez le machin ? Prises ensemble, ces sept notes choisies forment une gamme ou un mode. Mais quelles sont-elles ces notes qui séparent les deux Do et parmi lesquelles on a choisi les sept formant la gamme majeure ? On recommence et on les intègre : Do Do# Ré Ré# Mi Fa Fa# Sol Sol# La La# Si Do (on met des dièses, on aurait pu mettre des bémols, c’est —presque— pareil). Combien vous en comptez maintenant ? Douze ! Et la treizième, c’est l’octave, par rapport à la première. On appelle parfois ces douze notes la gamme chromatique. Elle contient les douze notes que la musique traditionnelle européenne de l’ouest retient comme les subdivisions d’une octave. Pensez musique classique. Chacune de ces notes est séparée de la suivante d’un intervalle d’un demi-ton. Une octave est donc composée de douze demi-tons. Sur une guitare, toutes les frettes (les barres qui délimitent les cases, en neuneu) sont placées de façon à partitionner le manche en intervalles réguliers de demi-tons. Mais qu’est-ce qui nous empêche de diviser encore ces intervalles en deux ? Rien. Ajoutez une frette entre deux déjà présentes sur un manche de guitare, vous avez maintenant accès à un intervalle de quart de ton. Les quarts de ton sont utilisés dans plusieurs genres musicaux dans le monde, notamment dans les musiques arabes, turques et des Balkans. Dans les musiques traditionnelles ou folkloriques arabes et turques, les gammes, ou modes, sont appelés·ées maqâms (arabe), ou makams (turc).

Le bağlama, disposant de quelques frettes bien placées, permet de jouer des intervalles de quarts de ton et donc certains makams qu’une guitare (ou basse, ukulele…) ne nous permettrait pas de jouer.

Voilà. Dites-donc on est partis·es loin. Revenons à Montpellier un instant.

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Photo par Gwlad (rue Galavielle)

Il y a dans notre bonne ville aux murs blancs, une petite boutique à la devanture bleue. Le Studio Musical que ça s’appelle. Beaucoup d’instruments, et même des trucs assez originaux. Je vous dirais bien d’y aller, commerce de proximité, pas faire crever le petit magasin du coin, tout ça, mais non. Désolé. C’est pas ce que je vais vous dire. Pas du tout.

N’allez pas dans cette boutique. Vraiment. Regardez dans la vitrine, et allez acheter votre instrument ailleurs. À moins de vouloir acheter de la merde à bas prix et de vous en fiche vraiment de l’attitude du quart de ton qui va vous recevoir dans sa boutique. Là vous pouvez y aller vous ne risquez pas grand chose. Mais si vous voulez avoir une vraie discussion avec le vendeur, prendre le temps d’essayer confortablement les instruments un peu plus chers, vous faire conseiller longuement et sans vous faire pipeauter pour ne pas investir votre argent durement gagné, économisez-vous la déception et la haine qu’un pas chez ce clown ne manquera pas de susciter chez vous, restez sur le trottoir.

Oh, le nombre de fois où, quand j’étais encore musicien débutant, il m’a dit qu’un instrument était neuf… Neuf peut-être mais tombé en magasin alors, ou sans doute utilisé et pigné par lui, ou son groupe de musique irlandaise d’ailleurs bien mauvais. On remarque l’éclat sur le vernis, le pet sur le chevalet, les cordes pas du tout neuves comme promis, une fois rentré·e chez soi. Après tout, un commerçant qui sait vous mentir les yeux dans les yeux, au point que vous lui fassiez confiance en débutant·e que vous êtes, n’est qu’un demi ton. Car ça peut lui rapporter des ronds facile, même si pas longtemps.

La meilleure, c’était il y a un peu plus d’un mois, je me tâtais justement entre bağlama et bouzouki. Je commence à lui poser des questions sur les différences entre bouzouki irlandais et grecs, le mec me répond à peine, je sens que je le fais chier, il me mate comme si j’étais un blaireau qui aurait dû avoir la science infuse, m’apercevoir tout seul des différences après avoir eu les deux instruments cinq minutes en main chacun. Il est pas capable d’expliquer, de décrire. Ou s’il est capable il a pas envie. C’est pas la première fois qu’il me fait ça, en plus des trois, quatre fois où il m’a menti. Ce mec. Ce vrai ton, ce ton total. En huit ans je lui ai acheté un ukulélé, une bombarde, un melodica, une mandoline, une flute traversière, un violon, une basse électrique, un dulcimer, mes cordes et mes médiators. Ce tonnard, ne prend pas cinq minutes pour causer. C’était la dernière fois que passais la porte de sa boutique de merde. Je ne peux que vous recommander d’en faire autant. En discutant un peu de cette boutique en soirées, je me suis rendu compte que bien d’autres ont vécu des situations similaires chez lui. Pour dire, ça ressort même dans les avis Google auxquels, pour une fois, je fais confiance.

Tant pis pour le petit commerce.

Vacherine Blaigière

(Oh, ça va, je vois bien que ça ne marche pas non plus. J’essayais un nom féminin, au cas où ça passerait mieux. Mais non. Définitivement, les pseudo c’est sur-chaud à trouver)

P.S. : Vous aurez remarqué que je n’ai pas mentionné Delfeil de Ton une seule fois aujourd’hui, malgré le contexte opportun. Y avait déjà un jeu de mot dans le titre, ça aurait fait surcharge.

#007 – J’ai rien contre les lundis, mais si on pouvait vite passer à demain ça m’arrangerait

C’est lundi. Il pleut. J’ai eu du monde à l’appart non-stop tout le week-end, c’est la première fois que je me retrouve seul depuis jeudi dernier. Je ne sais pas si je dois faire ma petite déprime ou profiter de ce répit pour me créer une ambiance cozy à base de thé bien chaud, de couettes et de jeux vidéo. Allez, va pour la seconde option. Y en a qui ont dû se lever aux aurores pour aller bosser, traverser la ville sous la flotte, se faire éclabousser par des voituristes crétins, c’est ça la vraie déprime. J’ai quand même un peu de travail à fournir pour les asso, mais je crois que ça attendra la fin d’aprem.

C’était l’épisode, vous n’en avez rien à carrer de ma vie mais je m’en fous je vous en parle quand même. Et pourquoi ? Parce que je ne sais pas quoi raconter aujourd’hui. Quel blogueur médiocre. Tout ça parce que j’ai pas envie de vous parler de modes vestimentaires dans lesquelles dépenser votre fric, de tendances maquillages dans lesquelles balancer votre pognon, de produits culturels dans lesquels dilapider votre pactole, de restaurants et cafés dans lesquels vider votre bourse. Un jour j’écrirai un billet sur ces blogueurs·euses, youtubeurs·euses et prétendus·es journalistes qui passent leur vie à nous vendre des choses et des machins sous prétexte d’enrichir nos connaissances, et qui transforment en vérité notre quotidien en émission de téléachat sans fin, qui pensent par la culture fuir cette société oppressante, alors qu’ils apportent par milliers et tous les jours leur brique à la société de consommation, avec comme recette quasi unique du bonheur : l’achat. Oui, un jour je rédigerai un article du genre, quand j’aurais le temps et la motivation. Ce sera peut-être avant, peut-être après celui sur le texte de Delfeil de Ton. Si vous n’avez pas compris pourquoi cette dernière phrase était drôle c’est que vous n’avez pas lu mes billets précédents. Faites un effort aussi, on va pas s’en sortir sinon, d’autant qu’il n’y en a que six pour l’instant, de billets.

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Photo par Gwlad (rue du Grand Saint Jean)

À propos de Delfeil et d’écriture militante tout de même, on soulignera que depuis le début de ce blog je me tiens à intégrer systématiquement l’écriture inclusive dans mes articles, faisant des efforts pour trouver une manière originale de faire apparaître autant le féminin que le masculin. On remarquera également que ça reste encore très souvent illisible et qu’il ne semble pas y avoir de bonne solution. La langue française est vraiment chiante. J’avais pas besoin de ça pour écrire brouillon.

Est-ce que j’ai parlé de Montpellier ? Non, j’en ai pas parlé de Montpellier. Mais qu’est-ce qu’il y a à dire, hein. Aujourd’hui, il pleut, il fait froid, restez chez vous. Sinon d’une vous allez choper la crève, et de deux, vous allez marcher sur des escargots. Vous voulez vraiment marcher sur des escargots, hein ? Écraser leur maison ? Les écrabouiller en dessous ? Entendre le crac et imaginer tous les petits bouts de coquille piquantes, coupantes, qui leur rentrent dans la chair, juste avant que la pression de votre semelle ne crève leurs flancs et envoie leurs entrailles valser à des millimètres de là, dans un grand squiiiiish ? C’est ça que vous voulez ?

Hum. Désolé. Aujourd’hui, j’ai l’humeur du temps qu’il fait.

#006 – Le dimanche à Montpellier, c’est le jour de balayage

Le dimanche matin à Montpellier, on peut dire : soit que les rues sont vides, soit qu’elles sont pleines de merde. Ça dépend de comment on voit le verre, et selon que c’est un verre d’eau ou de mojito.

Si vous vous baladez à l’extérieur de l’Écusson avant 13h, alors la ville est à vous. Les chances de rencontrer un·e flâneur·se sont quasi nulles, et si vous en rencontrez un·e, c’est sans doute votre reflet dans la vitrine d’une boulangerie fermée. Même au centre ville, si vous évitez la place de la Comédie et la rue de la Loge, vous pourriez rester le nez collé sur votre portable sans trop risquer vous emboutir dans un·e autre lève-tôt. Mais ce serait quand même dommage de ne pas lever les yeux. Ces petits matins calmes sont idéals pour lancer son regard au loin et voir la ville comme elle est, sans le mouvement parasitaire des foules. On redécouvre vraiment les lieux quand ils baignent dans le silence, si rare en semaine.

Ce que vous ne manquerez pas de voir non plus, se sont les trottoirs dégueulasses où s’étalent vomis et coulures de pisse, contenus de conteneurs à l’air libre qui volettent, tessons verts et taches rouge coagulé. Demain est un jour nouveau, à condition qu’on n’ait pas à emprunter les rues de la veille qui, ayant bien tout consigné, au cas où vous auriez un trou de mémoire, vous rappellent vos instants les plus honteux et vos gloires les plus vaines. Enfin, on est presque tous·tes passés·ées par là. Ne vous flagellez pas pour si peu. Dès lundi, tout aura été emporté par Nicollin. Véritable père Noël inversé qui, du plus haut des cieux, envoie ses petits elfes vert et jaune emporter par milliers les cadeaux qu’on s’était offerts la nuit précédente. Le père Dimanche en quelque sorte.

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Photo par Gwlad (avenue du Pirée)

Par contre, si vous voulez voir du beau linge ces matins-là, vous pouvez toujours aller faire un tour à la brocante du Peyrou. C’est là que vous pourrez observer les antiquaires et brocanteurs des abords de la rue Foch vendre leurs vieilleries aux divers avocats, notaires, commerçants et nobles des abords de la rue Foch. Après tout c’est une place royale, une place royale en bas de chez eux, ils n’ont pas à marcher très loin. C’est pratique en revenant de la messe, ou quand le Krug reste encore un peu sur l’estomac. C’est un peu comme un vide-grenier dans leur jardin. On peut les voir s’acheter pierres et jouets les lendemains de Perrier-Jouët. Attention, on chine avec les yeux, pas avec les doigts. Cassé c’est payé, et clairement ce n’est pas dans votre budget.

Non je suis pas jaloux.

Louis Frêche

Georges Nicollin

Et puis merde. On verra plus tard pour le pseudo.

#005 – Expo Pakito Bolino

Dans les expo, je me fais vite chier. Même si c’est très bien. Enfin, je dis ça comme si c’était toujours le cas. Comme un élève qui dit moi j’aime pas lire. Qui veut faire genre. Évidemment que c’est pas vrai 100% du temps. Disons plutôt que, même lorsque j’aime le travail des artistes exposés·ées, j’ai tendance à m’emmerder assez rapidement. Et bien, voyez-vous, je viens d’aller voir une expo dans laquelle je ne me suis pas fait chier. Reportage.

Ah, attendez. Juste une précision avant de commencer. C’est dommage j’ai cassé mon effet. Si vous suivez pas bien ce que je raconte, c’est que j’ai pas dormi longtemps et que je suis pressé. C’est pas vous, c’est moi. Hi hi hi, vous y croyez toujours à celle-là, c’est pas vous, c’est moi…

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Photo par Gwlad (avenue Georges Clemenceau)

Bon. Reportage on disait. L’expo Sadobaka de Pakito Bolino à La Jetée, galerie et atelier dans le quartier Figuerolles, 80 rue du Faubourg Figuerolles, pour être précis.

Comme je vous le disais, je ne me suis pas fait chier. Mais à quoi est-ce que cela ça tient-il donc ? Et ben au fait que l’expo soit petite et que le lieux fermait vingt minutes après qu’on y soit rentré. Je n’ai pas eu le temps de me faire chier. Si ça avait duré vingt minutes de plus parce que les potes avec qui j’étais avaient voulu rester, je pense que je me serais barré sans claquer la porte, on est civilisé.

Ce que fait Pakito Bolino, c’est très bien, je connaissais pas du tout, j’ai découvert. J’ai pas été émerveillé, mais j’ai souri plusieurs fois. Dans un style surchargé et destroy (on dit plus destroy mais c’est le terme qui convient et je vous embrasse, j’emploie les termes que je veux, à la mode ou plus) en noir et blanc ou en couleurs dans tous les sens, en encre, en peinture ou en collages, vas-y qu’y nous colle des cranes, des yeux, des bouches à dents, des bites, des chattes, des bites dans des chattes, des figures asiatiques bondagées ou pas. L’expo s’appelle Sadobaka. Sado tout le monde pige, baka c’est crétin en jap. Jap, c’est japonais en fainéant. Sadobaka, c’est ce qui est annoncé, c’est ce qu’on a. Bon mais voilà, c’est ça, c’est esthétique, c’est toujours ça, c’est toujours esthétique et c’est ça. On appréciera ou pas le style obsessif du trait à l’encre de chine et de ces thèmes qui reviennent en boucle partout, tout le temps. Y a des B.D. aussi, pas eu le temps de les lire. Me suis pas renseigné sur la démarche, et j’ai tort. À mon avis c’est un des points les plus intéressants avec le procédé et les moyens de fabrication, mais j’en ai pas pris connaissance. Décidément vous perdez pas votre temps ici.

Je crois que toutes les B.D. et autres productions du Dernier Cri (—?— pas certain de bien me rappeler du nom, j’irai pas vérifier) éditions de Bolino, étaient à vendre sur place. Ce qui m’aurait bien plu, c’est un espace coussins, pour bouquiner tout ça et les fanzines, pendant des heures. Ça ouais. J’y serai retourné pour. Ces produits-là ont quand même l’air vraiment très bien branlés. Même si, à première vue, comme tout ce que j’ai pu apercevoir de la production du bonhomme, c’est esthétique à fond, mais de fond, j’en ai pas trouvé masse.

Voilà. J’ai rien de plus à dire. Ça valait bien le coup.

Allez voir par vous-même.

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#004 – Nan, j’vois pas…

Mais si, vous voyez. La médiathèque Émile Zola, je vous dis ! Tout le monde connaît, voyons. Juste en face de la piscine Olympique d’Antigone. Toujours pas ? C’est pourtant un immeuble qui se remarque, vous avez de la merde dans les yeux ou bien ? Ah, mince… Vous êtes aveugle… Bon, et bien je suis un peu étonné que vous soyez tombé·e sur ce blog pour commencer, mais pourquoi pas. Avec ces nouveaux assistants Google et autres Siri, c’est ma foi bien possible. J’aimerais entendre un de ces robots lire mes articles, ça doit être imbitable. Déjà que. En tout cas, vous tombez bien. Enfin j’espère que vous tombez bien, ça doit être vraiment casse gueule d’être aveugle, il doit falloir apprendre à chuter comme il faut et même à faire une sorte de petite roulade pour amortir le choc, comme en Aïkido. Mais je digresse encore. Vous tombez bien, disais-je, j’allais parler des films diffusés en audio description à la médiathèque Émile Zola. Quelle coïncidence !

C’est une fois par mois environ et c’est gratuit, même pas besoin d’être abonné·e. Pour le programme, vous pouvez le trouver sur internet. Pas dans le livret version papier disponible un peu partout. Étrangement, pour des raisons de droits, ils ne peuvent pas mettre tous les films sur les plaquettes. Pas que ce soit legal pour certains films et pas pour d’autre, c’est juste qu’il faut payer des droits d’auteurs pour les titres et les images, et que financièrement ce ne serait pas tenable. Rendez-vous donc sur internet pour connaître le programme. Faites quand même attention, à la salle Jean Vigo, de l’annexe Fellini, il ne font plus l’audio description, ni à Celleneuve ou autre, c’est seulement à Émile Zola, dans le petit auditorium.

Hmm, oui. Oui, oui. En effet. Hmm. Je vois. Enfin, je comprends… Pour aller voir écouter le film, il faut déjà vous y rendre, à Émile Zola, et vous ne savez pas où c’est. Ne vous en faites pas, je sais donner de ma personne. Pour vous j’ai testé le trajet Comédie – Émile Zola les yeux fermés. Suivez le guide. Pour une fois ce n’est pas un chien. Vous pouvez lui donner du chocolat pour le remercier.

Alors, on imagine que vous arrivez en tramway à la Comédie. Déjà pourquoi ne pas vous être arrêté·e plus près de la médiathèque ? Vous n’y mettez pas beaucoup du votre je trouve, mais admettons.

  • Vous arrivez à l’arrêt Comédie. Si vous venez de la Mosson, en sortant sur le quai avancez vous un peu jusqu’à être sur la Comédie, puis tournez sur votre droite. Si vous venez d’Odysseum, une fois sur le quai, faites un demi-tour sur vous-même, traversez les rails et, arrivé·e sur la Comédie, tournez sur votre gauche.
  • Avancez maintenant tout droit en battant bien l’air de votre canne juste devant vous et le plus fort possible afin que les passants s’écartent. Au bout d’un moment, vous devriez vous cogner contre un mur et entendre quelque chose du genre : « Bienvenue. Willkommen. Bienvenidos. 18€ la visite. 300€ la maquette de tram. » Vous êtes à l’office du tourisme.

(Attention, si vous ne vous cognez pas contre un mur au bout de 5 minutes grand maximum, c’est que vous avez pris l’esplanade Charles de Gaulle. Au bout il y a un grand escalier, et bon, je serais vous j’irais pas compter combien qu’il y a de marches.)

  • Une fois à l’office du tourisme, tournez sur votre droite et avancez. Si tout se passe bien, vous devriez sentir, venant de votre droite, l’odeur des glaces Häagen-Dazs. Essayez de ne pas gerber. Avancez encore. Depuis votre gauche vous entendrez certainement des gémissements glaçants émanant des geôles de la secte France Loisir. C’est terrifiant, ce sont tous les braves lecteurs du dimanche prisonniers. On aimerait les sauver, les tirer de là, mais passez votre chemin, ils ont signé, vous ne pouvez plus rien pour eux. Continuez d’avancer. Faites attention à ne pas trébucher sur la mamie de l’est à genoux de jour comme de nuit, front contre le sol, tête entre les épaules, petit panier tendu du bout de ses bras maigres. C’est un coup à s’emmêler les guiboles dedans.
  • En allant tout droit, vous entrez au Polygone. Prenez tout ce qui vous tombe sous la main et enfouissez-le sous votre manteau. Attendez que les vigiles vous emmènent à la sortie.
  • À la sortie, attention. Il y a une annexe de la médiathèque ici, mais ce n’est pas à celle-ci que vous devez vous rendre. Enfin, de toute façon, comme vous ne pouvez pas la voir vous ne serez pas induit·e en erreur. Quelle chance. Continuez tout droit.
  • Au bout d’un moment, vous allez sentir comme une fraîcheur, comme une humidité, c’est que vous venez de traverser la fontaine de la place du Nombre d’Or. Continuez toujours.
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Photo par Gwlad (place du Nombre d’Or)
  • Vous allez traverser une route. Fiez-vous aux klaxons. Continuez.
  • Encore une fontaine.
  • Encore une route.
  • Vous sentez une odeur de chlore ? Vous y êtes ! La piscine est à votre droite. La médiathèque à votre gauche.
  • Entrez dans le bâtiment, si vous tombez sur un ascenseur, montez à l’entresol, juste avant le premier étage. Pas d’inquiétude, il y a un « E » en relief sur le bouton. Si vous tombez dans l’eau, c’est que vous vous êtes mélangé la gauche et la droite à l’étape précédente.
  • En sortant de l’ascenseur. Tournez sur votre gauche. Allez tout droit. Ouf, ça y est, vous y êtes dans le petit auditorium. Prenez un siège et profitez du film.
  • Pour le retour, démerdez-vous.