#129 – Mes dents m’aident pas

Il y a dix ans, j’avais vingt ans. Pas exactement. J’avais un peu plus de vingt ans. Il y a presque dix ans, j’avais à peu près un peu plus de vingt ans. C’est là que mes dents de sagesse ont commençé à me travailler. Ça me faisait un peu mal, elles perçaient tout juste la gencive. J’étais allé voir un dentiste juste avant mon départ pour l’Angleterre. Histoire de voir s’il valait mieux que je les fasse arracher avant de partir ou si ça irait. Le gars en blouse me dit : « il n’y a aucun souci, elles sont sorties, c’est bon. Et puis vous avez de grosses mâchoires, vous aurez la place. Je vous fais un détartrage ? » Je n’avais pas confiance. Je sentais bien qu’elles n’étaient pas du tout sorties. Et puis ce n’était pas mon dentiste à moi, celui chez qui j’allais d’habitude. Ce dernier n’était pas disponible à cause du fait qu’il était mort. Cancer foudroyant. Moins d’un mois après l’annonce de la maladie, il était froid. Et est-ce que c’est une attitude très responsable pour un médecin de partir sans prendre le temps de prévenir ses patients ? Je vous le demande. Moi-même j’ai ma petite idée. Enfin, j’ai dû me rabattre sur l’autre truffe qui venait juste de finir ses études.

Il y a deux opinions très partagées au sujet des médecins ayant tout juste fini leurs études :

  1. Ce sont les meilleurs, ils ont encore tous leurs cours bien en tête, et puis ils ont pu bénéficier des toutes dernières découvertes de la science pour renseigner leur pratique.
  2. Ce sont des petites merdes arrogantes qui n’ont aucune expérience. Feraient mieux de pratiquer un peu avant de pratiquer.

Le dentiste sur lequel j’ai eu le hasard de tomber était très jeune, n’était pas particulièrement arrogant, mais n’y connaissait apparemment pas grand chose en dents de sagesse. Il devait être malade le jours où on en avait parlé en cours, ou alors il avait la gueule de bois. On les connait les étudiants.

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Photo par Gwlad (galerie du Triangle)

Pourquoi que je vous parle de ça ? Parce que ça fait dix ans que j’en bave de mes dents de sagesse qui n’en finissent pas de pousser et de pousser et de pousser. Ça pousse vers le haut, ça pousse vers le bas, ça pousse à gauche ça pousse à droite. Clairement il n’y a pas la place. Ça me défonce toutes les autres dents, comme des dominos qui ne tomberaient jamais mais onduleraient doucement au gré des inflammations. C’est pas tout le temps, heureusement, c’est seulement tous les trois jours ou quatre. Ça fait dix ans que j’endure la douleur sans oser aller voir un dentiste pour me les faire arracher. Déjà parce que comme tout le monde je n’aime pas me faire arracher des parties du corps. Aussi parce que j’espère que ça va bien finir par s’arrêter. Et puis je me dis que s’ils sont aussi forts pour opérer que pour faire des pronostics… Pour ne rien arranger, le dernier dentiste que j’ai vu (pas pour les dents de sagesse) s’est avéré être un escroc total doublé d’un beauf tendance Ibiza qui te raconte ses vacances, techno jungle/house à donf dans le cabinet, pendant qu’il te démonte la gencive à grands coups de je-sais-pas-comment-s’appelle-son-attirail-de-tortionnaire.

Pourquoi que je vous parle de ça ? (bis) Parce qu’à cause de ces saloperies de dents, plus des quatre ou cinq moustiques qui se sont relayés toute la nuit pour me poignarder sur chaque centimètre carré de ma peau dépassant du drap, j’ai dû dormir deux heures max et que je ne suis donc pas en état de vous écrire une note de blog digne de ce nom. Vous pouvez ajouter à ça le fait que j’ai passé la journée à corriger des machins pour moi et pour mon amie, et que je me suis tapé deux trajets épuisants sous les traditionnelles averses orageuses (traditionnelles puisqu’on a quasiment pas eu un jour sans averses depuis deux semaines maintenant, j’estime qu’on peut parler de tradition) pour visiter une connaissance hospitalisée à l’autre bout de la ville. Donc n’espérez pas, je vous dis. Pour l’article de blog d’aujourd’hui, c’est niet.

Auteur : Montpelliérien

Écrivouilleur Montpelliérien. Je bave ce qui me vient, comme ça vient. Y en a à qui ça plaît, y en a à qui ça plaît pas. Qu'y peux-je ?

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