#063 – Cannibalisme

Hier, j’ai mangé des petits doigts d’enfants. Non, non, n’appelez pas tout de suite la police. Attendez les détails. Nous avons même mangé des petits doigts d’enfants à plusieurs, autour d’une table, très calmement.

Il était impensable que je ne vous en parle pas après l’article que j’ai pondu hier. Je me suis retrouvé embarqué chez des amis voir d’autres amis qu’on avait pas vu depuis longtemps. Arrêtez-vous là, prenez le temps de relire la phrase précédente, et appréciez la richesse du vocabulaire, la légèreté de la tournure. Voilà, je voulais être sûr que vous ratiez pas ça. C’est là-bas, donc, que nous avons mangé des doigts d’enfants. Des fingers, avec un F majuscule, parce que c’est une marque, mais je mets pas de majuscules aux marques. Des biscuits fins et longs recouverts de chocolat. Et il y avait aussi, je ne vous mens pas, des twix. Des twix, deux doigts machin machin… disait la pub. Et tout en mangeant ces biscuits, le soir même de la rédaction de l’article d’hier, hier donc, je me suis rappelé de Victor Hugo presque-cité par Henri Guillemin. Il aurait écrit que dans les dîners mondains et les fêtes, pendant qu’on employait des enfants de cinq à douze ans dans les manufactures, et puisqu’on ne les payait que le quart du salaire accordé aux adultes en leur faisant faire des douze heures de travail par jour, tous ces braves gens bien habillés ne se rendaient pas compte que, quand ils mangeaient leurs petits fours, ils mangeaient des enfants vivants. Je vous mets un lien vers la vidéo avec repère temporel ici, sur tontube, mais ça me donne l’impression d’inviter le diable à entrer chez moi.

Enfin, bref, tout ça pour vous dire que j’ai pas pu m’empêcher de penser que je mangeais des petits doigts d’enfants. Et je me suis dit que non content de faire culpabiliser mes lecteurs, j’arrivais aussi à me gâcher un moment censé être plaisant. En même temps, effectivement, quelque part dans le monde des enfants qu’on se vend cueillent actuellement les fèves de cacao qui se retrouveront dans mon chocolat, ils sont des centaines de milliers, je suis pas certain d’avoir envie de m’en foutre.

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Photo par Gwlad (rue Cité Benoit)

Bon, enfin, vous avez remarqué, j’étais pas chez moi. Je sais absolument pas ce qui a bien pu se passer à Montpellier, ni ce qui se passera ce soir. J’étais à quelques minutes du lac de Salagou, chez des amis qui viennent d’acheter une baraque sur un hectare de terrain boisé. Oui, y a des gens comme ça. Apparemment, le coin est pas mal radioactif, le sol est bourré d’uranium. L’un des plus grands gisements d’Europe, selon mes potes. Il y avait des mines avant. Le toit du poulailler et du cabanon sont en amiante. C’est vraiment campagne et air pur.

Bref, après avoir couru faire ce que je fais dans l’une des associations dans lesquelles je fais ce que je fais, je rentre à peine chez moi. Et donc billet du soir. Et donc brièveté. Quoi, j’avais pas parlé d’un ordi pour permettre de poster même quand je dormais pas chez moi ? Flûte, vous ne laissez rien passer. Y a des gens qui disent flûte ? Je crois que c’est un truc que je dis qu’à l’écrit. Enfin, oui, effectivement, je l’avais même pris, mais pas le temps, pas l’envie. Et donc brièveté. Et donc, qu’est-ce que je me fais à bouffer ce soir ?

 

Auteur : Montpelliérien

Écrivouilleur Montpelliérien. Je bave ce qui me vient, comme ça vient. Y en a à qui ça plaît, y en a à qui ça plaît pas. Qu'y peux-je ?

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