#027 – Deux concerts, zéro coup de cœur

Hier, il y avait deux concerts. Je me doute bien que ça vous intéresse moins quand je vous parle des concerts d’hier plutôt que de ceux de ce soir ou de demain, mais c’est comme ça. Ce soir y a pas grand chose et demain non plus. Emballez, c’est pesé. Normalement, l’expression « emballé, c’est pesé » veut dire que ce qu’on attendait qu’il se passe va se passer comme prévu, ou qu’on fera bien ce qu’on s’était dit qu’on ferait, mais moi je préfère « emballez, c’est pesé », dans le sens je t’ai dit ce que je pensais, ou la valeur que je donnais à ce dont on parlait, si t’es pas content·e c’est pareil, maintenant tu prends ton petit paquet et tu te casses. Emballez, c’est pesé. Hier, donc, deux concerts. Évidemment, dans tout Montpellier il y en avait plus de deux mais on en a vus que deux. Pour une fois je dis on et c’est vraiment on troisième personne du singulier pluriel puisque nous étions trois, ce qui apportera du poids quand je vous dirai que ces concerts n’étaient pas très bons, vu que je n’étais pas seul à le penser. Pas extrêmement mauvais, mais vraiment rien qui vaille le coup qu’on se déplace pour. Emballez, c’est pesé trois fois.

C’était où, c’était quoi ces concerts ? Mmh… j’ai l’impression de dénoncer des juifs pendant la Deuxième. J’aime pas trop parler de ce que j’ai pas aimé. J’ai pas non plus envie de vomir sur des gens qui se sont cassés le cul à s’organiser, prendre des instruments, monter sur scène pour faire des concerts gratuits pour le public tout ça pour remplir mon blog parce qu’il faut bien trouver un truc à dire chaque jour. Ça tient quand même un peu de ça, si j’avais pas eu de blog j’y aurais même pas repensé ce matin. Je devrais peut-être trouver autre chose…

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Photo par Gwlad (rue Rondelet) – Un exemple terrible de fushi-shinjū (voir billets #009 et #013)

En même temps, Seamróg, qui passait hier au Gazette Café, et pas pour la première fois, c’est vraiment un groupe qui fait pas honneur à la musique irlandaise. C’est mou d’une mollesse à faire chialer un gros dur du Sinn Féin. Bon j’étais beaucoup moins déçu que la première fois où on m’avait dit « éh, y a un concert de musique irlandaise ! » Ni une ni deux, je sautais dans un froc et je me pointais au Gazette. J’avais failli pleurer. De déception. Deception ça veut dire tromperie en anglais. Coïncidence ? Quatre musiciennes·s qui jouaient chacun·e dans leur coin sans s’écouter les uns·es les autres. Les airs connus tellement ralentis et sans rythme ni cohésion que pas reconnaissables. Quand on les reconnaissait finalement on aurait préféré ne pas. Non là, c’était la seconde fois, je m’étais préparé. Je vais vous dire, c’est pas vraiment les musiciens qui ne sont pas bons chacun de leur côté, c’est quand ils s’y mettent à plusieurs. La chanteuse est vraiment talentueuse, elle sauve le tout. Il y a des gens qui ont aimé le concert, s’il n’y avait pas eu la chanteuse, qui est également tin whistliste, ils se seraient fait royalement chier, gratuit ou pas, le concert. Heureusement, elle est là. Je lui souhaite pour l’avenir de trouver un bon groupe, afin de poursuivre une carrière de musicienne et non de cache-misère. Faudrait juste qu’elle arrête de fumer, après la pause clope elle avait du mal à reprendre sans tousser. Moi je m’en fous, c’est pour elle. Le bassiste est également pas mauvais, il apporte un peu de rythme, mais bon sang, il en faudrait quatre comme lui dans le groupe pour qu’on puisse vraiment parler de rythme dans leurs morceaux. Le violoniste, il fait pas trop mal aux oreilles son crin-crinnage, c’est déjà ça, il apporte un peu de couleur mais je l’ai senti absent. Le guitaro-bouzoukisto-bredouilleur… Je l’aime pas. Non seulement je le trouve moyen au jeu, médiocre en chant, mais si vous voulez en savoir plus sur pourquoi je peux plus le supporter allez donc lire la seconde partie de l’article #008 – Le bağlama, ça c’est makam. Que dire d’autre ? Rien. J’ai assez dit de mal comme ça, c’est pas mon truc, je me sens barbouillé. Y en aurait à rajouter, mais vous n’avez qu’à aller les voir quand ils repasseront, ils sont du coin, vous vous ferez votre propre avis.

Le second groupe. Soal Ferdusson à la Pleine Lune. Pas mauvais concept, des ambiances bien sympathiques, mais ce soir là sans doute pas inspirés, ou fatigués, ou mal préparés. Un guitariste, un saxophoniste. Chacun des machins électroniques à tripatouiller devant lui. Jouent, samplent, bouclent, ajoutent, filtrent. Des sonorités un peu rugueuses et des rythmes chaotiques côtoient des lignes de sax suaves et reverbées à fond, la guitare est rythmique et destructurée plus que mélodique. Faut aimer les ambiances, souvent nébuleuses et brumeuses colorées, teintées de rythmes qui claudiquent sur des harmonies jazzizantes. Moi j’aime bien, mais j’ai senti comme un manque de maîtrise du côté electro-bidouille qui m’empêchait de me faire emporter totalement par le truc, des foirages quoi pour le dire clairement, même si au vu du genre, les foirages doivent faire partie intégrante du machin. Et puis c’était languissant. Pas assez de variations, le système des samples-boucles voulant que, sans doute. Après, j’avoue, j’étais sobre. C’est ma faute. J’imagine qu’un petit verre dans le nez ou quelques grammes de ganja dans le fond des poumons doivent aider à apprécier mieux. Je ne sais pas pourquoi, j’ai pensé à Marc Ribot pendant le concert. Je sais pourquoi en vérité mais j’ai la flemme d’expliquer. Bref, c’était clairement pas nul, ça m’a simplement pas renversé. Mais ça m’a quand même donné envie d’en savoir un peu plus sur ce qu’ils font ces deux mecs, j’ai l’impression que c’était juste pas leur meilleur soir. Enfin, pareil, z’avez qu’à aller écouter par vous même la prochaine fois qu’ils passent, vous vous ferez votre propre avis et on en recausera ensuite.

Si vous avez lu jusque là bravo. Même moi je ne l’ai pas fait. Passez donc un bon dimanche, prenez le temps de faire les choses, ne vous pressez pas, on arrivera tous·tes à lundi en même temps.

Emballer ses pesées, ça fonctionne grammaticalement mais ça n’a aucun sens.

Auteur : Montpelliérien

Écrivouilleur Montpelliérien. Je bave ce qui me vient, comme ça vient. Y en a à qui ça plaît, y en a à qui ça plaît pas. Qu'y peux-je ?

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