#172 – En fait c’était un sevrage total, mais vous avez dû vous en rendre compte depuis le temps

Voilà maintenant plusieurs mois que le blog s’est arrêté. Ah ! ce qu’on veut faire et ce qu’on fait. À mesure que les années passent on apprend à constater de mieux en mieux et non sans un léger découragement que le fossé séparant un idéal lumineux de sa concrétisation n’est en vérité pas un fossé mais un océan aux profondeurs insondables.

Alors, que s’est-il passé ? Eh bien, tout d’abord, le jour même où je devais mettre à jour le blog, mon fournisseur internet a décidé que j’avais déjà déménagé, ce qui n’était pas le cas, et me surprit donc fortement. Je ne me souviens plus bien si je lâchai à cette occasion un petit « oh ! » d’étonnement ou vociférai plutôt un grand « putain de bande de connards de merde de fils de coulures de merde la con de leurs morts de merde ! » Me connaissant un peu, j’opterai pour la seconde proposition. Ensuite, lorsque presque un mois plus tard la connexion fut rétablie, j’avais perdu mes bonnes habitudes de rédaction (okay, j’avais déjà gravement perdu la motivation avant, pas la peine de m’accabler, bande de pinailleurs et yeuses) et, pour être totalement honnête, j’avais en prime les soucis qu’on peut avoir lorsqu’on décide de déménager dans une ville inconnue au pied levé et qu’on est sans le sou. De plus, je vivais un amour naissant, ce qui prend beaucoup de place et dans la tête et dans le cœur et dans les parties situées un peu plus bas qu’on évite de nommer par pudeur alors qu’en fait on a tous les mêmes et que ce n’est pas sale et qu’on se les lave même plus souvent que la partie centrale de derrière le dos si peu accessible mais qu’on accepterait bien de montrer à qui le demanderait sans que cela ne pose aucune gène seulement personne ne le demande jamais à moins qu’on soit tatoué ce qui n’est pas mon cas. Enfin, voilà pour les excuses que personne n’attendait plus et dont tout le monde se fiche sans doute.

Montpellier, donc, est loin derrière, et avant que l’envie me prenne d’y retourner il se passera sans doute un beau paquet d’années, même s’il n’est pas impossible que des circonstances liées au parcours universitaire de mon amie, rendu quelque peu chaotique par les récentes réformes de sélection des masters, m’oblige à y revenir. Mais je vous préviens, si c’est le cas, je bouderai.

Je suis en train de me figurer qu’il me reste quatre photos de Gwlad dans mes tiroirs. Photo, donc :

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Photo par Gwlad (avenue de la Recambale)

Avant que je parte, on a fait une petite fête. Une petite fête où je me suis senti très mal à l’aise, comme toujours. Ah bon ? Oui. Mais pourquoi ? Beaucoup de mes amis étaient là. Et c’est un problème ? Bon ça suffit de m’interrompre avec vos questions. C’était un problème, oui, parce que, comme aux anniversaires, je ne sais pas où donner de la tête. Il faut voir tout le monde, ne négliger personne, surtout ceux et celles qui viennent de loin, surtout celles et ceux qu’on n’a pas vu depuis longtemps, surtout ceux et celles qui ont toujours été là et qu’on voudrait tant remercier de nous avoir aidé à traverser ces dernières années sans devenir totalement fou, bref, tout le monde, quoi. Or, si l’on veut causer à tout le monde, on finit par n’avoir le temps de passer véritablement du temps avec personne. S’ajoute à cela le fait que je ne suis vraiment à l’aise qu’en très petit comité et que trente personnes dans mon salon, c’est vingt-huit à vingt-neuf personnes de trop pour que je ne commence pas à me sentir totalement noyé par ma timidité. Évidemment, dans le fond j’étais heureux, mais les rapports sociaux de groupe font naître en moi, depuis une petite dizaine d’années, trop de sentiments conflictuels pour que je puisse vraiment apprécier ce genre d’évènements. Et en même temps, j’allais pas partir comme un voleur. Bref, c’était la merde dans ma caboche, j’étais content, j’étais anxieux, je voulais voir tout le monde et disparaître de l’univers en même temps. Et démerde-toi avec ça, Mufasa.

Depuis, je n’ai pas beaucoup donné de nouvelles à mes amis et mies du sud. Remarquez qu’auparavant je n’étais pas un fervent adepte du téléphone ou de l’e-mail non plus, pas d’avantage que de la carte postale ou de la belle lettre manuscrite, mais bon, on se croisait de temps en temps. Les gens savaient à peu près que quelque soit mon état psychologique, mon corps était encore à peu près vif. Aujourd’hui, je dois les inquiéter un peu. Sans raison d’ailleurs. Je ne me suis pas aussi bien porté depuis des années, même si le passé que chacun traîne comme un poids mort —le mien pas moins que celui d’un·e autre— et les aspirations entravées par divers obstacles réels ou simplement redoutés étant ce qu’ils sont, chaque jour n’est pas forcément un long orgasme tranquille. L’amour est toujours là, plus tendre et plus vivace que jamais, les finances ne sont pas autant dans le rouge qu’on aurait pu le craindre, et j’ai même une petite idée de la manière dont je compte consolider mon petit bonheur au cours des mois qui viennent. Bref, tout roule. Pas d’intenses frustrations, pas de désespoir sans fond. Simplement un peu de culpabilité causée par mon absence d’interactions, justement, avec celles et ceux qui ont partagé ma vie ces dix dernières années. Je fais sans doute un petit blocage sur ces dites années récemment écoulées. J’évite sans doute de trop me remémorer les mois et le moi passés, car encore douloureux, en me coupant un peu de tout ce qui faisait mon quotidien d’alors. Je me concentre sur la nouveauté, l’inconnu à venir, les espaces à investir et les liens à nouer. Je me remodèle un peu, et pour ça, j’ai besoin de m’oublier d’une certaine manière, comme on recouvre les cicatrices par des tatouages, mais encore une fois, suivez, moi, j’aime pas les tatouages. Il paraît que ça fait mal. Il ne se passe pourtant pas un jour (et c’est pas une façon de parler) sans que je pense à Dada, Koinkoin et Ponpon, à Gwlad, Yan et Yann, à Vince et Raph, Hervé et Myriam, les Wonder Women de La Coloc Saison 2, et tous et toutes les autres. Mais voilà, je n’entre pas en contact bien souvent avec eux. J’ai toujours eu cette tendance de toute manière, par périodes. Je me refaçonne et pour ça j’ai besoin de me détacher un peu je pense. J’espère simplement qu’on ne m’en veut pas trop. Je sais très bien ce que je dois à qui, et je dois énormément à un tas de gens qui ne m’ont jamais lâché en temps de galère. Je ne nie pas le fait que ce comportement soit un tantinet égoïste et révèle cette propension certaine à l’ingratitude qui a toujours plus ou moins été la mienne, surtout quand j’ai moi-même tant sollicité d’attention dans les nombreux moments où j’étais au fond du gouffre. Il bien faut assumer ses côtés pas bien beaux. On n’a pas d’autre choix que d’assumer de toute façon, personne n’est dupe. J’ose croire que si l’une de ces personnes se sentait dans le besoin, elle n’hésiterait tout de même à me contacter quel que soit le temps qui s’est écoulé entre nos derniers échanges, parce que si je m’éloigne un peu du passé proche par périodes, chacun·e sait que je n’érige aucun mur, que je ne brise aucun pont. Ce n’est pas un choix que je fais consciemment, c’est seulement une analyse, sans doute erronée, de mon attitude que je propose ici, avec le peu de recul de ces trois mois passés. Et ça j’espère qu’ils le savent, ça, cette bande de petites merdouilles.

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Photo par Gwlad (avenue de la Recambale)

J’ai l’impression d’avoir un peu cassé l’ambiance avec tout ça. Quelle ambiance ? Oh, hé, si c’est pour être aussi agréable, taisez-vous. Puisque c’est comme ça je vais me poser les questions moi-même. Alors, et Montpellier, la ville, dans tout ça ? Ses petites rues, ses bas immeubles blancs, son grand ciel bleu, ses foules d’étu/men-diants et diantes qu’est-ce que ça m’évoque aujourd’hui ? Ben… j’y pense rarement à vrai dire, à la ville en elle-même. J’avoue que le soir où quelques flocons sont tombés il y a deux semaines de ça, je me suis demandé si je n’avais pas commis une grave erreur en prenant si peu en compte le climat lors de mon déménagement, mais ça n’a pas duré très longtemps. Ce que j’aime avant tout quand je suis à l’extérieur, c’est de me promener dans des lieux que je ne connais pas, d’observer des paysages inédits, d’imprimer des images jamais peintes jusque alors sur ma rétine. À Montpellier, j’avais fait le tour. Bien sûr, le parc Méric et la réserve naturelle du Lez, ainsi que les petits sentiers entre Lattes et Palavas étaient toujours bien agréables à arpenter, et si je passe faire un tour dans le coin un de ces quatre je ne manquerai pas d’y poser mes fesses le temps d’un pique-nique, mais pour le reste, je m’en étais lassé. D’ailleurs, ce blog même n’était que l’une de mes multiples tentatives de me réconcilier avec cette ville dont j’espérais partir il y a bien longtemps déjà. Puisque je n’avais aucun projet ailleurs, puisque là au moins j’avais des amis et un logement, je me disais que quitte à devoir y rester, autant trouver un moyen de m’y faire m’y sentir chez moi. En 2012 je n’en pouvais plus, en 2014 je me suis fait à l’idée que je n’allais pas pouvoir en partir tout de suite et j’ai commencé à envisager chacun de mes projets en les pensant à long terme dans cette ville. Alors voilà, soyons honnête, cette ville ne me manque pas. Le climat par contre… Mais c’est sans surprise.

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Photo par Gwlad (avenue des Garrats)

À ce point du texte, si vous n’avez pas encore décroché, vous vous dites sans doute que si c’était pour écrire un machin aussi long dont tout le monde aurait pu deviner le contenu, c’était pas la peine que je me remette au clavier. Mouais. Vous avez pas totalement tort alors je ne dirais rien pour cette fois. N’empêche que, contrairement à ce que semblait craindre Feldo dans les commentaires d’un des billet précédent en demandant : « Est-ce que ce blog va survivre à la naissance de lyonniais.com ?? », c’est un peu le contraire qui s’est produit ; lyonniais.com n’est jamais réellement né, faute d’avoir conclu, au moins temporairement, mes chroniques Montpelliériennes. Je ne pouvais pas me résoudre à commencer le nouveau blog sans symboliquement clôturer le précédent d’un dernier message, mais, sans doute pour des raisons analogues à celles de ma presque-absence de contact avec mes amis·es du sud, je n’avais pas envie de revenir parler de Montpellier. Ben voilà. C’est fait. De toute façon, j’imagine que plus personne ne vient ici depuis bien longtemps, c’est plus pour moi que pour vous.

Enfin, si à tout hasard il en reste quelques unes ou quelques uns qui zonent dans le coin, sachez qu’à partir de demain, donc, lyonniais.com devrait voir un billet par jour (et je sais que je vais aussitôt regretter cette annonce, mais voguons de yeaulheaux en quarpédièmes on aura bien tout le loisir de s’en mordre les couilles demain) animer son unique colonne (car la sobriété, c’est beau). Oui, cette phrase est cheloue, mais j’avais déjà « lyonniais.com devrait voir un billet par jour… » avant de me rendre compte qu’il allait être très difficile de la terminer d’une manière naturelle, seulement je n’ai pas voulu céder. C’est que j’ai mon petit caractère. Et surtout je suis trop feignant pour retaper du départ une phrase de plus de quatre mots. Plaignez vous à vous-même. On lit les blogueurs qu’on mérite.

Allez, la bise. À bientôt et merci.

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Photo par Gwlad (avenue des Garrats)

#171 – On espace les prises, on diminue les doses

D’un rythme de parution quotidien, il semblerait que nous soyons passé à de l’hebdomadaire sans nous en rendre compte. Ce n’est pas plus mal. Combien de temps est-ce que ça va tenir comme ça ? Je ne saurai pas le dire, mais ça me plaît bien. Ça me laisse du temps pour organiser le grand départ. Et puis, après cet article, il ne me restera plus que quatre photographies de Gwlad à publier, tout comme il ne restera plus que quatre mercredis au mois d’août. Tout cela me semble trop parfaitement se goupiller pour ne pas me caler là dessus. Bon passons à la suite.

Quoi de beau à Montpellier ? Devinez. Le soleil qui veut notre peau. Partout. Nous laisse pas sortir dehors la crevure. Et que fait la mairie ? J’en sais rien. Je n’y connais personne. Si vous avez leur numéro appelez-les pour vous plaindre à ma place. Je suis certain qu’ils rejetteront la faute sur les gens de la météo, qui rejetteront la faute sur les gars qui s’occupent de polluer la planète et réchauffer le climat. La mairie, on sait qui c’est, ceux de la météo aussi, on les voit dire « il fera encore tout pourri sur le Cotentin, sans surprise » chaque jour à la télé, pour celles et ceux qui n’ont pas encore balancé leur poste par la fenêtre comme il se doit, mais les gars de la pollution ? Qui c’est ? Ben c’est vous. C’est moi. C’est nous. Alors allez-y mollo, avec les bagnoles, les déchets, la surconsommation, la climatisation, les ordinateurs, les fermes de serveurs, la télé, tiens… et j’en oublie. Moi, je crève de chaud dans mon appartement, c’est un peu de notre faute, alors si on ne le fait pas pour nous, faisons-le pour moi. Hein ? Et nos enfants ? Faudrait le faire pour nos enfants ? Oh la la, j’ai pas pensé à nos enfants, quel égoïste je fais ! Ben si nos enfants nous ressemblent, j’aime autant qu’ils aillent voir du côté de la de moins en moins grande barrière de corail si j’y suis. J’y serai pas. Non, en fait, qu’ils aillent pas voir là-bas. Quand je pense à ces pignoufs qui prennent l’avion, leur tuba et leurs palmes pour aller admirer l’ouvrage organique avant qu’il n’y ait plus rien… Feraient mieux de rester chez eux le cul bien au frais sur leur carrelage. C’est de ça qu’elle crève la grande barrière de corail, de leurs avions, de leurs tubas et de leurs palmes. Si tu l’aimes, va pas la voir. Contente-toi de savoir qu’elle existe. Ouais, mais faut avoir vu ça avant de mourir, tu comprends ? Non, je comprends pas. Et va te faire foutre. Pardon. Je m’énerve en pensant à des trucs énervant. C’est la chaleur. Où on en était ?

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Photo par Gwlad (rue du Pont de Lavérune)

Ah oui, Montpellier, la mairie… Comment est-ce possible que dans cette ville on n’ait jamais pensé à planter plus d’arbres ? La plupart des rues et des places se retrouvent en plein cagnard entre 10 et 17h. Pas un espace vert, pas une petite zone fraîche. Du soleil qui cogne et de la caillasse et de la poussière. C’est tout ce qu’on a. Les bâtiments tout blancs qu’on trouve si beaux toute l’année ne sont en cette saison que d’immenses réflecteurs qui vous concentrent et vous balancent les rayons du soleil en plein dans la tronche. C’est un coup monté des ophtalmos, toute cette brillance. Merde alors, je me rends compte que quand les causes de nos souffrances sont naturelles, on sait plus qui accuser, c’est encore plus rageant. Bon, ben comme je sais plus sur qui gueuler, je m’arrête là. À mercredi prochain. J’espère qu’il pleuvra, je serai peut-être de meilleure humeur.

#170 – Le futur, que nous réserve-t-il ?

Et non. Je n’ai pas été mordu par une veuve noire. J’ai juste pris quelques jours de vacances. Les choses se bousculent un peu, mais se débloquent aussi. Passons sur le week-end et le début de semaine, et faisons le point sur la suite des évènements.

Lille ou Lyon ? Pour la suite ? Comment ça, vous n’avez pas suivi le feuilleton ? Et bien, Montpellier, c’est fini dans quelques semaines. Seulement, avec mon amie, nous ne savions pas encore où nous allions emménager. Ben ça y est, nous savons. Ce sera à Lyon. Définitivement. Je dis définitivement… ça veut dire que c’est fini les rebondissements et qu’au premier septembre nous occuperons bien le petit appartement que nous avons déjà commencé à louer. Ça ne veut par contre absolument pas dire que nous comptons y rester jusqu’à notre mort. J’ai déjà du mal à me projeter à quelques mois d’aujourd’hui, alors à une vingtaine d’années, vous imaginez bien…

Bon, et Montpelliérien.com, alors, c’est fini ? Ben oui. Pas là maintenant tout de suite, mais dans pas longtemps. Et d’ici là, je pense que le rythme quotidien va souffrir du déménagement, d’autant qu’il est fort possible que je n’arrive pas à ouvrir une ligne internet tout de suite à Lyon. Comment ça, quelle importance que j’aie internet à Lyon puisque Montpelliérien va s’arrêter ? Mais, vous ne pensiez quand même pas que j’allais arrêter de me torturer à écrire des petites notes insipides ou presque bonnes, selon les jours, simplement parce que j’allais déménager ? Lyonniais.com est déjà prêt. Il ne reste plus qu’à le remplir. C’est pour bientôt. Allez y faire un tour, serez pas dépaysés·es.

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Photo par Gwlas (rue du Pont de Lavérune)

Que va donc devenir Montpelliérien.com ? Ben, il va rester là. Jusqu’à ce que le grand réseau mondial qu’est l’internet s’arrête un beau jour. Il restera sans pub un petit moment. Jusqu’à ce que je n’aie plus les moyens de payer la facture de wordpress de 50€ par an pour que vous ne soyez pas solicités·es par les vendeurs et vendeuses (qui riment avec emmerdeurs et emmerdeuses) du web. Après, ben, il y aura sans doute quelques réclames qui viendront s’afficher ici ou là et pourrir mon beau petit site tout propre. À moins que d’ici ce jour maudit je ne trouve une solution pour héberger moi-même le site sur un serveur perso, mais là, comment dire… je voudrais pas galvauder (comme disent les académiciens) le mot utopique, mais tout de même, ce serait utopique.

Et dans les prochains jours ? Comme je vous le disais, maintenant qu’on sait où on va atterrir, le déménagement va s’accélérer, je risque de ne plus pouvoir tenir le rythme quotidien, et, quelque part, ça me va. Ces derniers temps, comme vous l’avez sans doute remarqué, je n’ai clairement pas assez de temps ni d’énergie pour lire, profiter des évènements de la ville, ou œuvrer dans quelque domaine que ce soit afin de 1) me faire plaisir, et 2) nourrir mon écrivation chaque jour. Je n’ai pas l’espace de caboche disponible nécessaire à écrire en y prenant plaisir, parce que trop occupé, parce que préoccupé. Mais, point positif, ce n’est pas à cause de tf1 et c’est déjà ça, n’en déplaise à Patrick Le Lay. Consolons-nous comme on peut.

Voilà, aujourd’hui c’était une sorte de post informatifiant et, oserai-je dire, pré-bilanesque avant fermeture définitive. Pour résumer, vous savez maintenant que je vais à Lyon, que Montpelliérien.com s’arrêtera très bientôt mais restera en ligne, que le rythme quotidien ne sera sans doute plus respecté d’ici là, et que la suite se passera sur Lyonniais.com. Je me demande bien pourquoi j’ai écrit tout ça alors qu’au final en une phrase c’était torché. Je suis décidément un bien piètre écriveur.

#169 – Vedi Majula e poi muori

Aujourd’hui, je pars en week-end. Jusqu’à lundi. Près du Lac du Salagou, dans la maison de mes amis. Celle dont je vous avais déjà causé. Mais si, je vous en avais causé. La baraque dans la campagne de tous les dangers. Vous vous rappelez pas ? J’ai une mauvaise mémoire, mais alors vous… C’était il y a même pas cent jours ! Je le sais parce que c’était l’article #097. Ah, vous voyez. Pouvez pas nier. Tout est écrit, tout est archivé. Essayez pas de m’avoir.

Bon, enfin tout ça pour vous dire que j’y vais et que je n’ai pas beaucoup de temps pour rédiger ma note de blog. En ce départ précipité, les questions ne manquent pas de bousculer à l’intérieur de mon petit crâne. Je les entends heurter les parois. Comme c’est un peu vide là-dedans ça résonne bien. Des questions essentielles. Est-ce que j’ai bien pris mon chargeur ? Est-ce que j’ai bien pris ma brosse à dent ? Est-ce que je passe acheter des anti-histaminiques ? Aurai-je assez de tabac jusqu’à lundi ? Je n’ai plus de t-shirt propre, est-ce que je prends celui à manches longues alors qu’il va faire 30°C à l’ombre ou est-ce que je vais garder le même deux jours d’affilée et sentir le hareng pendant le trajet retour en bus ? Devrais-je plutôt augmenter mes stats en vitalité ou en adaptabilité ?

Ah oui, j’ai continué à jouer à Dark Souls II. Je ne peux pas vous le cacher. Même si j’ai un peu l’impression de perdre mon temps en jouant aux jeux vidéo, je n’arrive pas à décrocher. Dernièrement, j’ai ce souci vis-à-vis de tous les « divertissements », l’impression de perdre mon temps, de ne pas faire ce que je devrais être en train de faire. Même composer de la musique me paraît futile. Je ressens comme une sensation d’urgence, je me sens exister dans un monde où l’esprit d’entraide se meurt à grande vitesse, j’ai la sensation qu’il y a de trop de gens dans la merde tout autour pour rester chez soi devant un écran pendant des heures sans se bouger le cul pour aider dès qu’on peut. Évidemment, lire quelques paragraphes d’un bouquin, se bercer de quatre accords, mater quelques minutes d’un programme quelconque par ci par là, ça va, mais dès que ça commence à prendre des heures de temps, là, ça bloque. Je m’imagine des situations. Je pense à mes amis·es qui crèvent la gueule ouverte de misère, ou persécutés·es, pendant qu’une bande de consommatrices·eurs chevronnées·s, à quelques dizaines de mètres de là, matent leurs séries américaines en boucle en twittant comme c’est joli au lieu de leur porter assistance. Ça me fout la haine. Je pense ensuite à tous ceux et toutes celles qui sont vraiment dans des situations de merde et qui se demandent si quelqu’un va bien finir par venir les aider un jour, et à nous-moi-tous, culs vissés sur nos sièges, à triturer la manette, à passer des heures pour créer une mélodie dont tout le monde se fout, à se noyer dans les lectures, dans les heures d’images filmées qui nous aident certainement, c’est vrai, à mieux envisager l’autre, à devenir moins cons, mais qui dans l’excès nous prennent également tout le temps et la volonté nécessaires à faire quoi que ce soit de cette sensibilité qu’elles nous ont permise d’acquérir.

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Photo par Gwlad (impasse Louis Armstrong)

Enfin, comme j’essayais de vous le dire avant d’être emporté par le tourbillon du désespoir, ça ne m’a pas empêché de passer trois heures à déglinguer du mort-vivant hier, et à recommencer ce matin dès le lever. Je ne nie pas les contradictions qui m’habitent, celles-là aussi font du boucan sous ma calotte crânienne. Je mets cette pâle addiction sur le compte de cette période de transition pour moi. Je me suis retiré des associations Montpelliériennes en vue du déménagement, maintenant je ne fais qu’attendre. Et l’attente sans action possible, c’est étouffant. Mais la vérité, c’est que Dark Souls II est sans doute le jeu qui me plaît le plus de ces dix dernières années, simplement parce qu’il est très bon, très frustrant, très jouissif quand on réussit à avancer. Et je me pose une question, avant de partir à la campagne : après avoir été tué puis ressuscité une bonne trentaine de fois autour de ce feu de camp dont le combustible semble être composé d’ossements humains, après avoir combattu les hordes infernales qui infestent Drangleic avec l’acharnement et le coup d’épée d’un véritable héros, débarrassant ainsi le monde des forces des ténèbres, après avoir mis sa petite branlée à un chevalier de Heide en un clin d’œil et sans comprendre pourquoi tout le monde en était si terrifié, vais-je réellement mourir ce week-end, mordu par une minuscule veuve noire, non sans avoir au préalable poussé un cri aigu de petite fille ? Si je ne poste plus du week-end, il sera toujours temps de vous inquiéter. Ou alors ce sera simplement que je n’ai pas trouvé de wifi.

#168 – Au plaisir des feignant·e·s qui regardent que les images

Savez-vous ce que j’ai reçu dans ma boîte aux lettres électronique aujourd’hui ? Des photos ! Mais oui ! De la part de Gwlad. Elle ne nous a pas oubliés·es. Ce qui m’embête un peu, c’est que je me sentais à l’aise de ne rien poster de bien intéressant tant que je n’avais pas de photo. Pas l’impression de gâcher le travail de l’artiste quoi. Alors que, maintenant, je vais devoir me forcer à atteindre un certain niveau. Non, ne vous excitez pas. En vérité ce sera toujours aussi médiocre. Je me contenterai simplement d’avoir plus mauvaise conscience qu’à l’accoutumée au moment de cliquer sur « Publier ».

Comme vous avez pu le lire ces derniers jours —ou pas, si vous êtes nouvelle·eau lectrice·eur, et dans ce cas-là je vous souhaite la bienvenue—, ma vie n’est pas passionnante ces temps-ci, et je ne fais rien pour me la rendre plus agitée. J’ai besoin du calme du rangement avant la tempête du déménagement. Et quand bien même il se passe un évènement marquant pour moi, soit j’estime que ça n’a pas sa place sur le blog, soit je n’ai pas le temps, ou l’énergie, de vous en faire la description. Encore moins en y rajoutant la petite dose d’humour qui me paraît nécessaire à toute autobiographie pour la rendre comestible. C’est qu’à l’heure où je vous parle, on ne sait toujours pas dans quelle ville mon amie et moi allons vivre dans quarante jours. L’humour, noyé dans le stress, ça se perd facilement.

Enfin, ce blog n’est pas sensé parler de Montpellier —pour les nouveaux·elles ça peut sembler étrange, mais c’est comme ça (disons que j’en parle si j’ai quelque chose à en dire, mais ce n’est pas le thème principal car, comme tout lâche qui se respecte, j’ai décidé qu’il n’y aurait aucune thématique principale, afin qu’on ne puisse pas venir me reprocher de ne pas assez parler de ceci ou trop de cela <j’espère que vous n’avez rien non plus contre une bonne dose d’auto-flagellation et de digression •à prosos de digressions, Laurence Sterne ne faisait-il pas dire à Tristram Shandy : « Digressions, incontestably, are the sunshine;—they are the life, the soul of reading!—take them out of this book, for instance,—you might as well take the book along with them;—one cold eternal winter would reign in every page of it; restore them to the writer;—he steps forth like a bridegroom,—bids All-hail; brings in variety, and forbids the appetite to fail. » •>)—, mais je vais en parler un peu quand même. Allez, ne mentez pas, je sens bien que vous êtes déçues·s quand je n’en touche pas un mot. Donc, le mot, après la photo.

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Photo par Gwlad (rue Rondelet)

En sortant boire mon jus de tomate habituel qui cette fois était une limonade avec Koinkoin, nous sommes passés par la rue Roucher où s’est à première vue ouvert un nouveau lieu. « Quoi, comme genre de lieu ? » que vous demandez, curieux·ses comme vous êtes. Ça a l’air d’être un local associatif, avec canapé, espace cuisine. Un petit panneau à l’entrée —sur lequel était sans doute inscrit le nom du machin, mais je n’y ai pas fait attention, z’avez qu’à y aller vous-mêmes si vous voulez tant savoir— disait qu’on pouvait ici venir discuter, boire une verre si l’on est adhérent·e, et participer à diverses activités. Vous avouerez que c’est assez vague. À l’intérieur, une poignée de personnes entre vingt et quarante ans, quelques enfants. Ça avait l’air assez cozy. Allez, je vous facilite la recherche, c’est du côté Saint-Guilhem de la rue Roucher.

Encore un petit mot sur Montpellier ? Oui. Mon amie a voulu profiter de son voyage à Lille pour savoir si, mythe ou réalité, les gens du nord étaient plus grands que les gens du sud. Sa méthode d’étude était simple : mesurant 1m85, lorsqu’elle se trouve à un bout du tramway de Montpellier, elle peut voir jusqu’à l’autre bout sans que presque jamais personne ne vienne bloquer sa vue. Signe, selon elle, que dans le sud, nous sommes un peu bas du cul. Il lui fallait donc tenter l’expérience à Lille. Malheureusement pour nous, nous n’obtiendrons jamais de résultat, car elle n’a pas eu à prendre le tramway, mais seulement le métro. Et elle ne rigole pas avec la rigueur de ses méthodes scientifiques.

Pour celles et ceux ayant lu l’article qui causait, entre autre, des manières dont on peut dire qu’il pleut fort en presque bon français, voici, en bonus, une photo que m’a envoyée mon amie depuis Lille :

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Et allez enseigner des expressions françaises correctes à des non-natifs avec des trucs pareils…

#167 – Le blogueur qui ne prenait pas de vacances

Et bien ce n’est pas moi. Et pour cause, c’est le personnage d’une histoire que me racontait ma maman, le soir, pour me dissuader de tenir un blog quotidiennement quand je serai plus grand.

Ce conte causait d’un pauvre blogueur qui devenait aveugle, les doigts pleins d’arthrite, à trente-cinq ans. L’esprit rongé par l’obsession de mettre son blog à jour chaque jour. Sans une seule journée de repos. Même quand il n’avait plus d’idée. Enfin, surtout quand il avait la tête ailleurs, en vérité. Son histoire finit très mal car il termine par supprimer son blog et passer son temps à poster des commentaires sur youtube par l’intermédiaire de l’assistant vocal de google, et cela jusqu’à la fin de ses jours.

Et bien on ne m’y prendra pas. Aujourd’hui, comme hier et avant-hier, je fais ma feignasse. Et je trouve que j’ai bien raison. Allez, je vous embrasse.

#166 – Une histoire incroyable mais vraie

Oubliez ce que je vous ai glissé hier en passant. Même avec du temps, c’était une journée trop riche en aventures pour vous la raconter sur un blog gratuit. Surtout la partie où nous sommes allés chercher des cartons à la pharmacie. Non, j’écrirai plutôt un livre à ce sujet, un qui se vendra sans nul doute à des dizaines de milliers d’exemplaires —j’aurais pu dire millions, mais je sais fort malheureusement que génie littéraire ne rime pas obligatoirement avec succès commercial, alors je table sur une dizaine de milliers de lecteurs et de lectrices éclairés·es—, ce qui ne manquera pas de me rendre riche moi-même.

Est-ce qu’à la place je vous raconte comment la serrure de la porte principale de mon immeuble ne fonctionne plus depuis plusieurs semaines et comme nous sommes obligés·es de sonner chez les uns·es chez les autres pour pouvoir rentrer chez nous ? Enfin, sommes… Étions. Jusqu’à aujourd’hui. Et oui. Élément perturbateur. Je me fous pas de votre gueule, là, y a de la surprise. Maintenant, donc, la porte d’entrée s’ouvre avec la clef qui servait à ouvrir la porte de la cour intérieur. Je vois que vous êtes captivés·es par mon histoire, mais ça n’est pas fini. Attendez la suite. Cette clef, là, nous n’en possédons qu’une pour trois colocataires. Je sais que c’est dur à croire, mais je vous jure que c’est vrai ! Si, si. Bon, alors, du coup, va-t-il falloir les faire refaire, y aller de notre propre poche ? Mystère. Nous ne le savons pas. Un simple mot collé à la porte d’entrée nous informe du changement. Ah, vous avez bien fait de lire jusque là, hein ? Z’êtes pas déçus·es ! Le suspense est à son comble. Et bien, comme dans toute série américaine qui se respecte, je vous laisse dans l’attente. Ne ratez pas l’épisode de demain, sinon vous ne connaitrez jamais le fin mot de l’histoire et vous aurez l’air bien bête quand tout le monde en parlera vendredi matin au boulot.

Et oui. Clef, c’est bien plus joli que clé.